Rue Saint-Jean: les voisins de l'ancien W.E. Bégin exaspérés

Les travaux de réfection du bâtiment autrefois occupé... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les travaux de réfection du bâtiment autrefois occupé par la boucherie W.E. Bégin, sur la rue Saint-Jean à l'intersection de la rue Sainte-Claire, se font attendre.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'odeur pestilentielle et le délabrement du bâtiment autrefois occupé par la boucherie W.E. Bégin sur la rue Saint-Jean à l'intersection de la rue Sainte-Claire exaspèrent commerçants et résidents du secteur, si bien que plusieurs d'entre eux ont porté plainte à la Ville de Québec.

Nuisance publique, plaie urbaine, dépotoir : les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l'immeuble de trois étages laissé à l'abandon depuis 2012. Outre l'aspect visuel peu invitant avec ses vitrines placardées où les affiches s'accumulent, c'est l'odeur émanant de local de l'ancienne boucherie lorsqu'il a fait très chaud au début du mois qui a incité des citoyens et des commerçants à s'adresser à la Municipalité. 

Abdel Bouchakour a aménagé son restaurant de spécialités marocaines, Chez Amira, il y a un an à côté du 500, rue Saint-Jean. Comme son voisinage, il a d'abord cru que le nouveau propriétaire des lieux allait procéder à la démolition rapidement même s'il anticipait les désagréments des travaux. «Je me disais : "Tant mieux, ça va être réglé."» Mais rien n'a bougé. Pire, l'endroit s'est dégradé et des effluves de moisissure ont commencé à importuner sa clientèle. Il a donc porté plainte à la Ville de Québec il y a deux semaines pour que le bâtiment soit mieux placardé. 

Au printemps, des voyous ont fracassé des vitres, raconte la voisine d'en face, la propriétaire de la boutique Marie-Osée, Marie-Josée Chagnon. Depuis, quand elle passe à côté, elle se retient de respirer. «L'été passé, c'était moins pire», soutient-elle, puisque les odeurs ne s'échappaient pas autant. Elle croit que les autorités doivent agir pour obliger le propriétaire à remédier à la situation non seulement olfactive, mais aussi visuelle. «Ça nuit énormément aux commerçants», témoigne celle qui songe à déménager en raison du loyer trop cher, mais aussi de l'environnement immédiat peu intéressant qu'offre désormais son commerce. 

Lorsqu'il s'est installé en face de l'ancien W.E. Bégin l'an passé, Cyrice Vigneau croyait que la boucherie renaîtrait de ses cendres rapidement et qu'il compléterait bien l'offre de services avec sa poissonnerie Poisson d'Or. «C'est un beau paysage», lance-t-il sarcastiquement en regardant au travers de sa vitrine. «C'est un embarras public», se désole-t-il. Même son de cloche au restaurant Le Billig, situé de biais par rapport à l'endroit maudit. La copropriétaire, Natacha Tremblay, n'a pas aménagé de terrasse cet été, croyant que les travaux annoncés auraient finalement lieu pendant la période estivale. Comme ses collègues, elle est exaspérée de constater que rien n'a été fait. «Ça ne donne pas une belle visibilité à la rue Saint-Jean», regrette-t-elle. 

Santé publique

Jean Beaulieu compte parmi les citoyens qui se sont aussi adressés à la Ville de Québec. «Il s'agit dans ce cas-ci d'une question de santé publique, il est anormal et dangereux de respirer des odeurs de moisissure», fait valoir le résident du secteur. Il ne comprend pas que la situation n'ait pas évolué malgré les plaintes déposées au bureau de l'arrondissement de La Cité-Limoilou. «Faudra-t-il attendre un cas d'intoxication pour que la situation change?», questionne-t-il.

Le porte-parole de la Ville de Québec, David O'Brien, confirme que la Ville a reçu plusieurs plaintes et a demandé au propriétaire de placarder les ouvertures pour remédier à la situation. Ce dernier, l'avocat Luc Massicotte, convient que son bien immobilier est «une nuisance». Il sait aussi que le bâtiment a été vandalisé. «Mais on ne peut pas être là tous les jours», se défend-il. «On fait ce qu'on peut», plaide celui qui projette depuis plusieurs années de démolir la bâtisse pour réaménager la boucherie au premier et aménager sept condos aux étages. Mais ce sont des démêlés avec la Ville de Québec qui retardent ses plans. «Elle demande 50 000 affaires», explique Me Massicotte. Il croit pouvoir faire disparaître la plaie urbaine «d'ici septembre». Aucun permis de démolition n'a encore été délivré.

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