Bassin versant du lac Saint-Charles: Lac-Beauport vote contre le moratoire

Lac-Beauport ne serait pas contre un un moratoire... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Lac-Beauport ne serait pas contre un un moratoire de trois mois sur le développement résidentiel dans le bassin versant du lac Saint-Charles, mais à condition qu'il s'étende à toute la Communauté métropolitaine de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) En tentant d'imposer un moratoire de trois mois sur le développement résidentiel dans le bassin versant du lac Saint-Charles, le maire Régis Labeaume utiliserait la carte environnementale pour essayer de contrôler les petites municipalités. C'est du moins l'opinion du conseiller municipal de Lac-Beauport, Marc Bertrand.

M. Bertrand et trois autres conseillers qui détiennent avec lui la balance du pouvoir à Lac-Beauport souhaitaient adopter vendredi soir, lors d'une assemblée spéciale, une résolution afin de s'opposer à la demande de moratoire. La résolution a été adoptée à l'unanimité en soirée.

En entrevue avec Le Soleil, M. Bertrand a expliqué qu'il n'acceptait pas que sa ville soit ainsi ciblée par le maire de Québec. «Nous sommes choqués, car M. Labeaume frappe partout et pas nécessairement au bon endroit. Oui, le lac Saint-Charles est pollué, mais nous déversons en aval du lac Saint-Charles, et tous nos chiffres nous disent que nous faisons mieux que les normes du ministère du Développement durable et que la qualité de notre eau s'améliore.»

À titre d'exemple, il cite le cas de l'entreprise Sibéria Spa, qui utilise une section de la rivière Jaune comme zone de baignade à la sortie d'eau de Lac-Beauport. «Si ce n'est pas un bon exemple que notre eau est de qualité, ça!»

Québec responsable?

M. Bertrand va plus loin en laissant entendre que la Ville de Québec pourrait être, du moins en partie, responsable de la pollution de sa prise d'eau. «Il y a un cimetière d'autos sur la rue Roussin et deux petits émissaires près de la prise d'eau, dont le parc industriel de Charlesbourg. Il y a la rivière Jaune et deux autres petits cours d'eau qui sont sur le territoire de Québec et qui aboutissent dans la prise d'eau, je ne suis pas sûr que ce soit propre, propre, propre», poursuit-il.

Le conseiller déplore aussi que le maire Labeaume n'ait jamais identifié les polluants visés. «On aimerait savoir si ce sont des phosphates, E. coli ou autre chose. Moi, je crois que les sels de déglaçage que Québec utilise sur le chemin de la Grande-Ligne pourraient être en cause.»

Lac-Beauport ne serait pas contre un moratoire, mais à condition qu'il s'étende à toute la Communauté métropolitaine de Québec. «Pourquoi on protégerait seulement la prise d'eau de M. Labeaume? La façon dont il s'y prend pour demander son moratoire, c'est un peu mesquin. Présentement, il utilise la carte environnementale pour essayer d'étouffer les municipalités et, éventuellement, venir les annexer.»

2000 habitations

Vendredi après-midi, Régis Labeaume a de nouveau montré du doigt les municipalités de Lac-Beauport et de Stoneham. «On me dit qu'il y aurait des plans pour 2000 nouvelles habitations au Lac-Beauport... Deux mille, c'est du stock, ça. C'est-tu dangereux pour le lac Saint-Charles, ça? Je pense que oui, moi. On me dit qu'il y en aurait pour 1000 à Stoneham», a-t-il déclaré en marge du comité plénier sur le Réseau de transport de la Capitale.

Le maire de Québec a aussi laissé entendre que la population des deux municipalités n'était pas nécessairement d'accord avec les projets de développement. «Est-ce que les gens de Stoneham et Lac-Beauport demandent vraiment qu'on continue de développer chez eux? La question est là. On arrête où et on va jusqu'où?»

Miller se rallie

De son côté, le maire de Stoneham, Robert Miller, s'est finalement rallié à la demande de moratoire vendredi en exprimant toutefois certaines nuances. Il propose entre autres que le moratoire s'applique uniquement au permis de lotissement, ce document qui permet à un promoteur de bâtir des rues et des quartiers.

«Protéger la santé du lac Saint-Charles est un objectif auquel nous souscrivons totalement. Mais nous ne devons pas prendre les familles en otages. Il y a des dizaines de familles qui ont déjà entrepris des démarches pour se faire construire. Stopper leurs projets maintenant ne fera que leur causer beaucoup d'ennuis et n'ajoutera pratiquement rien pour la préservation du lac et de son bassin versant», a-t-il déclaré par voie de communiqué.  Ian Bussières avec Annie Morin

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