Réfugiés: Québec moins «ambitieuse» que d'autres

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S'il laisse entendre que Québec pourrait accueillir davantage de réfugiés, Jean-Yves Duclos maintient que 500 personnes est «raisonnable» à court terme.

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(Québec) Le député libéral Jean-Yves Duclos remarque que d'autres villes canadiennes se montrent plus ambitieuses que Québec sur l'accueil de réfugiés syriens. S'il laisse entendre qu'elle pourrait en accueillir davantage, le ministre de la Famille et du Développement social maintient que 500 migrants est «raisonnable» à court terme pour la capitale.

À sa première sortie officielle dans sa circonscription, le nouveau député de Québec n'a pas tardé à être talonné sur le plan de son chef Justin Trudeau visant à accueillir 25 000 réfugiés syriens au Canada d'ici le 1er janvier, et dont les détails seront dévoilés mardi.

S'il ne s'est pas avancé sur son contenu, M. Duclos n'a pas caché qu'il aimerait voir Québec jouer un rôle important à l'échelle nationale et provinciale. «Je sens qu'ailleurs [au Canada], on est ambitieux. Je pense qu'à Québec aussi on peut être ambitieux et ouvert comme partout ailleurs au pays», a-t-il déclaré en mêlée de presse au Musée national des beaux-arts du Québec, où il participait à une activité soulignant la Convention internationale des droits de l'enfant.

Dans une entrevue accordée au Soleil publiée le 10 novembre, M. Duclos avait évoqué une première fois la cible de 125 familles syriennes accueillies à Québec d'ici le 1er janvier, soit environ 500 réfugiés.

«Cent vingt-cinq familles me semble être un objectif raisonnable, a-t-il répété samedi, d'autant plus que dans d'autres régions du Canada, par exemple j'arrive d'Ottawa, ils pensent aller jusqu'à trois mille personnes.» «Je suis sûr qu'à Québec, on peut faire, tout comme ailleurs au Canada, notre part», a-t-il ajouté.

Entre solidarité et sécurité

Toujours sans se prononcer sur les détails du plan d'accueil, Jean-Yves Duclos a dressé un portrait des principaux éléments analysés par le gouvernement libéral lors de son élaboration. La ligne directrice : répondre aux objectifs de solidarité du Canada envers «les enfants et les familles qui souffrent dans la région du Moyen-Orient, en Irak et en Syrie en particulier», tout en garantissant la sécurité de ces migrants et des Canadiens. «L'objectif est de faire cet accueil dans les conditions les plus sévères de sécurité, condition essentielle pour le bien vivre ensemble», a-t-il insisté.

M. Duclos s'est dit conscient des craintes manifestées par la population, notamment sur les courts délais d'accueil pour autant de réfugiés. Des craintes qu'il a attribuées «à la nature humaine». Interrogé à savoir s'il était surpris de voir une pétition antimigrants émanant de Québec recueillir plus de 70 000 noms ou par le mouvement d'opposition aux réfugiés, M. Duclos a répliqué qu'il sentait au contraire plusieurs appuis.

Il a rappelé que le Canada disposait «d'agences gouvernementales» et «d'institutions policières» solides pour composer avec le flux important de migrants. «Nous travaillons aussi avec l'organisation des Nations Unies pour les réfugiés qui a une longue histoire de travail étroit avec les réfugiés pour que tout se fasse dans le respect des craintes, parfois légitimes parfois moins, de nos citoyens», a poursuivi M. Duclos.

Sur les attentes des villes et des provinces envers le gouvernement du Canada, M. Duclos assure que les libéraux seront au rendez-vous, mentionnant un plan «pour appuyer les villes et les provinces dans cet important exercice».

Un commissaire au «bien-être» des enfants

Profitant de la journée soulignant la mise en place de la Convention internationale des droits de l'enfant, le 20 novembre 1989, Jean-Yves Duclos a annoncé samedi qu'il avait l'intention de créer un poste de commissaire aux enfants et aux adolescents. Le rôle de ce commissaire sera d'assurer que la Chambre des communes, dans ses textes de loi et ses règlements, «tienne toujours compte du bien-être des enfants», a expliqué le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, samedi. «C'est un projet qui va prendre un certain temps avant d'être mis en place», a-t-il précisé, sans donner d'échéancier. Ce n'est pas la première fois que les libéraux soumettent cette idée. En 2009, le député Marc Garneau, alors dans l'opposition, avait déposé un projet de loi visant à créer un commissariat à l'enfance, projet qui n'a jamais vu le jour.

Le plafond de 800 réfugiés «réaliste»

Chantal Gilbert ne nie pas que Québec pourrait accueillir plus de 800 réfugiés à moyen terme. Mais cette éventualité ne se ferait qu'à plusieurs conditions. «Si le chiffre augmentait, ça va prendre une réflexion, une acceptabilité sociale mais surtout une assurance que les gouvernements sont là au rendez-vous.» 

Chantal Gilbert pilote le dossier des réfugiés syriens à la Ville de Québec. Rencontrée samedi, elle a affirmé que la fourchette de 500 à 800 migrants avait été établie afin d'accueillir «correctement» les familles. S'il faut en accueillir plus, elle juge que les ressources vont manquer pour une intégration optimale. Selon elle, le plafond de 800 confirmé cette semaine par le maire Régis Labeaume est un nombre «réaliste», à défaut d'être conservateur.

Ghettoïsation

La Ville de Québec veut notamment éviter la «ghettoïsation» des réfugiés syriens qu'elle se dit prête à accueillir dans les prochaines semaines. En collaboration avec divers organismes, dont le Centre multiethnique de Québec et l'Office municipale d'habitation de Québec (OMHQ), elle a établi d'entrée de jeu que les migrants devaient être éparpillés, et non pas regroupés en ghettos. «S'il y a une chose sur laquelle on s'est entendu, c'est qu'on veut éviter la ghettoïsation. Ça n'a jamais été garant pour aucune ville dans le monde. L'histoire nous le dit, alors on va l'éviter», a souligné Mme Gilbert.

S'il n'y a pas de quartiers davantage ciblés, Québec sa basera sur un certain nombre de lignes directrices. «On ne veut pas les éloigner des centres urbains, des écoles, des services, du transport en commun», a énuméré la conseillère municipale.

Pas question non plus d'envoyer ces familles dans les logements sociaux publics où il existe déjà des listes d'attente. L'OMHQ est à trouver des logements privés où ils pourront s'installer. «Une autre attente qu'on a du gouvernement est qu'il doit y avoir des programmes de supplément au loyer pour le privé», a soutenu la représentante d'Équipe Labeaume à ce sujet.

Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, doit présenter mardi son plan d'accueil des 25 000 réfugiés syriens au Canada.

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