Le maire de Saint-Augustin invite les conseillers à partir

Séance du conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Séance du conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures

Le Soleil, Caroline Grégoire

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) «Allez-vous-en! Dégagez! C'est tout!» Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, n'a pas mâché ses mots en point de presse lundi. Il a invité les cinq conseillers qui lui sont opposés à démissionner à l'occasion de l'élection qui aura lieu le 20 mars pour combler le siège laissé vacant par le départ de la conseillère Marie-Julie Cossette.

«Pour une fois, je vais être d'accord avec [la conseillère] France Hamel : c'est vrai qu'ils ne font plus partie de mon plan. Ils ne veulent pas faire partie de la solution et moi, j'ai mon quota. Qu'ils s'en aillent, et s'ils veulent se représenter, qu'ils le fassent», a déclaré le maire quelques heures avant la séance extraordinaire du conseil municipal.

Hués à leur entrée dans la salle du conseil, les conseillers ont d'ailleurs tourné les talons et laissé le maire seul à la table. «On est tannés de se faire huer. On va entrer quand la salle sera calmée», a déclaré la conseillère municipale France Hamel. Ses collègues et elle sont revenus une vingtaine de minutes plus tard, retardant l'ouverture de la séance.

«Nous avons l'intention de rester. Ce qu'il veut, c'est nous discréditer», a déclaré France Hamel après la séance en référence à la demande de démission. «Ce n'est pas d'aujourd'hui. Il a demandé la même chose il y a six mois et la réponse est toujours la même : on démissionne pas!» a ajouté son collègue Denis Côté.

Points en litige

Plus tôt en journée, M. Juneau avait énuméré quelques éléments sur lesquels les conseillers et lui avaient des positions diamétralement opposées : le projet d'entente sur le partage des frais d'agglomération, le Centre Jean-Marie-Roy, la rémunération pour les comités, le campus intercommunautaire et l'aréna Activital.

«Le Centre Jean-Marie-Roy est un gouffre sans fond. On y a déjà dépensé 19 millions $ et il faudra remettre 850 000 $ en 2016 pour refaire le toit et les fenêtres de ce qui est devenu notre Stade olympique. Et ce, en plus des coûts de fonctionnement de trois quarts de million de dollars par année pour une salle de spectacle qu'on est incapable de rentabiliser», explique le maire.

M. Juneau blâme aussi les conseillers pour avoir accepté que la Ville paie les 7,8 millions $ pour un nouveau lien routier et le réseau d'aqueducs et d'égouts du campus intercommunautaire alors que le règlement dit que c'est le promoteur qui devrait débourser cette somme.

Repas au restaurant

Quant à l'aréna Activital, acheté 7 millions $ en 2009, puis vendu 2,9 millions $ l'an dernier alors que la Ville n'avait pas encore payé le coût d'achat ni le million de dollars affecté aux rénovations, M. Juneau accuse les conseillers d'avoir été un peu trop proches du vendeur. «Après la vente en 2009, les conseillers et leurs conjoints sont allés fêter ça au Saint-Amour sur le bras du vendeur!»

En réponse à ces allégations, France Hamel a avoué que certains conseillers avaient effectivement été invités au restaurant par le promoteur «mais que c'était plusieurs semaines ou plusieurs mois après la transaction». Son collègue Louis Potvin a ajouté que plusieurs conseillers, dont lui-même, n'avaient pas répondu à l'invitation.

Finalement, Sylvain Juneau accuse les cinq conseillers de faire obstacle à son projet de revoir leur rémunération pour les différents comités dans lesquels ils sont réputés siéger. Ceux-ci leur rapportent 2000 $ chacun mais, dans les faits, la plupart de ces «comités» ne se réunissent jamais.

«Il n'y en a que 2 sur 25 qui sont de vrais comités. Les autres sont seulement des responsabilités données aux conseillers. J'ai proposé d'arrêter la rémunération pour ces comités le 1er janvier, le temps d'étudier la chose avec notre conseiller juridique. Je m'attendais aussi à des remboursements volontaires, mais les conseillers ont dit non», déplore le maire.

25pourcent.com contre l'entente

Le groupe citoyen 25pourcent.com, proche des cinq conseillers municipaux de Saint-Augustin-de-Desmaures, a tenu une conférence de presse lundi afin de se positionner contre l'entente intervenue entre le maire Sylvain Juneau et son homologue de Québec, Régis Labeaume, concernant la quote-part à verser à l'agglomération.

Le porte-parole du groupe, Serge Tremblay, déplore les hausses de taxes de plus de 20 % prévues sur un horizon de cinq ans par le maire Juneau et considère qu'abandonner la poursuite judiciaire contre la Ville de Québec équivaudrait à accréditer une surfacturation de 3 à 4,5 millions $ et à passer à côté d'un possible gain pouvant aller jusqu'à 30 millions $.

«S'il est vrai que généralement, on peut craindre des factures salées en frais d'avocats, dans ce cas-ci, c'est la Ville de L'Ancienne-Lorette qui les assume, laissant à Saint-Augustin bien peu de coûts et risques pour un procès qui va se tenir dans quelques mois à peine», a affirmé M. Tremblay. Le maire Juneau estime pour sa part que la Ville a déjà englouti entre 700 000 $ et 800 000 $ dans cette cause, dont 265 000 $ prévus dans le budget 2016. 

La plainte contre le maire rejetée

Le ministère des Affaires municipales ne retient pas la plainte portée par les conseillers municipaux de Saint-Augustin-de-Desmaures contre le maire Sylvain Juneau. Celui-ci a pour sa part annoncé qu'il déposerait une plainte contre la conseillère France Hamel, qu'il accuse de s'être placée en conflit d'intérêts.

«Nous vous informons que celle-ci a été rejetée au motif qu'elle est vexatoire», écrit, en parlant de la plainte des conseillers, le commissaire aux plaintes du Ministère, Richard Villeneuve, dans une lettre envoyée au maire Juneau.

La plainte concernait des allégations de manquements à des règles prévues au code d'éthique et de déontologie applicable aux élus de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures. Ces allégations touchaient les règles prévues à ce code relativement aux conflits d'intérêts, à la confidentialité et à la discrétion.

Présentée par les conseillers Denis Côté, France Hamel, Lise Lortie, Guy Marcotte et Louis Potvin, la plainte n'a donc pas passé l'étape de l'examen préalable. «On est déçus, mais on prendra un peu de recul et on verra s'il n'y a pas d'autres instances où on pourrait amener le dossier, si ce serait justifié de poursuivre les démarches. Je vais peut-être questionner le commissaire aux plaintes pour savoir en quoi notre plainte était vexatoire», a déclaré France Hamel.

Réplique

En point de presse lundi, le maire Sylvain Juneau a laissé entendre qu'il s'attendait à ce résultat. «J'ai toujours dit que ça ne m'empêchait pas de dormir. Ceci dit, je n'ai toujours aucune idée de ce qu'on me reprochait dans cette plainte. Qu'on dise qu'elle est vexatoire signifie qu'elle a été faite dans l'intention de nuire», résume-t-il.

M. Juneau a ajouté qu'il déposerait à son tour une plainte au ministère des Affaires municipales contren Mme Hamel. «Je vais déposer une plainte en vertu de l'article 4 du règlement d'éthique et déontologie, qui traite des conflits d'intérêts», a déclaré le maire, refusant toutefois de dévoiler la nature des gestes reprochés à la conseillère.

«Je n'ai pas le droit de le dire parce que ce qui lui est reproché s'est passé en comité plénier et que nos pléniers se déroulent à huis clos. Mais je peux vous garantir que ma plainte sera reçue et qu'elle ne sera pas considérée comme vexatoire. Tous les directeurs de services ont été témoins. Il y a 12 témoins», a-t-il résumé.

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