Les maires de l'Île d'Orléans refusent d'étudier la fusion

Les cinq maires le jour du dévoilement de... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les cinq maires le jour du dévoilement de l'étude, le 19 mai dernier.

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(Québec) La fusion des six municipalités de l'île d'Orléans se bute à un obstacle de taille. La majorité des maires refuse de commander une étude de faisabilité sur le sujet, même si un sondage dévoilé il y a un mois montrait que 66,7 % des citoyens étaient en faveur d'une telle étude.

Après avoir consulté leurs conseils municipaux respectifs, aucun maire n'a demandé au ministère des Affaires municipales de creuser cette question.

Sylvain Bergeron, maire de Saint-Pierre, attaque surtout la crédibilité du sondage, qui a été commandé par le groupe citoyen Une île, une vision. «C'est un sondage qui n'est pas aléatoire, c'est dirigé! Je trouve que c'est complètement démagogique de faire croire qu'il y a les deux tiers de la population qui est pour qu'on étudie la fusion quand il y a seulement 740 personnes qui ont répondu», s'exclame-t-il.

Selon lui, l'idée d'une grande fusion municipale sur l'île est de la «poudre aux yeux». «Un pétard mouillé» supporté par un petit groupe de quelques dizaines de personnes.

M. Bergeron condamne l'étude Web menée par Axiome Marketing parce qu'elle ne permettait pas de bloquer les adresses IP des répondants qui ne se trouvaient pas sur l'île. Deux personnes pouvaient également répondre avec la même adresse IP.

De toute façon, le maire de Saint-Pierre soutient que lors des élections municipales de 2013, des candidats profusion se sont présentés, mais ils n'ont pas été élus. «Ça se peut pas qu'en 18 mois, le vent ait tourné à ce point», argumente-t-il.

Reprendre le débat

Sa collègue Lina Labbé, mairesse de Saint-François, va dans le même sens, et invite les profusion à reprendre le débat lors des prochaines élections, en 2017. «Ça, c'est un vrai sondage!» lance-t-elle.

En l'absence du maire Harold Noël, en vacances, le dg de Sainte-Pétronille Jean-François Labbé confirme qu'aucune demande pour une étude de faisabilité «n'est dans l'air». À Saint-Laurent, la dg Michelle Moisan explique que la municipalité «n'a pas l'intention de donner suite» à la demande du comité Une île, une vision.

Jean-Pierre Turcotte, maire de Sainte-Famille et préfet de la MRC de Beaupré, est le seul à avoir voulu commander une étude. Mais comme il sait que les autres maires ne veulent pas embarquer dans le bateau, il a décidé de se ranger à leur position. «Ça ne donne rien de s'obstiner», explique-t-il. «Le conseil de Sainte-Famille était divisé, mais si les autres maires avaient été un peu favorables, on l'aurait fait», explique-t-il. M. Turcotte ne se dit pas «fusionniste», mais il aurait aimé connaître les avantages et les coûts d'une éventuelle fusion.

Jean-Claude Pouliot, maire de Saint-Jean, n'a quant à lui pas rappelé Le Soleil.

Pas surpris

Jacques Paradis, porte-parole du mouvement Une île, une vision, se dit déçu de cette réponse des maires, «mais pas surpris».

«Ils se sont trouvé une raison pour ne pas aller de l'avant, c'est de discréditer le sondage», lance-t-il, se défendant d'avoir dirigé les réponses d'une quelconque façon.

«Le fait de ne même pas vouloir demander de l'information [sur une fusion], est-ce que c'est parce qu'on a peur des réponses?» questionne-t-il.

M. Paradis croit qu'une île d'Orléans fusionnée permettrait d'avoir plus de poids politique, surtout qu'elle vit dans l'ombre de la ville de Québec, sa voisine fusionnée. «Le gouvernement Couillard a dit qu'il y aura de plus en plus de responsabilités dévolues aux municipalités, alors il nous faut des élus qui soient capables et qui aient le temps de gérer tout ça», explique-t-il.

Axiome Marketing se défend

Martin Dubé, pdg d'Axiome Marketing, a tenu à défendre mardi l'indépendance et la qualité de l'étude qu'il a présentée à la population de l'île d'Orléans, le 19 mai. «Tout a été fait dans les règles de l'art et contrairement à ce que certains maires peuvent dire, on n'est pas acoquiné d'aucune façon avec le regroupement Une île, une vision», a-t-il soutenu. Le sondage, qui a été mené du 23 avril au 4 mai dernier, était en fait une consultation auprès de la population. «C'est vrai que ce sondage-là n'est pas probabiliste, mais la grande majorité des sondages se font de cette façon-là aujourd'hui», explique-t-il, c'est-à-dire qu'on invite les gens à répondre à un questionnaires sur le Web, au lieu d'appeler au hasard dans les résidences. Avec la multiplication des téléphones cellulaires, surtout chez les jeunes, le procédé probabiliste est de moins en moins utilisé. M. Dubé soutient aussi qu'il n'a pas tenu compte des doublons, ces réponses qui provenaient de la même adresse IP. Et pour ce qui est de la localisation des répondants, «on présume de la bonne foi des gens». Il invite donc les maires de l'île d'Orléans à être «bons joueurs». «Je viens de faire une étude semblable dans la MRC de Beauharnois et il n'y a pas eu un seul maire pour dire que ce n'était pas représentatif.»

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