Le maire de Saint-Augustin oppose son veto; les conseillers chahutés

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures Sylvain Juneau... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures Sylvain Juneau

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Lors d'une assemblée extraordinaire très houleuse mardi soir, le maire Sylvain Juneau a opposé son veto et quelque 300 citoyens ont fortement chahuté la résolution déposée par cinq conseillers municipaux de Saint-Augustin-de-Desmaures demandant un avis juridique concernant de possibles manquements éthiques et déontologiques du maire.

«Je suis plutôt déçu de voir qu'on perd du temps là-dessus, déçu aussi de voir le gaspillage de fonds publics que ça va risquer d'entraîner. Ce soir, je vais exercer mon droit de veto qui suspend la vigueur de cette résolution et la reporte à la prochaine assemblée», a affirmé M. Juneau, déclenchant des applaudissements et des cris d'approbation de la part de la foule.

Avouant qu'il ne croyait pas réussir à faire changer d'idée les cinq conseillers municipaux qui lui sont hostiles d'ici la prochaine assemblée, le maire a toutefois invité les citoyens intéressés à leur faire part de leur opinion par courrier électronique au sujet de la demande d'avis juridique, une procédure que le maire a évaluée à quelques milliers de dollars, pour répondre à la question d'un citoyen.

Le conseiller Louis Potvin a affirmé que les conseillers n'étaient pas certains qu'il y avait eu des manquements de la part du maire et que la demande d'avis juridique visait à s'assurer qu'il y avait bel et bien lieu de déposer une plainte contre le maire au ministère des Affaires municipales.

«Et les travaux pour une plainte ont débuté il y a plusieurs semaines et n'ont rien à voir avec la demande du maire d'une enquête ministérielle sur l'ancienne administration Corriveau», a-t-il poursuivi, refusant toutefois de répondre à la question d'un citoyen qui voulait connaître la nature des manquements reprochés au maire. «Nous n'entendons pas ce soir être plus explicites quant aux manquements possibles étant donné que certains faits sont survenus en comité plénier alors qu'il y avait huis clos.»

Le projet de résolution faisait toutefois état de manquements en ce qui concerne le respect des valeurs de prudence dans la poursuite de l'intérêt public, respect envers les autres membres, les employés de la municipalité et les citoyens et l'honneur rattaché aux fonctions de membre du conseil et en ce qui concerne les règles relatives à la discrétion et la confidentialité.

Il mentionne aussi que les conseillers ont des questions concernant l'application de l'article 52 de la Loi sur les cités et villes qui mentionne notamment que les règlements et ordonnances du conseil soient fidèlement et impartialement mis en exécution.

Soirée difficile

La soirée a été difficile pour M. Potvin et ses collègues de l'ancienne administration de Marcel Corriveau, France Hamel, Lise Lortie, Denis Côté et Guy Marcotte, qui étaient porteurs du projet de résolution. Dès leur entrée dans la salle, ils ont été hués par les citoyens, qui chahutaient chacune de leurs déclarations.

Paradoxalement, c'est le maire, qui présidait l'assemblée, qui devait régulièrement ramener à l'ordre les contribuables qui criaient «Juneau! Juneau!» et huaient vigoureusement ses adversaires politiques.

Au moins trois citoyens sont allés jusqu'à demander la démission des cinq conseillers, une option que France Hamel a rejetée du revers de la main, répétant qu'elle et ses collègues étaient déterminés à terminer leur mandat qui prendra fin en 2017.

«On a reçu beaucoup de demandes de démission au cours des derniers mois. En blaguant, je dis qu'un mariage, c'est pour le meilleur et pour le pire. Là, c'est le pire. On n'a pas l'intention de quitter le bateau», a-t-elle affirmé en point de presse après l'assemblée.

Quant au maire, il a déclaré qu'il n'avait encore aucune idée des manquements que lui reprochaient les conseillers et n'a pas voulu s'avancer à savoir s'il souhaitait lui aussi leur démission. «Ça leur appartient. Ils sont élus démocratiquement. Mais je pense qu'ils font partie du problème et qu'ils ne semblent pas vouloir faire partie de la solution.»

Moreau défend Juneau

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, estime que le maire Sylvain Juneau fait des efforts considérables pour redresser la situation dans sa municipalité et qu'il a besoin d'être accompagné plutôt que d'être ostracisé à coups d'opinions juridiques. «Moi, je lancerais un appel à tous les élus de Saint-Augustin. Cessons de personnaliser les débats. Ce n'est pas là qu'il faut mettre l'énergie. Moi, je pense qu'on a un maire nouvellement élu qui a toute la légitimité de la population, qui fait des efforts considérables pour faire en sorte que l'on reprenne le contrôle des finances publiques dans cette municipalité-là», a expliqué le ministre. «Que veulent les gens de Saint-Augustin? Ils veulent éviter d'autres hausses de leur compte de taxes [...] Je ne pense pas que les opinions juridiques vont être de nature à faire baisser les taxes des citoyens et offrir de meilleurs services.» 

Avec Valérie Gaudreau 

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