Entrevue au Soleil: Labeaume assume ses propos sur les «gars de 20 ans frustrés»

Régis Labeaume a reçu Le Soleil pour une entrevue de... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Régis Labeaume a reçu Le Soleil pour une entrevue de fin d'année, où il est revenu sur le dossier des réfugiés syriens. «Je pense sincèrement qu'il fallait crever l'abcès. Je l'ai dit souvent ici: il faut faire le débat avant que les réfugiés arrivent.»

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le maire de Québec assume totalement son pas de côté et ses déclarations chocs dans le dossier des réfugiés syriens. Selon Régis Labeaume, «dire ce que le monde pense» est une démonstration de leadership.

En entrevue de fin d'année, le maire est revenu sans pudeur ni rancoeur sur l'épisode des «gars de 20 ans frustrés». Il y a un mois, il proposait d'accueillir en priorité des orphelins et des familles plutôt que de jeunes célibataires originaires de la Syrie.  

«Je croyais profondément à l'affaire des orphelins. Moi, j'ai adopté, pis je trouvais que c'était un projet collectif formidable», a-t-il répété vendredi. Mais c'est le corollaire de cette proposition, qui laissait sur le carreau de jeunes aspirants à l'immigration, qui a fait les manchettes. 

«Le monde a peur de qui? Il a peur du jeune homme frustré. Le leadership, ça aurait été de pas le dire? Non, je suis pas d'accord avec ça», a martelé M. Labeaume. 

«Je pense sincèrement qu'il fallait crever l'abcès. Je l'ai dit souvent ici: il faut faire le débat avant que les réfugiés arrivent», a-t-il poursuivi en pointant son bureau et en prenant à témoin son attaché de presse. 

Soulagement

Selon M. Labeaume, une grande majorité de citoyens ont été soulagés par son intervention : «Ça a fait: OK, il le sait, lui, comment on se sent, comment on pense.»

Un soulagement valable pour le profil des réfugiés, mais aussi pour les délais d'accueil. À quelques jours de Noël, le maire ne s'étonne pas de constater que l'objectif d'accueillir 25000 réfugiés d'ici la fin de l'année, fixé par le nouveau gouvernement Trudeau, ne sera pas atteint. «Le monde le savait que ça n'avait aucun bon sens», répète M. Labeaume.

Régis Labeaume : «Quand les réfugiés vont arriver, je... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

Agrandir

Régis Labeaume : «Quand les réfugiés vont arriver, je vais donner la direction, pis le monde va me suivre, gagez-vous?»

Le Soleil, Pascal Ratthé

Ses yeux roulent quand il se rappelle les messages contradictoires lancés par les gouvernements supérieurs au mois de novembre. Ce cafouillage lui a d'ailleurs inspiré une pause - qu'il qualifie de «première» en bientôt huit ans de mairie -, car il ne s'estimait pas capable de répondre aux questions de la population. «Si tu parles, tu peux pas inventer les réponses, pis si tu parles tout croche, c'est toi qui vas avoir l'air désorganisé. J'avais pas le goût que ça arrive de même parce qu'il y avait du monde qui avait travaillé fort», raconte-t-il. 

Cela dit, notre interlocuteur admet avoir vécu difficilement les lendemains de sa prise de position sur les «gars de 20 ans frustrés», car il a été l'objet d'une pluie de critiques dans les médias. «J'ai trouvé ça dur. Il y en a qui m'ont traité de raciste, pis tout ça. Moi, un gars qui adopte une Coréenne, franchement, ça se peut-tu!»

Il n'y a toutefois pas l'ombre d'un regret dans ses paroles. «Avec ce que j'ai dit, j'ai été bien plus efficace que tout le monde», analyse l'élu municipal. «Quand les réfugiés vont arriver, je vais donner la direction, pis le monde va me suivre, gagez-vous?»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer