Financement illégal: le dg d'Équipe Labeaume plaide l'erreur de bonne foi

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Le maire Régis Labeaume

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Un formulaire oublié. C'est ainsi que le directeur général d'Équipe Labeaume, Ronald Gagnon, explique les ratés dans le financement du parti en 2010 qui ont mené à des constats d'infraction. 

Vendredi, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a rendu publics les constats d'infraction envoyés à M. Gagnon et à Alain Roy, vice-président principal de Pomerleau, pour financement politique illégal. Ce dernier aurait amassé des fonds pour Équipe Labeaume à l'automne 2010 sans détenir l'autorisation du représentant officiel du parti. Le dg est accusé de l'avoir «aidé par ses actes». Chacun écope d'une amende exemplaire de 5514 $. 

En entrevue téléphonique au Soleil lundi matin, M. Gagnon a plaidé l'erreur de bonne foi. Il se souvient être allé livrer à M. Roy des cartons pour le cocktail du maire, quelques semaines avant l'activité de financement, qui se tenait le 13 octobre cette année-là. Comme son interlocuteur était absent, il n'a pu remplir le formulaire l'autorisant à se mêler du financement. «On aurait dû retourner faire signer la feuille de sollicitation, puis ça n'a pas été fait. J'en prends la responsabilité», a déclaré le dg. 

M. Gagnon s'est dit «surpris» que le DGEQ ait conclu à la nécessité de remettre des constats d'infraction puisque ses enquêteurs ont eu droit au même récit des événements et que le manquement est de nature administrative. «Si on avait signé ce formulaire-là, il n'y aurait pas de problème, on ne se parlerait pas ce matin.» 

«C'est notre responsabilité»

Il a déploré que le v.-p. de Pomerleau soit visé. «M. Roy, dans mon livre à moi, il n'a pas fait d'infraction. C'est notre responsabilité», a-t-il tranché.

Le principal intéressé a aussi réagi lundi, mais par voie de communiqué. L'homme d'affaires s'est dit «renversé par cette accusation [du DGEQ] que je trouve totalement injuste». «Je comprends que l'Équipe Labeaume aurait dû remplir un formulaire et me le remettre avant que je vende les billets. J'ignorais cette formalité et je n'avais aucun contrôle sur l'accomplissement de cette formalité. Je n'ai jamais voulu enfreindre la loi», a-t-il expliqué.

L'homme a aussi justifié sa réaction de vendredi, alors qu'il niait au Soleil être visé par un constat d'infraction. «Lorsque j'ai réalisé l'ampleur de cette histoire, j'ai mal réagi devant cette situation choquante en niant mon implication et je le regrette sincèrement», a-t-il fait valoir, précisant qu'il ne ferait «pas d'autres commentaires sur cette affaire». 

Plaidoyer : pas de décision

Ronald Gagnon n'a pas décidé encore s'il plaiderait coupable ou non aux infractions qui lui sont reprochées. Il entend communiquer avec le DGEQ dans les prochains jours pour en discuter. Il ne sait pas non plus si les donateurs à la source des 39 contributions problématiques de 100 $ seront remboursés. Ces dernières années, le parti a été prompt à rembourser dès qu'il a été établi que les dons avaient été acquis grâce à un système de prête-noms. Mais comme ce n'est pas le cas cette fois, le dg veut y repenser.

En fin de semaine et lundi encore, le maire semblait plus enclin à rembourser l'amende imposée à Alain Roy à même les réserves du parti, mais voulait s'assurer que la manoeuvre était légale.

Sonia Fontaine, porte-parole du DGEQ, a indiqué lundi que c'est le code de procédure pénale qui prévaut en pareille matière et celui-ci veut que «c'est le défenseur qui doit payer». Elle n'était toutefois pas en mesure de nous dire si le contrevenant peut être remboursé. 

De façon plus générale, M. Gagnon a expliqué au Soleil qu'il vend en moyenne 1100 cartons de cocktail annuellement avec l'aide de 35 solliciteurs. Environ 25 reviennent chaque année. Il s'agit principalement des conseillers d'Équipe Labeaume et de leurs proches. La dizaine d'autres se proposent ou sont approchés «en tant qu'individu». C'est le cas d'Alain Roy, qui a été bénévole seulement en 2010. 

L'homme de confiance de Régis Labeaume assure qu'il n'y a aucun lien entre cette implication et les contrats accordés par la Ville. 

«Si quelqu'un arrive, mettons qu'il veut nous aider et qu'il me demande une faveur, c'est : à la porte, direct. La Ville [de Québec] a prouvé avec les années que son système de soumissions est réellement bien fait et qu'il n'y en a pas de problème. Moi, je rencontre une personne, je rencontre pas une compagnie», développe-t-il, précisant par ailleurs avoir refusé une candidature une seule fois en sept ans. 

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