Le complexe aquatique à Saint-Nicolas dans les cartons depuis 13 ans

Lorsqu'il a été élu en 2013, Gilles Lehouillier... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Lorsqu'il a été élu en 2013, Gilles Lehouillier avait fait la promesse que les travaux du complexe aquatique seraient entamés avant la fin de son mandat. Rien n'a encore été fait, excepté la délivrance du permis de démolition pour que les deux entrepôts et le garage situés sur la route des Rivières (photo) disparaissent du paysage.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La porte des piscines municipales se ferme chaque année au nez de 1200 Lévisiens, qui n'ont pas accès aux cours de natation ou aux activités aquatiques qu'ils désirent suivre. À qui la faute? À la Ville ou aux gouvernements qui tardent à subventionner le projet très attendu de centre aquatique dans Saint-Nicolas?

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, avoue en entrevue téléphonique que, par le passé, «d'autres projets sont passés devant» celui-là. Il cite entre autres l'usine de filtration des eaux, le réaménagement du secteur de la Traverse et le Centre de congrès et d'expositions, pour lesquels les gouvernements provincial et fédéral ont signé des chèques. Si bien que le projet de construction d'un complexe aquatique dans l'arrondissement Chutes-de-la-Chaudière-Ouest est resté dans les cartons depuis 2002. 

«Dans le milieu, c'est devenu un running gag. On a eu une pelletée de terre il y a 10 ans. Ils ont même mis une belle pancarte pour annoncer le futur site de la piscine, mais elle était rendue tellement maganée qu'ils l'ont retirée», raconte Guillaume Mecteau, entraîneur-chef du club de natation Les Riverains, à Lévis. 

Chaque année, il doit se débattre pour avoir accès aux deux seules piscines que compte la Ville de Lévis : l'Aquaréna de Charny et la piscine Pierre-Létourneau. Quelques plages horaires sont aussi disponibles la fin de semaine, à la piscine du Cégep de Lévis-Lauzon. Pour ses athlètes les plus prometteurs, il doit louer des couloirs dans la piscine olympique du PEPS, à Québec. Les nageurs de Lévis «n'ont pas perdu espoir», souligne M. Mecteau, mais ils rongent leur frein depuis trop longtemps. 

À la Ville de Lévis, on a commencé à compter le nombre de personnes qui se voient refuser l'accès à des cours de natation. En 2008, elles étaient 1000, surtout des enfants. Aujourd'hui, leur nombre a augmenté à environ 1200. 

La commission scolaire des Navigateurs, qui entend léguer une partie de ses terrains de l'école secondaire de l'Envol pour ce projet, attend elle aussi ces nouvelles piscines avec impatience, soutient la conseillère en communication Marie-Ève Fortin.

«Obligation de résultat»

Lorsqu'il a été élu en 2013, le maire de Lévis avait fait la promesse que les travaux du complexe aquatique seraient entamés avant la fin de son mandat. Aujourd'hui, rien n'a encore été fait, excepté la délivrance du permis de démolition par le conseil municipal à la mi-septembre pour que les deux entrepôts et le garage situés sur la route des Rivières, dans Saint-Nicolas, disparaissent du paysage. Ce qui devrait être fait au cours des prochaines semaines. 

Le maire Lehouillier se montre toutefois confiant et croit que cette fois-ci, c'est la bonne. «Nous avons l'oreille attentive des gouvernements», assure-t-il. La Ville est à revoir son plan d'affaires et croit que le dossier pourrait connaître un dénouement après les élections fédérales. 

«On a décidé que c'était LE projet [...] Une population de 45 000 personnes [dans l'ouest de la Ville] qui n'a pas de piscine intérieure, je ne connais aucun endroit au Québec qui est amanché de même», lance M. Lehouillier.

Conscient des restrictions budgétaires des gouvernements, le maire dit être prêt à faire sa part. «Dès que j'ai l'assurance que j'ai 50 % de financement, je plonge», lance-t-il. Surtout que la situation devient de plus en plus urgente, avec 1500 nouveaux habitants qui s'installent à Lévis chaque année. «Si on a la prétention d'être la ville des familles, on a une obligation de résultat», admet-il.

La Ville aurait bien aimé s'associer avec le privé pour construire ce complexe, mais il semble qu'il soit plus difficile de vendre des heures de piscine que les heures de glace d'un aréna. Impossible donc de faire comme à Saint-Romuald, où le Complexe 2 glaces Honco, inauguré en août dernier, a été construit à 100 % par le privé. La Ville loue des heures de glace pour ses citoyens et ajoutera à proximité une salle communautaire, un chalet de services et des terrains de tennis.

L'idée en 1988

Les premiers à avoir eu l'idée de construire un complexe aquatique sont les maires de Saint-Nicolas, de Saint-Étienne, de Bernières et de Saint-Rédempteur, en 1988. Le terrain projeté était le même qu'aujourd'hui, soit à deux pas de l'école secondaire de l'Envol, près des ponts. Le projet est ensuite mort dans l'oeuf avant de renaître en 2002, après la fusion de la Ville de Lévis, raconte le maire Gilles Lehouillier. L'ex-mairesse Danielle Roy Marinelli a fait des efforts pour qu'il voie le jour, sans succès. Aujourd'hui, le projet comprend un bassin semi-olympique de 25 mètres avec tremplins, de même qu'un bassin familial avec jeux d'eau et entrée progressive. À cela s'ajoute la construction d'une salle communautaire de 300 places, de studios de danse, de murs d'escalade et d'une salle d'entraînement. Une passerelle relierait le tout à l'école secondaire de l'Envol. Coût total : 28 millions $, peut-être moins, soutient le maire Lehouillier.

L'Aqua complexe de Drummondville

Pendant que Lévis est toujours en attente, Drummondville a inauguré son nouvel Aqua complexe à l'automne 2011. La Ville a payé seulement le tiers du projet de 14,5 millions $, les deux tiers ayant été subventionnés à parts égales par les gouvernements fédéral et provincial. En juillet 2010, le député de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, s'est même rendu à Drummondville pour en faire l'annonce. Depuis, les citoyens du Centre-du-Québec peuvent profiter de deux bassins, qui comprennent aussi un bain-tourbillon et une rivière d'aventure, soit un couloir muni de jets submergés, que l'on peut parcourir à contre-courant afin d'augmenter l'intensité de l'activité physique. Un projet dont pourrait s'inspirer la Ville de Lévis, dit le maire Lehouillier. Mais ce type de financement n'est «plus possible aujourd'hui», dit-il, car le programme Chantiers Canada, révisé en 2014 par les conservateurs, ne permet plus de subventionner les infrastructures sportives.  

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