Aide en santé mentale: la Ville de Québec redonne du souffle à PECH

Le directeur général de PECH, Benoît Côté, est... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le directeur général de PECH, Benoît Côté, est très heureux de l'aide financière octroyée par la Ville de Québec à son organisme afin d'offrir davantage de soutien aux personnes en état de détresse psychologique ou intoxiquées.

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(Québec) Les personnes qui font l'objet de plaintes à la police alors qu'elle sont en état de détresse psychologique ou intoxiquées auront accès à davantage de soutien. La Ville de Québec verse 61 000 $ de plus à l'organisme PECH pour lui permettre d'ouvrir ses portes tous les jours de 8h à minuit à l'heure où les besoins sont en hausse. Une annonce qui soulage les policiers sur le terrain.

Faute de moyens, à bout de souffle, le Programme d'encadrement clinique et d'hébergement offrait depuis juin 2014 son service de crise seulement jusqu'à 16h du lundi au vendredi.

Avec l'aide financière de la Ville qui passe de 75 000 $ à 136 300 $, l'organisme pourra embaucher du personnel pour permettre des interventions avec les policiers le soir aussi dès la mi-juillet.

Ce moment du jour est particulièrement propice puisque plusieurs plaintes concernant des personnes avec un problème de santé mentale, de déficience psychologique ou de toxicomanie sont formulées en soirée.

«À cette heure, on prend le relais de beaucoup d'institutions qui sont fermées à partir de 17h», a expliqué au Soleil le directeur général de PECH, Benoît Côté.

Il se réjouit de cette subvention additionnelle votée mercredi par les élus du comité exécutif. «D'ici la mi-juillet, on devrait être en mesure de repartir les moteurs à pleine puissance», a-t-il illustré.

Besoins en hausse

L'objectif de la collaboration entre la police et PECH est de désengorger les urgences des hôpitaux et d'éviter l'arrestation de personnes qui dérangent, sont en crise ou tiennent des propos suicidaires.

L'aide supplémentaire de l'administration Labeaume arrive d'ailleurs au moment où les besoins sont à la hausse. En 2014, les patrouilleurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ont répondu en moyenne à six plaintes par jour de personnes en crise comparativement à 2,4 en 2013.

Mais ce nombre serait maintenant passé à huit par jour, selon Jean Minguy, agent de liaison en santé mentale au SPVQ.

Jeudi, il se réjouissait aussi à l'idée que le personnel de PECH sera sur le terrain pour aider les patrouilleurs le soir. «C'est une super bonne nouvelle. On va retrouver à peu près le service qu'on avait avant. Ce sont souvent des cas lourds ou complexes auxquels la police toute seule n'est pas capable de répondre», a ajouté M. Minguy selon qui le futur horaire couvrira environ 85 % des plaintes liées à la santé mentale.

Tant M. Minguy que Benoît Côté ne le cachent pas : dans le meilleur des mondes, un soutien policier serait disponible 24 heures sur 24. Ça pourrait venir, mais pour l'instant, ouvrir le soir et fins de semaine est déjà beaucoup, s'accordent pour dire les deux hommes. «On regardera la situation. Mais on va se gouverner avec la situation actuelle», a indiqué M. Côté qui dit noter une ouverture pour une éventuelle hausse additionnelle de service.

Du côté des élus, la conseillère responsable du développement social, Chantal Gilbert, était soulagée de voir le montant accordé à PECH qui, dit-elle, «fait un travail extraordinaire» avec la police. «Ça fait longtemps qu'on travaillait là-dessus. Les équipes de PECH étaient à bout de souffle et ils n'avaient pas assez d'argent pour former d'autres équipes. Là, ils vont être capables d'ouvrir de 16h à minuit.»

Campagne de financement

L'annonce de cette aide additionnelle de la Ville a été rendue publique le jour même du lancement de la campagne de financement de PECH jeudi soir à l'Impérial sous la présidence d'honneur du patron de l'Aéroport de Québec, Gaëtan Gagné.

L'objectif est d'amasser 50 000 $. Le directeur de PECH, Benoît Côté, un passionné de vélo, pédalera 1200 kilomètres du 16 au 20 août lors de la randonnée Paris-Brest-Paris. Les sommes amassées seront consacrées à l'achat de matériel nécessaire pour permettre à une personne de s'installer en appartement. PECH est aussi l'organisme derrière le coloré immeuble Sherpa du boulevard Charest qui abrite 77 logements sociaux subventionnées.

Éviter la judiciarisation

Avec une subvention additionnelle à l'organisme PECH et l'annonce récente de la poursuite du programme IMPAC, la Ville de Québec change de plus en plus ses façons de faire pour éviter d'amener au poste de police des gens qui ont bien plus besoin de soins que d'une cellule. «Ces deux programmes sont complémentaires avec la vision des services qu'on veut donner à des personnes qui sont plus vulnérables», a expliqué la conseillère responsable du développement social, Chantal Gilbert. IMPAC accompagne des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale, de consommation ou d'itinérance qui ont commis une infraction criminelle. En avril, on apprenait que ce programme était reconduit après un projet-pilote concluant. Une équipe composée de la police, de la cour municipale, du CSSS de la Vieille-Capitale et de l'Institut universitaire de santé mentale de Québec aide ainsi des personnes arrêtées à sortir du cycle des amendes et des délits, à se trouver un logement, un travail ou à se faire soigner.

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