Formation des guides: l'industrie touristique veut un moratoire

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Au cours du dernier conseil municipal de 2015, l'administration Labeaume a décidé d'abolir un règlement qui oblige toute personne voulant guider des visites touristiques à obtenir un permis et à suivre une formation de 150 heures sur l'histoire de la ville.

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(Québec) Parlant d'une seule voix, l'industrie touristique locale demande un moratoire sur le règlement qui encadre les guides touristiques, que la Ville de Québec a décidé abolir. Le temps, disent-ils, de trouver une solution de remplacement qui serait facilement applicable tout en assurant que les touristes qui visitent la capitale soient guidés par des gens bien formés.

«Ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait un moratoire. Jusqu'à ce qu'il y ait une solution acceptable pour toutes les parties, qu'on maintienne le règlement en vigueur. Et on s'est engagé, les deux collèges et l'Association des guides touristiques de Québec [AGTQ], à participer activement à la recherche de solutions qui pourraient à la fois garantir la qualité de la formation des guides et [qui ne seraient pas trop difficiles d'application]», a indiqué Pierre Richard, directeur des études du Collège Mérici, qui forme les guides avec le Cégep St. Lawrence.

M. Richard s'est exprimé au sortir d'une réunion que lui, l'AGTQ et deux agences touristiques locales - les Services touristiques feuille d'érable et les Tours Voir Québec - ont eue lundi avec des fonctionnaires de la Ville de Québec et de l'Office du tourisme.

Au cours du dernier conseil municipal de 2015, l'administration Labeaume a décidé d'abolir un règlement qui oblige toute personne voulant guider des visites touristiques à obtenir un permis et à suivre une formation de 150 heures sur l'histoire de la ville. La municipalité explique que l'industrie touristique mondiale a changé, qu'elle passe de plus en plus par des grossistes internationaux qui embauchent leurs propres guides. Ceux-ci ignorent la plupart du temps qu'ils sont en infraction et n'ont, de toute manière, souvent pas le temps de compléter une longue formation, même si celle de Québec est disponible en anglais et en français sur le Web.

Mais voilà, l'AGTQ, les deux collèges et même les employeurs du milieu sont montés aux barricades au cours des derniers jours. Le règlement et la formation ont vu le jour il y a une trentaine d'années, disent-ils, pour mettre fin à l'amateurisme qui régnait auparavant, quand n'importe qui pouvait s'improviser guide touristique - et raconter un peu n'importe quoi.

En outre, plusieurs guides ont individuellement contacté Le Soleil pour souligner qu'embaucher un guide certifié pour une visite est très abordable, soit autour de 150 à 200 $ pour un tour de deux heures, ce qui ne pèse effectivement pas lourd sur le coût d'un voyage en autocar d'une cinquantaine de personnes. D'aucuns soulignent aussi qu'il existe déjà un groupe professionnel qui fait des visites de la ville sans être soumis aux mêmes exigences de formation - les cochers, qui ont la réputation de tourner les coins rond sur les faits historiques.

Tous les acteurs de l'industrie locale ont également dénoncé le fait qu'ils n'ont jamais été consultés. À peine la Ville les a-t-elle avisés qu'elle songeait à une réforme, s'insurgent-ils.

«Rien de réglé»

À cet égard, la présidente de l'AGTQ, Marie Legroulx, est sortie encouragée de la rencontre de lundi avec des fonctionnaires. «Je ne dirais pas que je suis déçue, parce que je savais qu'en une heure et quart, on ne résout pas un problème comme celui-là. Je suis encouragée par le fait qu'il va y avoir des discussions», dit-elle, tout en soulignant qu'il n'y a encore «rien de réglé».

Il semble qu'une autre rencontre, cette fois avec la conseillère Julie Lemieux, aura lieu dans la journée de mardi, dit M. Richard. Celle-ci n'a pas voulu commenter le dossier lorsque contactée par Le Soleil, lundi soir, disant devoir prendre toutes les informations. Mais elle ajoute demeurer «en mode écoute et en mode solution».

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Le directeur des études du Collège Mérici, Pierre Richard, et la présidente de l'Association des guides touristiques de Québec, Marie Legroulx, ont rencontré la presse lundi.

Le Soleil, Erick Labbé

Les guides ailleurs dans le monde

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La Statue de la liberté

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Dans l'état actuel des choses, la Ville de Québec n'encadre plus l'activité des guides touristiques et il n'existe aucune certification permettant de distinguer un guide sérieux d'un amateur. Voici, aux fins de comparaison, la situation qui prévaut dans d'autres villes d'Occident.

New York

Pour travailler comme guide touristique dans la Grosse Pomme, il faut un permis délivré par le bien nommé Department of Consumer Affairs, qui fait des vérifications de sécurité sur les postulants et leur impose un examen de 150 questions. Il n'y a pas de cours menant à cet examen, mais un guide d'étude disponible sur Internet.

Les villes de La Nouvelle-Orléans, de Washington et de Philadelphie ont des systèmes similaires.

San Francisco

Aucune condition, formation, examen ou permis n'est imposé aux guides touristiques dans cette ville de la côte ouest. Cependant, il existe une Guilde des tours guidés de San Francisco qui donne aux touristes une option - pour ceux qui veulent être sûrs de la véracité de ce qu'ils entendent. Pour devenir membre certifié de la Guilde, un guide doit avoir réalisé plusieurs centaines d'heures de travail dans tous les secteurs de la région et avoir passé des tests écrit et oral.

La plupart des villes américaines ne demandent aucun permis pour devenir guide.

La France

En France, les métiers du guidage s'exercent sans condition, sauf pour les visites de monuments nationaux ou de musées nationaux. Dans ces endroits, les seuls qui peuvent accompagner et informer les touristes sont des «guides-conférenciers», profession à permis. Ceux-ci ont soit une licence de guide-conférencier, formation qui se donne dans des universités, soit l'équivalent d'une maîtrise professionnelle.

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