Protection du territoire agricole: un agriculteur fustige la Ville de Québec

L'agriculteur Jean-Pierre Amyot estime que l'administration Labeaume n'a... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'agriculteur Jean-Pierre Amyot estime que l'administration Labeaume n'a aucune volonté de protéger le territoire agricole de Québec et de Saint-Augustin.

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(Québec) C'est un véritable cri du coeur que l'agriculteur Jean-Pierre Amyot lance à la Ville de Québec à la suite de la présentation, le 4 juin dernier, d'un «semblant» de plan de développement de la zone agricole (PDZA) de l'agglomération de Québec. Un document qui, selon le propriétaire de la ferme Anjanel Senc, témoigne de l'absence de volonté de l'administration Labeaume de protéger le territoire agricole de Québec et de Saint-Augustin.

«Bâclé, réducteur et dilué, ce PDZA dénaturé révèle une ferveur timide et insipide» à l'égard du rayonnement et du développement de la production agricole et forestière sur le territoire de l'agglomération de Québec, résume Jean-Pierre Amyot dans une lettre présentée à la soirée d'information du 4 juin portant sur ce que la Ville de Québec a baptisé «projet de développement des activités agroalimentaires».

«D'entrée de jeu, le seul titre du document ne laisse guère d'équivoque en matière de dérive relative à l'orientation [...] de notre PDZA. Occulter l'indispensable notion de «territoire agricole» au profit du paradigme vaporeux d'«activités agroalimentaires» écorche la confiance et l'espoir de plusieurs d'entre nous», écrit l'agriculteur, selon qui les règles et les objectifs d'un véritable PDZA ont été foncièrement déformés.

«Avec l'abandon de l'expression zone agricole au profit de celle d'«activités agroalimentaires», on serait en droit de substituer, en l'occurrence, toute allusion à l'exploitation de la matière ligneuse de nos forêts par le thème de l'industrie de la restauration», ironise M. Amyot.

L'agriculteur dit aussi ressentir un profond malaise en réalisant que seul le nom de la Ville de Québec est mentionné dans le document. «En aucune occasion, celui de la ville détentrice de la majeure partie des terres agricoles de l'agglomération n'est mentionné; Saint-Augustin-de-Desmaures se serait-elle déjà fusionnée avec Québec?» demande M. Amyot.

L'agriculteur remarque également qu'on se garde bien de discourir sur la convoitise et la dénaturation des terres agricoles, ou sur le contrôle de la hausse des taxes foncières et le maintien injustifiable de terres en friche.

En entrevue au Soleil, M. Amyot en a remis. «Dans un PDZA, il faut reconnaître l'importance de la protection du territoire agricole. Mais la Ville de Québec refuse de le faire, parce que c'est elle la première menace à la protection du territoire agricole! La Ville a d'autres visées, et elle ne veut pas, dans son PDZA, se mettre en porte à faux avec ces objectifs», croit l'agriculteur, selon qui «ce qui s'est passé avec les terres des Soeurs de la Charité, ça donne le ton». M. Amyot fait bien sûr allusion au projet de développement domiciliaire de Cominar sur les terres de la communauté religieuse, dans le secteur de Beauport.

«Fixation» sur les marchés publiques

L'agriculteur déplore par ailleurs la «fixation» de la Ville de Québec à l'égard des marchés publics, qui ne doit pas, selon lui, faire perdre de vue l'existence d'une autre forme de mise en marché en circuit court.

«Nos productions sont souvent vendues à la ferme. Dans les marchés publics, on retrouve surtout des producteurs de l'île d'Orléans ou de la Côte-de-Beaupré, par exemple», dit le producteur acéricole, fourrager et forestier, qui préconise le développement d'un véritable circuit agrotouristique dans l'agglomération de Québec. «Ça pourrait être intégré dans les pistes cyclables», suggère-t-il.

Lorsqu'il compare le travail de la Ville de Québec à celui, «remarquable», réalisé par la Ville de Longueuil, qui s'efforce depuis plusieurs années de valoriser ses terres agricoles, M. Amyot dit ressentir «un sentiment de vide et de déception».

Seulement 2 % du territoire québécois est propice à l'agriculture, rappelle M. Amyot. «Le solage de notre maison est en danger, n'en restons pas qu'au choix de la couleur de nos rideaux», image-t-il.

Le plan de développement des activités agroalimentaires de l'agglomération peut être consulté sur le site Internet de la Ville de Québec (ville.quebec.qc.ca).

L'agglomération de Québec, c'est...

... une instance regroupant les villes de Québec, Saint-Augustin-de-Desmaures et L'Ancienne-Lorette et représentant environ 550 000 habitants.

... 118 entreprises agricoles (59 à Québec et 59 à Saint-Augustin) majoritairement orientées vers la production animale (incluant la culture de fourrages) et dont le chiffre d'affaires annuel s'élève à 21,4 millions $.

Source: Ville de Québec et UPA

Le PDZA, en un mot

Il s'agit d'un document de planification qui vise à mettre en valeur la zone agricole d'une municipalité régionale de comté (MRC) ou d'une agglomération en favorisant le développement durable des activités agricoles. Le PDZA est complémentaire aux diverses démarches de planification réalisées dans la MRC ou la région (le plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD), par exemple).

Source: MAPAQ

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