Graffitis: pas de mur légal à Québec cet été

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«Si [la légalisation de murs] est pour se passer vraiment, je vais lever mon chapeau à la Ville», commente Phelipe Soldevila, muraliste de Québec reconnu, notamment pour sa fresque à la Afred Pellan réalisée à l'intersection Cartier-René-Lévesque.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La Ville de Québec rejette finalement le projet de mur légal temporaire qui aurait été érigé au parc Lucien-Borne cet été.

«Il s'agit d'une initiative intéressante, mais qui nécessite une vision plus globale pour la gestion des graffitis sur le territoire», explique David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec.

Il insiste sur l'importance d'explorer des solutions au vandalisme qui s'appliqueraient «à plus long terme qu'un mur temporaire».

En ce sens, la Ville compte mettre sur pied dès l'automne un comité de réflexion sur le phénomène des graffitis à Québec, où seront réunis intervenants de la Ville, représentants des conseils de quartiers, muralistes, graffiteurs et représentants des forces policières.

«Si [la légalisation de murs] est pour se passer vraiment, je vais lever mon chapeau à la Ville», commente Phelipe Soldevila, muraliste de Québec reconnu, notamment pour sa fresque à la Alfred Pellan réalisée à l'intersection Cartier-René-Lévesque.

Mais pour le moment, il a des réserves. «S'il y avait une réelle ouverture de la Ville, ça aurait été fait depuis longtemps!» s'indigne-t-il. «On va être ouvert quand on va offrir une vraie toile à un peintre.»

Du côté de l'organisme Graff'Cité, instigateur du projet de mur légal temporaire, on voit la décision de la Ville comme étant «une bonne nouvelle pour Québec», malgré tout. «On prend notre temps, mais on va aller plus loin», assure Mériem Bélaïchouche, coordonnatrice chez Graff'Cité.

Presque une insulte

Le mur légal de 32 pieds par 8 pieds aurait été érigé face à la rue Sherbrooke, dans le parc Lucien-Borne, du 10 juillet au 16 août. La Ville se serait montrée peu encline à désigner un mur existant lorsque le projet-pilote lui avait été initialement proposé.

Aux yeux de Phelipe Soldevila, ce projet-pilote était pratiquement une insulte au talent des graffiteurs de Québec. «Une clôture de bois, ce n'est vraiment pas à la hauteur du talent qu'on a à Québec!»

«C'est trop bonbon, comme projet. Donner des petites peanuts pour satisfaire les graffeurs...»

Il a d'ailleurs fait savoir son opinion à la Ville alors que le projet était encore à l'étude.

M. Soldevila précise que le projet partait d'une bonne intention, mais qu'il s'adressait au mauvais public et qu'il était mal situé, près d'un parc pour enfants. «Les graffeurs ne seraient pas allés», assure-t-il. «C'est un mur qui serait allé chercher la jeune clientèle. [...] Mais où est-ce qu'ils seraient allés après 45 jours?»

Sa crainte : qu'un tel projet temporaire mène au développement de nouveaux tagueurs, dont les actions auraient entaché la réputation des muralistes et graffiteurs.

Malgré ce qu'il considère comme étant une vision fermée de la Ville sur la question des graffitis à Québec, Phelipe Soldevila voit d'un bon oeil la décision de ne pas aller de l'avant avec le projet du mur légal dans le parc Lucien-Borne. «C'est un bon coup qu'on se dise qu'on arrête les demi-projets, même les quarts de projets, pour en faire un vrai.»

«C'est maintenant ou jamais le temps d'avoir une tradition de muralistes au lieu de cultiver le vandalisme», conclut-il.

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