Financement politique illégal: le dg d'Équipe Labeaume et un v.-p. de Pomerleau pris en défaut

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Le maire Régis Labeaume

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Ronald Gagnon, directeur général d'Équipe Labeaume, et Alain Roy, vice-président principal de Pomerleau, entreprise chargée de la construction de l'amphithéâtre, ont reçu des constats d'infraction du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour avoir fait du financement politique illégal à l'automne 2010. Une amende exemplaire de 5514 $ est imposée à chacun des deux hommes.

Les constats d'infraction sont datés du 28 septembre, mais ils ont été rendus publics vendredi. «À Québec, entre le 30 septembre et le 9 novembre 2010, sans être le représentant officiel du parti Équipe Labeaume ou avoir été désigné par écrit par celui-ci, a recueilli au moins une contribution à l'article 432 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités», peut-on lire dans l'avis transmis à Alain Roy. 

L'article 432 établit que «la sollicitation d'une contribution ne peut être faite que sous la responsabilité du représentant officiel et que par l'entremise des personnes qu'il désigne par écrit à cette fin. Toute personne autorisée à solliciter des contributions doit, sur demande, exhiber un certificat attestant sa qualité et signé par le représentant officiel». 

M. Gagnon, qui lui était dûment délégué par le représentant officiel, est pour sa part accusé d'avoir «aidé par ses actes» Alain Roy. À eux deux, ils auraient amassé 39 contributions de 100 $ pour Équipe Labeaume pour un total de 3900 $. 

Le financement politique, «ça s'appelle pas touche» sans l'autorisation du représentant officiel du parti, rappelle Denis Dion, porte-parole du DGEQ. 

Joint par Le Soleil, vendredi, l'homme fort de Pomerleau à Québec a d'abord nié être la personne visée par le constat d'infraction, bien que nous lui ayons répété l'adresse personnelle inscrite au dossier. Il a commencé par dire : «Je ne sais pas.» Quand nous l'avons prévenu que sa réponse serait imprimée dans le journal, il s'est ravisé. «Ce n'est pas moi», a-t-il affirmé. 

Le Soleil a ensuite téléphoné au domicile du présumé contrevenant. La femme qui a répondu a indiqué qu'il n'y avait pas d'Alain Roy à cette adresse, que le numéro correspondait à une autre résidence dans la même rue de Val-Bélair. Suspicieux, nous avons rappelé et un message vocal identifiait nommément Alain Roy ainsi que sa conjointe. Une petite recherche sur le Web a permis de retracer le couple, enlacé, sur une photo où M. Roy est facilement reconnaissable et identifié à l'entreprise Pomerleau.   

Nous avons laissé des messages à M. Roy afin qu'il nous explique pourquoi il se cachait, mais il n'a pas donné suite à nos appels. 

Nous avons aussi tenté de joindre Ronald Gagnon, sans succès. 

Le maire Régis Labeaume, qui participait à un conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec à Drummondville, n'était pas disponible. 

L'amende minimale pour le type d'infraction reprochée aux deux hommes est de 500 $, mais le DGEQ a le loisir de réclamer l'équivalent du montant amassé illégalement. C'est ce qu'il a décidé de faire. En additionnant les frais connexes, le total atteint 5514 $ pour chaque contrevenant. 

30 jours pour réagir

Les deux intéressés ont 30 jours pour plaider coupable et payer leur dû ou encore contester les faits allégués par le DGEQ. Dans ce cas, un procès aurait lieu ultérieurement devant la Cour du Québec. 

M. Dion n'a pas voulu dire, vendredi, si l'organisation a commencé son enquête après une dénonciation ou des vérifications d'usage. 

En 2010, Équipe Labeaume avait amassé 125 335 $ en dons, ce qui était considéré comme une bonne récolte après une année électorale. La moitié des dons étaient associés au cocktail de financement, tenu le 13 octobre cette année-là.

Une première à plusieurs égards

C'est la première fois qu'un dirigeant d'Équipe Labeaume est relié à des méthodes de financement illégales. C'est aussi la première fois que le Directeur général des élections du Québec coince un employé de Pomerleau pour du financement politique illégal. 

Ces dernières années, Équipe Labeaume a volontairement remboursé un peu plus de 15 000 $ après qu'il eut été révélé que les contributions avaient été versées grâce à un système de prête-noms. Ce fut le cas entre autres avec les dons de la firme IBI-DAA, d'Émile Langlois, un ancien de Teknika-HBA, de Michel Labbé, de SNC-Lavalin, de Jostran Lamontagne, de BPR, et d'André Côté, anciennement de Roche. 

Chaque fois, le maire Régis Labeaume a fait valoir que son organisation n'était pas au courant des stratagèmes. Cette fois, il n'est pas question de prête-noms, mais de sollicitation sans permission. Et c'est un cadre d'une entreprise de construction qui joue le premier rôle. 

Contrats juteux

Pomerleau, dont le siège social est en Beauce, mène plusieurs chantiers de front dans la région de Québec. Dernièrement, son nom a surtout été associé à l'amphithéâtre. En 2011, Pomerleau avait décroché en consortium avec Verreault le mandat de gestion de la construction pour 5,4 millions $, mais celui-ci a été résilié pour enlever la partie surveillance des travaux. En 2012, c'est Pomerleau seule qui a raflé le nouveau contrat pour 8 millions $. Des avenants de 1,3 million $ ont par la suite été autorisés. 

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