60 modifications au PPU de Sillery

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Après les dernières consultations de juin, une soixantaine de modifications ont été apportées au plan d'aménagement du secteur patrimonial de Sillery.

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(Québec) La Ville de Québec a apporté 60 modifications au Programme particulier d'urbanisme (PPU) du site patrimonial de Sillery, présenté dans sa version finale mercredi. Les hauteurs maximales sont abaissées d'un étage à plusieurs endroits, le parc Saint-Michel est sauvé et le sentier linéaire est élargi, mais le nombre de logements ajoutés demeure inchangé. 

La vice-présidente du comité exécutif responsable de la culture, du patrimoine et de l'aménagement du territoire, Julie Lemieux, s'est dite «fébrile» d'annoncer «enfin» les règles d'aménagement pour ce secteur patrimonial. La Ville de Québec travaille dans le dossier depuis 2006. 

«Je pense qu'on arrive avec un projet qui est responsable, qui est équilibré, qui permet la protection du patrimoine, mais qui permet aussi un peu de développement sur ces terrains. On veut la vitalité de la rue Maguire, on veut la vitalité du quartier. Il faut aussi permettre l'accueil de nouveaux logements», a résumé la conseillère municipale. 

Après les dernières consultations de juin, une soixantaine de modifications ont été apportées. «On a le sentiment que tout a été fait», a glissé le maire Régis Labeaume, s'avouant tout de même incapable de satisfaire les opposants. «Ils ne le diront jamais, mais ils savent qu'ils ont été écoutés», a-t-il poursuivi. 

Le nombre d'étages a été limité à six sur le site des Augustines, à cinq autour du couvent de Sainte-Jeanne-d'Arc et à quatre sur le terrain du Montmartre canadien. En bordure du faubourg Saint-Michel, les hauteurs varient de trois à quatre étages pour une meilleure harmonisation, mais il sera possible de construire en palier pour atteindre un maximum de six étages. Les pieds carrés sacrifiés en hauteur seront redistribués aux paliers inférieurs.

Cédant aux pressions des citoyens, la Ville a décidé de conserver le parc Saint-Michel et même de l'agrandir en récupérant le stationnement adjacent, faisant ainsi une croix sur une trentaine de logements potentiels. La Ville ne diminue pas pour autant le nombre de logements projetés dans le PPU, soit autour de 800. «Ça dépend des projets des promoteurs», qui peuvent ajuster la grandeur des unités offertes en fonction du marché», a fait valoir Mme Lemieux. 

Toujours dans le faubourg, le jardin communautaire sera déplacé plus près de la falaise et sa superficie sera doublée. La circulation dans les rues étroites sera également repensée avec une logique de sens unique, comme dans les quartiers centraux. Un feu de circulation sera ajouté à l'intersection du chemin Saint-Louis et de l'avenue des Gouverneurs.

Avec une densité de population qui passe de 17,8 à 19,5 logements par hectare, le responsable des dossiers de transport au comité exécutif, Rémy Normand, affirme qu'«il n'y a pas de congestion monstre à prévoir là».

Lors des consultations, des garanties concernant le sentier linéaire ont été demandées. L'administration Labeaume a donc négocié tout de suite les ententes afin de devenir propriétaire des emprises nécessaires. Les promoteurs immobiliers ont tous accepté de céder de 25 à 30 % de leurs terrains pour fins de parc, un pourcentage bien supérieur aux 10 % habituels. Les négociations se poursuivent avec les résidents du Châtelain et du boisé des Augustines. 

«Ça donne une bande verte beaucoup plus grande», a souligné Mme Lemieux. Il y en a pour 110 000 mètres carrés (110 hectares). «C'est plus que les plaines d'Abraham», a calculé la conseillère municipale. 

Le promoteur immobilier Marc Simard, qui planifie le Domaine Sous les bois sur les terrains de l'école Jésus-Marie, près du faubourg Saint-Michel, s'est dit très heureux de connaître les règles du jeu pour développer le secteur, même s'il a dû faire de nouvelles concessions. «Le terrain qu'on cède, ça va ajouter à la valeur de ce qu'on va vendre», a-t-il admis. 

Ses architectes s'attaqueront aux plans définitifs dans les prochaines semaines et les demandes de permis suivront. Dans un scénario idéal, le chantier serait lancé l'été prochain en vue d'une occupation de 18 à 24 mois plus tard. Malgré l'abondance de condos sur le marché, M. Simard est confiant de trouver preneurs car le produit, dit-il, est «unique».

L'opposition à l'hôtel de ville de Québec a exprimé sa «grande déception» devant la version finale du PPU, qualifié de «PPU de promoteurs». Le chef Paul Shoiry, qui est conseiller municipal à Sillery, considère que les dernières modifications sont mineures, cosmétiques, et voit mal comment il pourrait voter en faveur au conseil municipal de lundi. Il en veut pour preuve le fait que le nombre total de logements n'a pas bougé. Démocratie Québec proposait la moitié moins d'unités et souhaitait que le sentier linéaire précède le développement immobilier.

Avec Valérie Gaudreau

Avec une densité de population qui passe de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Avec une densité de population qui passe de 17,8 à 19,5 logements par hectare, le responsable des dossiers de transport au comité exécutif, Rémy Normand, affirme qu'«il n'y a pas de congestion monstre à prévoir là».

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Avec une densité de population qui passe de 17,8 à 19,5 logements par hectare, le responsable des dossiers de transport au comité exécutif, Rémy Normand, affirme qu'«il n'y a pas de congestion monstre à prévoir là».

Lors des consultations, des garanties concernant le sentier linéaire ont été demandées. L'administration Labeaume a donc négocié tout de suite les ententes afin de devenir propriétaire des emprises nécessaires. Les promoteurs immobiliers ont tous accepté de céder de 25 à 30 % de leurs terrains pour fins de parc, un pourcentage bien supérieur aux 10 % habituels. Les négociations se poursuivent avec les résidents du Châtelain et du boisé des Augustines. 

«Ça donne une bande verte beaucoup plus grande», a souligné Mme Lemieux. Il y en a pour 110 000 mètres carrés (110 hectares). «C'est plus que les plaines d'Abraham», a calculé la conseillère municipale. 

Le promoteur immobilier Marc Simard, qui planifie le Domaine Sous les bois sur les terrains de l'école Jésus-Marie, près du faubourg Saint-Michel, s'est dit très heureux de connaître les règles du jeu pour développer le secteur, même s'il a dû faire de nouvelles concessions. «Le terrain qu'on cède, ça va ajouter à la valeur de ce qu'on va vendre», a-t-il admis. 

Ses architectes s'attaqueront aux plans définitifs dans les prochaines semaines et les demandes de permis suivront. Dans un scénario idéal, le chantier serait lancé l'été prochain en vue d'une occupation de 18 à 24 mois plus tard. Malgré l'abondance de condos sur le marché, M. Simard est confiant de trouver preneurs car le produit, dit-il, est «unique».

L'opposition à l'hôtel de ville de Québec a exprimé sa «grande déception» devant la version finale du PPU, qualifié de «PPU de promoteurs». Le chef Paul Shoiry, qui est conseiller municipal à Sillery, considère que les dernières modifications sont mineures, cosmétiques, et voit mal comment il pourrait voter en faveur au conseil municipal de lundi. Il en veut pour preuve le fait que le nombre total de logements n'a pas bougé. Démocratie Québec proposait la moitié moins d'unités et souhaitait que le sentier linéaire précède le développement immobilier.

La Société d'histoire de Sillery évoque un déclassement

«On se pose des questions vraiment en profondeur. On se demande la pertinence de maintenir l'arrondissement historique, s'il n'y aurait pas lieu de demander un déclassement parce que sa nature même, le génie des lieux n'est pas respecté.»

C'est ainsi qu'a réagi mercredi la vice-présidente de la Société d'histoire de Sillery, Lucille Bigué, à la dernière version du PPU. Son organisation présentera-t-elle une demande de déclassement au ministère de la Culture?

«On est en réflexion parce qu'on n'a pas d'écoute. Il semblerait qu'il y a une personne dans toute la Ville de Québec qui décide pour tout le monde», a répondu Mme Bigué, en référence au maire Régis Labeaume.

Le président de la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery, Pierre Vagneux, s'est pour sa part dit «catastrophé». À la Ville de Québec, qui cherche un équilibre entre patrimoine et développement, il a répliqué que «dans un site patrimonial, le patrimoine devrait primer».

«Tous les espaces naturels sont touchés. Il n'y a plus rien qui va rester» sauf le sentier linéaire, a dénoncé M. Vagneux. Le maintien du parc Saint-Michel est tout de même apprécié. 

Avec Valérie Gaudreau

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