Centre Vidéotron: aucun regret pour Charest

L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest, était de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

L'ex-premier ministre du Québec, Jean Charest, était de passage lundi à Québec pour l'inauguration des nouveaux bureaux de la firme McCarthy & Tétrault, son nouvel employeur.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Vers un nouveau Colisée

Actualité

Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) L'ex-premier ministre Jean Charest défend haut et fort sa décision d'investir des fonds publics dans la construction du Centre Vidéotron. Accusé de faire du «racolage politique», il avoue être monté aux barricades pour que la capitale puisse jouir d'un amphithéâtre moderne, n'en déplaise aux gens de Montréal...

En entrevue exclusive au Soleil, en fin d'après-midi, lundi, en marge de l'inauguration des nouveaux bureaux à Québec de la firme McCarthy & Tétrault, son nouvel employeur, M. Charest est revenu sur cette période houleuse de son dernier mandat, alors que son gouvernement avait décidé d'injecter 200 millions $ dans cette infrastructure. Si c'était à refaire, lance-t-il, il ferait les choses de la même façon.

«C'est assez étonnant la façon dont ça s'est déroulé, explique-t-il. On ne s'attendait pas à une crise au Parti québécois [qui a entraîné la démission de trois députés, en juin 2011]. Dans nos propres troupes, les gens se demandaient s'il y avait quelque chose qu'on n'avait pas vu ou qu'on avait mal compris. Mais avec Régis Labeaume, on était en confiance. On avait une très bonne relation. L'exécution du projet a été impeccable. Faire 30 millions $ d'économie, ce n'est pas rien.»

L'élaboration du montage financier ne s'est pas faite en fonction de la venue éventuelle d'une équipe de la Ligue nationale de hockey, même si «c'était très présent et souhaité de notre part». À son avis, il n'était «pas normal» que la capitale n'abrite pas une «infrastructure moderne», d'autant plus que le Colisée Pepsi, construit en 1949, était devenu «désuet».

Dès lors, Jean Charest s'est posé en défenseur de Québec, allant à l'encontre des commentaires négatifs en provenance de Montréal. «Il y a des gens [à Montréal] qui levaient le nez là-dessus, en me reprochant de faire du racolage politique. C'est drôle, mais quand on a fait la Maison symphonique, ce n'était pas du racolage. Le Quartier des spectacles, c'était normal, mais à Québec...»

Absent des cérémonies d'ouverture en raison d'un voyage d'affaires en Europe - «j'ai été généreusement invité par le maire Labeaume et les gens de Québecor» -, l'ex-premier ministre a pu visiter l'amphithéâtre, d'abord à l'occasion d'une visite privée, puis lors de l'inauguration protocolaire, avec les dignitaires de la région. «Je connais pas beaucoup ça, les amphithéâtres, mais je le trouve beau et moderne.»

«Maintenant, que le privé joue un rôle [dans la gestion de l'amphithéâtre], c'est parfaitement acceptable. Il faut juste s'assurer qu'il y ait de la transparence et que ce soit fait correctement.»

Période des questions: l'ex-PM applaudit le meilleur décorum

Conscient de ne pas avoir été lui-même «un enfant de choeur», l'ex-premier ministre Jean Charest se réjouit de voir l'Assemblée nationale adopter des mesures à la période des questions, comme la fin des applaudissements partisans, afin de mieux discipliner les échanges entre parlementaires et offrir des «débats plus apaisés».

À son avis, l'arène politique est d'abord et avant tout un endroit où des idées sont débattues, parfois avec excès, d'où l'importance d'avoir un certain décorum. «Je suis content de voir qu'il y a un effort en ce sens-là, explique-t-il. La partisanerie a toujours fait partie du processus politique, même si ce n'est pas toujours bien compris.

«Cette dimension est voulue en politique, précise-t-il, car elle permet de mieux défendre nos idées. Les partis regroupent des gens qui ont des valeurs communes. Il est normal que cet affrontement se fasse, parfois de façon intense, parce que les gens croient profondément à ce qu'ils défendent.»

En revanche, M. Charest estime que des limites s'imposent lorsque les échanges «vont trop loin» et que les députés sont «excessifs dans leur partisanerie». En cela, avance-t-il, sous son règne, il y a eu un «effort» afin de discipliner ses troupes «pour éviter de renchérir lors des débats».

Le président de l'Assemblée nationale pourrait s'inspirer de ce qui se fait ailleurs afin de faire adopter une ligne de conduite aux élus, estime l'ex-premier ministre. Des sanctions pourraient alors être appliquées.

«Il [le président] peut le faire de toutes sortes de façons, comme sanctionner les députés qui s'adonnent à des excès, en leur enlevant leur droit de parole. C'est quelque chose qui se fait dans d'autres parlements. Si vous abusez de votre droit de parole et utilisez un langage non parlementaire, vous n'auriez pas le droit de reprendre la parole avant deux jours. Plus il y aura de conséquences, plus ce sera stable, plus le débat sera apaisé.»

Le retour des Nordiques

«C'est plus facile de deviner qui sera le prochain pape que de savoir comment la Ligue nationale choisit les villes [rires]. La démarche est bien entamée. Moi, j'y crois beaucoup. Je peux vous confirmer que partout au Canada, à Toronto plus qu'ailleurs, on aimerait revoir les Nordiques. À Montréal, ce serait la fête. À Vancouver, à Calgary, peu importe où je suis allé, les gens m'en parlent parce qu'ils savent que j'ai été impliqué dans le projet de l'amphithéâtre. Ça attirerait les regards des Canadiens [du reste du pays]. Il y a une partie que je connais moins et que personne ne connaît vraiment, c'est la rentabilité de l'équipe. Au plan financier, il faut aligner les chiffres. Ce sera à ceux qui amèneront l'équipe de faire ce travail-là.»

L'austérité

«J'approuve totalement les efforts du gouvernement d'atteindre l'équilibre budgétaire. C'est extrêmement important. Il faut tenir compte du fait qu'on se sort péniblement de la crise financière de 2008. Il faut avoir une main très solide sur les finances publiques, le déficit et la dette. Dans ce contexte-là, il n'y a pas de choix faciles.»

Les élections fédérales

«C'est tellement serré qu'un gouvernement minoritaire se pointe à l'horizon, mais ça peut changer, c'est une campagne tellement longue. On sent qu'il y a plusieurs temps. Dans le fond, c'est dans les 20 derniers jours que la campagne va prendre son erre d'aller.»  

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer