Mairie de St-Augustin: quatre candidats, un poste, trois questions

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Ils sont quatre, trois hommes, une femme. Tous dans la quarantaine. Personne dans le groupe n'a été élu par le passé et ils briguent tous un job qui promet bien des défis: diriger la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures au coeur d'une crise financière jamais vue. À un point tel que des gens d'affaires ont demandé la fusion avec Québec dans une sortie qui a fait grand bruit hier.

La personne qui sera élue le 7 juin devra aussi composer avec le conseil municipal de six élus issus de l'administration de l'ancien maire Marcel Corriveau qui a démissionné en mars pour des raisons de santé.

Du groupe, Sylvie Asselin, qui a brigué sans succès un poste de conseillère en 2013, est devenue depuis une forme «d'opposition officielle». Présente aux séances du conseil, elle est réputée pour être très critique de l'administration Corriveau.

Jean-François Dufour est pour sa part perçu comme le candidat de la continuité et le plus proche de l'administration en place. Fondateur du groupe 25pourcent.com, il a participé à l'organisation de la campagne électorale de Marcel Corriveau en 2013.

L'homme d'affaires Éric Dussault a pour sa part dit souhaiter mener une campagne «positive». Le cadet des aspirants maires est en effet plutôt discret et mène une campagne posée et il promet d'être à l'écoute de la communauté d'affaires.

Enfin, Sylvain Juneau arrive dans cette course après avoir déposé sa candidature contre le maire Marcel Corriveau en 2013, avant de se désister. Issu d'une famille d'Augustinois de plusieurs générations, il a un programme électoral à saveur très économique et il est le seul du lot à proposer un gel de taxes pour 2016, une idée qualifiée «d'audacieuse» et «d'irréaliste» par ses opposants. Le Soleil a posé trois questions aux quatre aspirants.

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Éric Dussault

Le Soleil, Pascal Ratthé

Éric Dussault

> 41 ans

>  Père de deux filles de 6 et 10 ans

> Copropriétaire de l'entreprise familiale Freins Alco

Q Des gens d'affaires influents de Saint-Augustin sont sortis vendredi pour réclamer une «refusion». Qu'en pensez-vous?

R Ils en ont surpris une moyenne gang! Ça sort un peu comme une boîte à surprise. Ceci dit, je ne suis fermé à aucune idée. Au moment où on se parle, je suis pour conserver Saint-Augustin, mais si quelqu'un présente un projet à l'effet que Saint-Augustin est mieux de retourner avec Québec, je n'aurai pas le choix de le considérer. Mais comme élu, je ne pourrai pas prendre la décision seul. J'invite ces gens d'affaires, s'ils veulent me contacter, ça ne me dérange pas de m'asseoir avec eux. J'imagine qu'ils ne doivent pas avoir fait ça à peu près, j'estime que c'est très calculé. Si ces gens-là veulent présenter un projet, je m'engagerai à en faire part aux citoyens. Mais c'est un processus de plusieurs mois, ça va prendre des années.

Q Les finances de la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures ont été au coeur des enjeux ces dernières années avec les questions de quote-part et de hausses de taxes. Quelle solution proposez-vous?

R Moi, je veux apporter une gestion d'entreprise privée. Dans le privé, tous les détails comptent. Avec des sous, on fait des piasses, avec des 100 piasses, on fait des millions. Il n'y a pas de petite économie. Il faut des états financiers très clairs. À l'heure actuelle, c'est pas clair. Aussi, selon moi, un gel de taxes serait difficilement réalisable. Pour le développement, je crois beaucoup à un projet d'hôtel pour combler une partie du manque à gagner de 5 millions $ dans les ventes de terrains. Et il faut couper dans les dépenses de loisirs qui représentent 29 % du budget de proximité. Il faut vivre à la hauteur de nos moyens. Je n'irai pas à Walt Disney avec mes enfants si je ne suis pas capable de faire l'épicerie. Si on n'a pas les moyens de se les offrir. La qualité de vie à Saint-Augustin, elle est superbe avant même d'avoir des services. Les gens ne demandent pas à patiner 24 heures sur 24. Des fois, je trouve qu'on en donne plus que le client en demande.

Q Outre les finances, quelle est la principale raison qui vous incite à vouloir être maire de Saint-Augustin?

R Mes enfants, entre autres. On est bien à Saint-Augustin, je regarde les générations après moi. Il faut les garder, sinon ils vont partir. Les coûts vont finir par égorger les familles. Il ne faut pas que Saint-Augustin devienne une ville d'élite.

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Sylvain Juneau

Le Soleil, Pascal Ratthé

Sylvain Juneau

> 46 ans

> Père de quatre enfants de 12 à 18 ans

> Ingénieur civil

Q Des gens d'affaires influentsde Saint-Augustin sont sortis vendredi pour réclamer une «refusion». Qu'en pensez-vous?

R Je suis étonné et perplexe. Je trouve ça très intéressant que des gens d'affaires s'intéressent à la politique, mais je suis très étonné. Je ne suis pas capable de jauger si ces gens ont pris le pouls de la population. En 2017, il y aura des élections municipales générales. Si des gens sont intéressés à prôner cette avenue[...] ils auront la possibilité de présenter des équipes complètes. Il ne faut pas aller trop vite et plutôt voir à la lumière de ce qu'on pourra faire ces deux prochaines années. Une ville, lorsqu'elle est en crise, ne doit pas prendre une décision qui implique l'avenir. Prenons le temps.

Q Les finances de la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures ont été au coeur des enjeux ces dernières années avec les questions de quote-part et de hausses de taxes. Quelle solution proposez-vous?

R On a un problème difficilement soutenable pour une ville de notre envergure. Il faut continuer à mettre de la pression sur le ministère des Affaires municipales, c'est là que la solution réside. C'est lui qui décide du mode de répartition de la facture d'agglomération. Dans l'intervalle, il faut éviter le mirage du développement tous azimuts, car ça va nous couler. Il faut aussi arrêter de voir l'augmentation des dépenses comme une fatalité. Je veux diminuer les dépenses de proximité de 11 %, ce qui nous ramène à un budget qu'on avait en 2014 et on compense la hausse de la facture d'agglo. Quant au gel de taxes, je propose une mesure d'urgence pour redonner un peu d'oxygène aux citoyens et envoyer un message fort comme quoi on a repris le contrôle de nos finances. Ce n'est pas une promesse, c'est un objectif qui montre ma volonté de tout mettre en oeuvre pour stopper l'hémorragie. Je signifie mon intention de donner un coup de barre. Je veux qu'on arrête de dépenser à tour de bras.

Q Outre les finances, quelle est la principale raison qui vous incite à vouloir être maire de Saint-Augustin?

R Je veux brancher la gestion de la ville sur les préoccupations des citoyens et non sur celles des élus. Je connais le pouls de la population, autant du secteur centre que du secteur des Bocages, les deux grands secteurs de la municipalité. Un exemple où je dirais que les élus sont déconnectés est dans la congestion routière aux heures de pointe. On pourrait considérer la mise en place d'un système de voix réversibles soir et matin sur la route 138 entre l'intersection de la route Tessier à celle de Jean-Juneau et une partie de la rue de l'Hêtrière.

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Jean-François Dufour

Le Soleil, Pascal Ratthé

Jean-François Dufour

> 45 ans

> Père de deux filles de 15 et 17 ans

> Ex-militaire devenu spécialisteen planification stratégique

Q Des gens d'affaires influents deSaint-Augustin sont sortis vendredi pour réclamer une «refusion».Qu'en pensez-vous?

R Leur message a été immédiatement relayé publiquement par les ministres Moreau et Hamad. Il apparaît maintenant clair que l'actuelle structure d'agglomération est conçue afin d'obliger une refusion coûte que coûte. Si on oblige notre ville à se refusionner, on doit pouvoir choisir avec qui, et ce, en vue de conserver notre autonomie et d'assurer la pérennité de notre ville, a réagi M. Dufour par communiqué hier après-midi. Au besoin, on doit pouvoir se retirer de l'agglomération de Québec et rejoindre une autre organisation supramunicipale, où les deux parties pourront établir un partenariat gagnant-gagnant basé sur un respect réciproque. Je ferai le nécessaire pour régler une fois pour toutes la problématique qui nous étouffe. Nous pourrons ainsi développer notre ville à la hauteur de nos besoins, sans plus, à notre façon et en contrôlant une plus grande part de nos ressources financières.

Q Les finances de la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures ont été au coeur des enjeux ces dernières années avec les questions de quote-part et de hausses de taxes. Quelle solution proposez-vous?

R La capacité du conseil à travailler ensemble, c'est ça qui va faire qu'on va être capable de redresser les finances. Dans le budget de proximité, il faudra voir ce qu'il faut prioriser et l'échelonner. Il faut éliminer les achats non nécessaires. Je ne serai pas un constructeur d'infrastructures municipales. Il faut qu'on optimise ce qu'on a sinon ça va être destructeur pour la ville. Pour le développement résidentiel, il faut aussi que les terrains autorisant depuis 2012 des nouveaux développements jusqu'à 5000 nouvelles portes soient dézonés par l'agglomération. Le troisième point est l'agglomération. J'ai fondé 25pourcent.com, car je considérais que c'est l'agglomération qui nous freinait. Il faut qu'on reprenne notre place au conseil d'agglomération et qu'on continue à discuter avec le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.

Q Outre les finances, quelle est la principale raison qui vous incite à vouloir être maire de Saint-Augustin?

R Quand j'étais militaire, je pouvais moins m'impliquer par devoir de réserve. Quand je me suis installé à Saint-Augustin il y a cinq ans, j'ai découvert le bénévolat, et j'ai aimé ça. Il y a une satisfaction à voir qu'on peut faire une différence. En 2013, j'ai travaillé comme organisateur [de la campagne de Marcel Corriveau], ça me tentait de tenter l'expérience. Ç'a continué d'aiguiser mon intérêt, j'ai fondé 25pourcent.com. On a eu du succès avec cet organisme-là. Je l'ai quitté et ça continue. Ça démontre la pertinence. Je me posais la question pour me présenter en 2017. Les événements se sont précipités et je pense avoir quelque chose à offrir et la capacité de faire une différence.

Sylvie Asselin... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 5.0

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Sylvie Asselin

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Sylvie Asselin

> 44 ans

> Mère de deux enfants d'âge adulte

> Travaille en gestion urbaine et immobilière

Q Des gens d'affaires influents de Saint-Augustin sont sortis vendredi pour réclamer une «refusion».Qu'en pensez-vous?

R C'est surprenant à deux jours du vote par anticipation. On ne peut pas dire comme ça, bing bang, on se refusionne d'ici novembre! Cela dit, je comprends l'inquiétude des gens d'affaires, car elle est partagée par certains citoyens. Mais à l'heure actuelle, je maintiens le discours que j'ai eu depuis le début de la campagne: mon but est de mettre en place une structure avec un plan de redressement, d'ouvrir le dialogue. Je pense qu'il y a des solutions qui n'ont pas encore été testées. Mais bon, si advenant qu'on réalise après analyse que c'est la fusion qui devient le mieux pour les citoyens, il faudra que ce soit présenté clairement avec les deux scénarios. Mais si on fusionne, c'est sûr qu'on va garder notre dette, ce qui va nous donner une belle taxe de secteur.

Q Les finances de la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures ont été au coeur des enjeux ces dernières années avec les questions de quote-part et de hausses de taxes. Quelle solution proposez-vous?

R À Saint-Augustin, on ne cherche pas des milliers de dollars, mais des dizaines de millions. Il faut regarder où on en a et c'est dans notre immobilisation. Il faut rentabiliser le centre Jean-Marie Roy, regarder pour la cessation et la location d'immeubles. Dans le budget, ils ont planifié 5 millions $ de vente de terrains, ce qui est complètement farfelu parce qu'on a une moyenne de 2,5 millions $ par an depuis 2008 et à ce jour on a zéro terrain de vendu dans notre parc industriel. Il va falloir qu'on trouve un moyen de ramener les entreprises et de redorer le blason du parc. Il faut qu'on arrête de mettre l'argent de la vente de terrains du parc dans l'achat du beurre, mais qu'on le mette sur notre dette. Depuis 2008, on a 991 citoyens de plus, c'est à peu près 500payeurs de taxes de plus, mais on est passés de 25 millions $ de dette à 116 millions $. Venez pas me dire que notre dette était pour pallier les nouveaux payeurs de taxes, il faut que nos développements soient rentables.

Q Outre les finances, quel est la principale raison qui vous incite à vouloir être mairesse de Saint-Augustin?

R C'est de la conviction. Depuis 2012, j'ai pris goût à la politique. J'adore ça, je suis impliquée avec Groupe femmes, politique et démocratie, un beau réseau. Je veux aussi démontrer qu'on est capable de faire de la politique autrement. C'est pas vrai que la transparence administrative, ça n'existe pas dans une ville. Regardez à Gatineau avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin qui est un peu un de mes idoles. Il est très impliqué, il utilise les réseaux sociaux. Il a été capable de rallier les gens. Je dis soyons en mode solution, écoutons les gens. Moi, je ne me suis pas réveillée le 22 décembre avec la hausse de taxes. Ça fait trois ans que je veux changer les choses et démontrer qu'on peut faire les choses autrement.

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