Le patinage reviendra sur la Saint-Charles

Le patinage sur la rivière Saint-Charles a été... (Archives Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le patinage sur la rivière Saint-Charles a été abandonné en 1999.

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(Québec) Les gens de la grande région de Québec ont assez regardé le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles, il est temps qu'ils en «jouissent», dit Régis Labeaume. Le maire de Québec s'attaquera dès l'an prochain à un vaste projet de réaménagement pour profiter de ces cours d'eau. Sortez vos kayaks, vos cannes à pêche et... vos patins. Car oui, le patinage va revenir sur la Saint-Charles.

«Il faut mettre de l'argent là-dessus. On a une rivière qui traverse la ville avec des bouts fantastiques. Il faut faire ça tout le long», s'enthousiasme le maire Labeaume, qui a reçu Le Soleil dans son bureau pour une entrevue de fin d'année.

Le maire s'emballe, sort un crayon et dessine un plan pour situer un aménagement existant le long de la Saint-Charles, à la hauteur du pont Scott. «Il y a de la verdure, c'est écoeurant comment c'est beau. Ce sera ça, multiplié par cent», illustre-t-il. «Tout le long. Ce serait magnifique.»

Des kilomètres de berges avec des sentiers aménagés, des belvédères, des plantations, des quais. Dans la tête du maire Labeaume, on y pratiquera le kayak, la voile légère. «Tout ce que tu veux. Tout ce que tu peux faire dans une rivière», lance-t-il à propos de ce projet de «dizaines de millions de dollars» qu'il détaillera dans les prochains mois. 

À l'origine, les sédiments

Une idée tombée du ciel? Non, plutôt sortie du fond de l'eau alors que Régis Labeaume a marché tout le long de la rivière cet été.

L'idée était, dit-il, «en gestation». Mais le déclencheur aura été une récente présentation au comité exécutif d'un fonctionnaire en environnement de la Ville de Québec concernant l'inquiétante accumulation de sédiments dans le fond de la Saint-Charles et les travaux nécessaires au barrage Joseph-Samson.

«Ils nous ont montré le problème technique et j'ai dit : "On part! Tant qu'à faire ça, on le fait ensemble." Aussitôt qu'ils m'ont parlé du barrage j'ai dit : go, je veux une équipe complète, des aménagistes, des urbanistes. Je veux la totale.»

Le maire Régis Labeaume a reçu Le Soleil dans son... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Le maire Régis Labeaume a reçu Le Soleil dans son bureau pour une entrevue de fin d'année, où il a affirmé qu'il travaille depuis deux ans avec un groupe pour permettre à la population de profiter pleinement du fleuve Saint-Laurent. 

Le Soleil, Pascal Ratthé

Les travaux nécessaires pour enlever l'accumulation de résidus au fond de la rivière permettront de dégager jusqu'à cinq hectares de berges.  

La demande du fonctionnaire, relate le maire, portait à l'origine sur une étude de 300 000 $ sur l'impact des sédiments. «Il est sorti de là, il capotait!»

Le patin de retour

Donner les rives de la Saint-Charles aux citoyens ne sera pas que pour l'été.

Le maire veut ramener la patinoire sur la rivière au coeur du centre-ville, une activité abandonnée depuis 1999.

«Oui, on va patiner sur la Saint-Charles, ça, c'est certain», a affirmé M. Labeaume, en évoquant un horizon d'au moins trois ans le temps d'enlever les sédiments.

Ces aménagements seront un nouveau chapitre de la réhabilitation de cette rivière amorcée par les précédents maires.

«Jean-Paul a fait la renaturalisation et il a bien fait, bravo», a lancé Régis Labeaume à propos de Jean-Paul L'Allier, qui a dirigé la Ville de Québec de 1989 à 2005. «On va aller beaucoup plus loin.»

«Jouir» du fleuve

Mais il n'y a pas que la rivière Saint-Charles dans les plans de Régis Labeaume. Le maire de Québec travaille depuis deux ans avec un groupe pour permettre à la population de profiter pleinement du fleuve Saint-Laurent. 

«On peut admirer le fleuve avec la promenade Samuel-De Champlain, la future place des Canotiers. Mais le fleuve, est-ce qu'on en jouit? La réponse est non», a-t-il tranché.

Il faut, dit-il, mettre le cours d'eau en valeur, de Saint-Ferréol-les-Neiges jusqu'au bout de Portneuf. Il veut utiliser davantage les quais.

«Pourquoi je ne pourrais pas partir de Québec et aller bruncher à Deschambault en bateau?» a illustré M. Labeaume. «Quelqu'un pourrait aller à la messe à Sainte-Anne en bateau? Pourquoi je ne peux pas aller dormir à l'hôtel La Ferme à Baie-Saint-Paul en bateau? On est là-dedans.»

Une visée touristique oui, mais avant tout pour les gens de la région. «L'objectif est vraiment la population locale. Du petit cabotage de plaisir.»

M. Labeaume imagine aussi des pontons avec des écoles de kayak ou de pêche «tout le long» du fleuve. «On ne veut pas juste voir le fleuve. On veut en jouir. Je vais mettre des urbanistes là-dessus, et on va donner un coup d'accélérateur en 2016.»

Régis Labeaume... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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Régis Labeaume

Le Soleil, Pascal Ratthé

La fin des guerres de clocher

Régis Labeaume voit poindre une nouvelle «solidarité» dans la grande région de Québec. Une solidarité politique et économique développée rapidement avec le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, et qui a maintenant contaminé le nouveau Forum des élus de la Capitale-Nationale, où tous les maires, y compris celui de Québec, ont le même poids. M. Labeaume admet que le principe «un élu, un vote» a bien lancé les discussions. Puis, le maire de Québec s'est mis à la recherche de projets communs. «J'ai dénoncé mon intérêt en partant. J'ai dit : "Moi, je veux être avec vous autres parce que vous êtes payants pour moi"», a-t-il relaté vendredi. À titre d'exemple, il a parlé des touristes passant par Québec pour aller voir les baleines ou skier au mont Grands-Fonds et des produits agricoles de Portneuf qui pourraient être écoulés sur les marchés urbains. Est-ce la fin des guerres de clocher? «Moi, je pense que oui», a exprimé M. Labeaume, précisant que L'Ancienne-Lorette fait figure d'exception. «On n'a plus le goût. Je pense qu'on l'a trop vu. Les occasions de fractures sont tellement fréquentes en politique qu'il y a comme une espèce d'écoeurement», analyse le maire de Québec. Et toujours l'argument ultime : «Le monde n'aime pas ça.» Annie Morin

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