Saint-Augustin s'est donné l'illusion d'avoir plus d'argent qu'elle n'en avait

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Malgré l'état lamentable des finances de Saint-Augustin-de-Desmaures, le maire Sylvain Juneau a été applaudi chaudement à plusieurs reprises mardi par les quelque 300 citoyens qui occupaient tous les sièges de l'hôtel de ville après une présentation d'une heure et demie où il a livré l'état de la situation sur les finances et la gestion de la Ville.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Selon le maire Sylvain Juneau, Saint-Augustin-de-Desmaures s'est donné l'illusion d'avoir plus d'argent qu'elle n'en avait vraiment en contractant pour 75 millions $ d'emprunts non capitalisés et en utilisant la vente de terrains pour payer les dépenses courantes depuis la défusion de 2006.

Malgré l'état lamentable des finances municipales, le maire a été applaudi chaudement à plusieurs reprises mardi par les quelque 300 citoyens qui occupaient tous les sièges de l'hôtel de ville après une présentation d'une heure et demie où il a livré l'état de la situation sur les finances et la gestion de la Ville.

Plusieurs citoyens qui ont pris la parole après la présentation, dont son ex-adversaire à la mairie Sylvie Asselin, l'ont félicité pour sa transparence. D'autres ont vertement critiqué les six conseillers municipaux, tous issus de l'équipe de l'ex-maire Marcel Corriveau, qui ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde que le nouveau maire. «Quand vous aurez un bon entourage, M. Juneau, on sera derrière vous pour vous soutenir», a lancé un citoyen, déclenchant à son tour les applaudissements.

«Ça ne va pas bien. L'avenir n'est pas rose, mais il n'est pas totalement noir non plus. Il va falloir trouver des solutions», a déclaré le maire. En raison des décisions prises depuis 2006, la Ville se retrouvait en décembre 2014 avec une dette de 151 millions $ (un total duquel il faut cependant déduire 37 millions $ de subventions à venir et taxes de secteur), dont près de la moitié (75 millions $) n'était pas capitalisée.

«Ça signifie que sur la moitié de la dette, on ne payait pas un sou de capital ni d'intérêt!» explique le maire Juneau, qui compare la situation à une famille qui paierait l'épicerie avec sa marge de crédit.

Dans son analyse de la situation financière de la Ville, le maire a également critiqué la décision de ne pas affecter les sommes tirées de la vente de terrains, soit environ 2,5 millions $ par an, au remboursement de la dette, à des projets spécifiques ou au renflouement du fonds de roulement. 

«Planifier ces ventes de terrains comme source de revenus de fonctionnement est une pratique risquée, car les revenus ne sont pas garantis et que l'objectif de vendre pour 5 millions $ de terrains par année n'a jamais été atteint à ce jour», a-t-il expliqué.

Gestion déficiente

«Chacun de ces deux éléments constitue la moitié du problème de Saint-Augustin, en excluant cet autre problème qu'est la hausse importante de la quote-part versée à l'agglomération», estime le maire. À plus de 25 millions $, cette quote-part représente 47 % du budget ou 55 % du montant total des taxes facturées aux citoyens.

M. Juneau s'en est aussi pris à ce qu'il qualifiait de gestion déficiente, notamment en ce qui a trait aux projets majeurs. Il a cité entre autres l'aréna Acti-Vital, que la Ville a vendu, mais dont elle traîne toujours la totalité de la dette de 8 millions $, ainsi que la place des Générations, le Centre Jean-Marie-Roy et le centre sportif, pour lesquels aucune étude de besoins n'a été faite.

«Pour le centre sportif, aucune étude n'a été faite sur le besoin d'avoir deux autres piscines municipales alors qu'on a déjà celle du Campus Notre-Dame-de-Foy. Ces piscines pèsent 1,4 million $ par an sur la dette auxquels il faut ajouter des coûts de fonctionnement de 1,4 million $. Un aréna avec deux glaces aurait à tout le moins fait ses frais en termes de coûts de fonctionnement», a expliqué le maire.

Parmi les pistes de solution, la Ville a déjà éliminé plus de 50 postes depuis 2014 en plus de se livrer à une restructuration et de demander à tous ses départements de se livrer à une rationalisation majeure. Le service des loisirs et de la vie communautaire sera fusionné avec celui de la culture et la Ville capitalisera 45 millions $ de sa dette cette année et 30 millions $ en 2016.

Décisions difficiles

Pour le reste, le maire concède que des décisions difficiles devront encore être prises par le conseil. «Il y a un coup à donner, car on ne payait pas nos dettes à moitié», a-t-il lancé devant les citoyens, évoquant la possibilité d'augmenter fortement les taxes à court terme le temps de résorber les dettes non capitalisées, de maintenir les ventes de terrains dans les prévisions de revenus, de diminuer la quantité et le niveau des services offerts à la population ou de tenter de se départir de certaines immobilisations.

Sur ce dernier point, M. Juneau n'a pas caché qu'il était un tenant de cette option, mentionnant au passage le Centre Jean-Marie-Roy, pour lequel la Ville est ouvertement à la recherche d'un partenaire privé, et le centre sportif, qu'il n'écarte pas la possibilité de vendre au privé pourvu que les citoyens puissent toujours l'utiliser.

Une absence planifiée

L'absence du conseiller Denis Côté à l'assemblée extraordinaire convoquée lundi par le maire Sylvain Juneau revêtait un caractère politique. En faisant «l'assemblée buissonnière», son collègue Guy Marcotte et lui ont privé le maire d'un quorum et amené l'annulation de l'assemblée. «Ce n'est pas une cachette pour personne que c'est politique», a déclaré Denis Côté mardi. «Les réunions s'accumulent, il n'y avait qu'un seul point à l'ordre du jour et ce n'était pas une urgence nationale», a-t-il poursuivi au sujet de la séance qui devait porter sur le dépôt d'un avis juridique relativement à l'enquête administrative et financière interne. M. Côté concède que les relations ne sont pas parfaites entre les six conseillers de l'équipe de l'ex-maire Corriveau et le nouveau maire élu le 7 juin. «Lui, il arrive et il veut mettre sa touche, mais nous, on a une autre façon de procéder. Un jour ou l'autre, le plus tôt possible pour le bien de la Ville, on n'aura pas le choix de travailler ensemble».

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