Les vieux quais de bois du port découverts... puis remblayés

  • Dominique Lalande et Brian Ross documentent l'histoire portuaire de Québec en fouillant le sol du site Dalhousie. (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

    Plein écran

    Dominique Lalande et Brian Ross documentent l'histoire portuaire de Québec en fouillant le sol du site Dalhousie.

    Photo Le Soleil, Yan Doublet

  • 1 / 6
  • On devine l'effervescence d'un port du XIXe siècle avec ses quais de bois, ses entrepôts de bois, ses  barques de bois. (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

    Plein écran

    On devine l'effervescence d'un port du XIXe siècle avec ses quais de bois, ses entrepôts de bois, ses  barques de bois.

    Photo Le Soleil, Yan Doublet

  • 2 / 6
  • Vue du marché Finlay vers 1872 (J. Filmer. AVQ, cote E6420)

    Plein écran

    Vue du marché Finlay vers 1872

    J. Filmer. AVQ, cote E6420

  • 3 / 6
  • De longues pièces de bois carré pouvant faire jusqu'à une dizaine de mètres de long ont été mise au jour. (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

    Plein écran

    De longues pièces de bois carré pouvant faire jusqu'à une dizaine de mètres de long ont été mise au jour.

    Photo Le Soleil, Yan Doublet

  • 4 / 6
  • Les lieux sont fouillés entre deux marées, car l'eau ne manque pas de s'infiltrer dans les trous. (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

    Plein écran

    Les lieux sont fouillés entre deux marées, car l'eau ne manque pas de s'infiltrer dans les trous.

    Photo Le Soleil, Yan Doublet

  • 5 / 6
  • Après avoir été photographiés, filmés et mesurés grâce aux technologies GPS et laser, les quais seront enterrés lundi. (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

    Plein écran

    Après avoir été photographiés, filmés et mesurés grâce aux technologies GPS et laser, les quais seront enterrés lundi.

    Photo Le Soleil, Yan Doublet

  • 6 / 6

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les trésors archéologiques du stationnement Dalhousie, appelé à devenir la place des Canotiers, n'entreront pas dans un musée et ne seront jamais admirés par la majorité. Les vieux quais de bois, qui autrefois s'avançaient dans le fleuve, ont été découverts, nettoyés et photographiés, et seront tout simplement remblayés.

Le Soleil a eu la chance de visiter le chantier alors qu'il était grand ouvert, jeudi. Dominique Lalande, directrice générale de Ruralys, le centre d'expertise en patrimoine responsable des travaux archéologiques, nous a servi de guide sur ce site qualifié «de très grand intérêt». Elle était accompagnée du chargé de projet, Brian Ross.

«Il faut s'imaginer qu'ici, ce n'était pas du tout le même paysage», a commencé Mme Lalande. Elle nous a montré des photographies où on devinait l'effervescence d'un port du XIXe siècle avec ses quais de bois, ses entrepôts de bois, ses goélettes et ses barques... de bois. «C'était dense comme occupation», insiste la passionnée. «Ça fourmillait de bateaux et d'activités industrielles.»

Puis, Mme Lalande a esquissé un plan où les contours des installations anciennes et modernes sont représentés en couches successives. On y voit les empiétements sur le fleuve, au gré des opérations de remplissage. Elle nous a pointé où il était logique d'espérer faire des trouvailles.

Les fouilles archéologiques ont commencé en même temps que les travaux d'excavation le 5 septembre. Le premier secteur couvert par l'équipe de huit archéologues a été celui où s'étiraient quelques bâtiments avant la construction de la rue Dalhousie, qui date de 1874. Pour utiliser un repère actuel, c'est juste en face du Musée de la civilisation.

Grâce à des fouilles manuelles, les archéologues ont retrouvé là beaucoup de vaisselle brisée, un peu de monnaie, un médaillon de la reine Victoria à ses débuts (elle a régné sur la Grande-Bretagne de 1837 à 1901). Il y avait quelques restes de lunchs, aussi. «À l'époque, on se servait des vidanges comme remblai», rappelle M. Ross.

Le reste du défunt stationnement est plutôt fouillé... à la pelle mécanique. «Tu peux pas fouiller un site comme ça à la mitaine, sinon tu serais là encore dans deux ans», souligne Mme Lalande.

Ainsi, pendant que l'opérateur de machinerie creuse, M. Ross surveille. Il ne cherche pas de petits objets du quotidien, mais de grosses structures. Plus précisément, ce sont les anciens quais qui l'intéressent. Où se trouvewnt-ils? De quoi sont-ils faits? Comment sont-ils construits?

Une première série de quais a déjà été dégagée dans la partie ouest, là où sera aménagé le parc des Canotiers. Après avoir été contournées grossièrement avec la pelle mécanique, les structures ont été nettoyées manuellement. Entre deux marées, bien sûr, car l'eau ne manque pas de s'infiltrer dans les trous.

À environ trois mètres de profondeur, on trouve ainsi de longues pièces de bois carré (environ 50 centimètres de côté) pouvant faire jusqu'à une dizaine de mètres de long. Elles sont superposées, les unes sur les autres. Les plus profondes tiennent ensemble grâce à d'autres pièces de bois, dans un style tenon et mortaise. Plus haut, d'énormes clous de charpente ont plutôt été utilisés.

Enterrés dès lundi

«On voit que l'assemblage est différent», nous fait remarquer M. Ross avec son oeil d'expert. Il ne s'avance pas sur l'essence de bois privilégiée. Des prélèvements permettront de l'identifier hors de tout doute.

Derrière cette muraille de bois impressionnante, nos ancêtres empilaient des pierres concassées. Sur le dessus, ils jetaient encore des vidanges, puis de la terre pour couvrir le tout. Dans les déchets, qui n'ont pas été fouillés à fond, plusieurs pièces de céramique ont été retrouvées, ainsi que des silex, des pierres de ballast chargées en Europe et réutilisées ici comme pierres à fusil.

Le grand public ne pourra pas voir tout ça de près. Après avoir été photographiés, filmés, situés et mesurés grâce aux technologies GPS et laser, les quais ont été recouverts avec une membrane géotextile pour une meilleure conservation. Ils seront enterrés dès lundi. En novembre, le même travail sera effectué dans la partie est du site, près des condos des Terrasses du Vieux-Port, où sera érigé le stationnement étagé.

Toute l'information recueillie servira à documenter l'histoire des lieux et les techniques de construction de l'époque. Les architectes qui travaillent sur le concept de la place publique sont aussi allés voir les vieux aménagements afin de s'en inspirer.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer