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Église St. Michael's : l'évêque anglican lance un cri du coeur

L'évêque du diocèse de Québec de l'Église anglicane,... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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L'évêque du diocèse de Québec de l'Église anglicane, Dennis Drainville, craint pour la sauvegarde de sa communauté.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) L'évêque du diocèse de Québec de l'Église anglicane, Dennis Drainville, lance un cri du coeur et réclame le droit d'aller de l'avant avec un projet de construction résidentielle sur les terrains de l'église St. Michael's, dans le quartier Sillery.

Si la contestation populaire est endossée par la Ville, il n'envisage pas d'autre option que de fermer l'église patrimoniale à la fin de l'année.

«La dernière chose que je veux, c'est d'avoir à dire à ma communauté que nous ne pouvons plus continuer», lance, attristée, le leader religieux qui souligne qu'il est minuit moins une dans ce dossier. «Si rien ne se passe, c'est sûr que nous n'avons plus les moyens de conserver les bâtiments et les entretenir. Nous avons de sérieux problèmes financiers. Nous ne sommes plus en mesure de maintenir les lieux dans leur état actuel.»

La communauté anglicane de Québec est confrontée à la même problématique que les autres congrégations religieuses et doit composer avec une baisse importante du nombre de fidèles, ainsi que de lourdes factures pour l'entretien de ses édifices. À l'époque de la construction de la salle paroissiale silleroise, en 1948, quelque 1600 personnes participaient aux cérémonies de culte; ils ne sont plus que 110 aujourd'hui.

Avec une dette de 200 000 $, la communauté anglicane dit vouloir prendre les moyens pour assurer sa survie, d'où une demande de modification au règlement de zonage municipal pour permettre la construction domiciliaire sur une partie du terrain, situé en face du cimetière Mount Hernon, près de la côte de l'Église. La valeur du terrain est estimée à 1,2 million $.

Désinformation

Le projet consiste à construire quatre maisons dans la rue Bergerville, du côté nord, et de modifier la salle paroissiale, construite en 1945, afin d'y accueillir «six ou sept» condos. L'apparence du bâtiment ne changerait pas radicalement. Le presbytère, abandonné et sans valeur patrimoniale, serait démoli. Il n'est aucunement question, insiste M. Drainville, de toucher à l'église de style néogothique, érigée en 1854, pas plus que d'abattre les chênes centenaires situés autour.

M. Drainville, un ex-député à l'Assemblée législative de l'Ontario au début des années 90, dit avoir multiplié les démarches depuis sept ans afin de mieux faire comprendre aux opposants les raisons de cette décision, sans que rien ne débloque.

«Il y a eu beaucoup de désinformation. On ne veut pas faire un gros développement qui serait affreux. Ce n'est pas ça du tout. Nous ne voulons pas construire des condos de luxe. Notre projet doit encadrer notre terrain d'une façon respectueuse, car les gens qui vont y habiter vont devenir nos voisins.

«Les personnes qui sont contre notre projet nous disent qu'elles veulent protéger le patrimoine, mais de quelle façon peut-on protéger le patrimoine lorsqu'il n'y a plus d'argent pour payer le chauffage et que toute tentative de sauvegarde pour utiliser nos actifs nous est refusée? ajoute M. Drainville. «Si les citoyens veulent un parc, qu'ils nous achètent le terrain.»

Plutôt mettre en valeur

Le président de la Société d'histoire de Sillery, Jean-Louis Vallée, dit comprendre la situation financière précaire de la communauté anglicane, mais croit que tout n'a pas été fait pour que la vocation des lieux s'harmonise avec son environnement.

«On ne veut pas mettre en valeur, c'est ça le problème. On pourrait réaménager, recycler, faire du développement durable, plutôt que défigurer et faire ce qui est à la mode. Penser à réhabiliter, c'est une chose qu'on oublie», déplore-t-il, donnant en exemple la salle paroissiale qui pourrait héberger une garderie ou une salle de spectacle.

M. Vallée déplore le peu d'informations obtenues sur le projet, malgré des demandes répétées. «On ne nous a jamais montré de plans, on ne nous présente rien. On ne veut pas se retrouver avec une tour aussi haute que le clocher de l'église.»

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