Des entrepreneurs demandent la refusion de St-Augustin avec Québec

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C'est la dernière augmentation de 25 % du compte de taxes qui a incité Jean-François Dufresne (directeur général de Préverco), Denis Leclerc (président du Groupe Biscuits Leclerc), Louis Garneau (président et fondateur de Louis Garneau Sports), et Mario Guérin (pdg du Groupe EFC) à se concerter.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Puisque les aspirants à la mairie n'en soufflent pas mot, quatre dirigeants d'entreprises du parc industriel François-Leclerc de Saint-Augustin sortent de leur réserve habituelle pour réclamer le retour de Saint-Augustin dans le giron de la ville de Québec. Du moins, ils veulent lancer le débat en prévision de l'élection partielle à la mairie qui se tiendra le 7 juin.

«Personne n'a le courage de le dire. Nous autres, on a le courage de le dire», lance le président du Groupe Biscuits Leclerc, Denis Leclerc.

«Le débat sur la refusion avec Québec ne se fait pas et nous sommes déçus par la tournure des événements. Nous voulons donc mettre le dossier sur la table pour que ça fasse partie du débat électoral. Nous ne faisons pas de politique et nous n'avons pas l'intention d'en faire non plus, mais nous tenons absolument à ce que l'on commence à parler des vraies affaires.»

C'est la dernière et inattendue augmentation de 25 % du compte de taxes qui a incité Denis Leclerc, Louis Garneau (président et fondateur de Louis Garneau Sports), Jean-François Dufresne (directeur général de Preverco) et Mario Guérin (pdg du Groupe EFC) à passer à l'action. Ç'a été la goutte qui a fait déborder le vase et qui a démontré, selon les quatre entrepreneurs, que la défusion avec Québec est un échec pour Saint-Augustin.

«La structure actuelle est invivable. Il faut stopper l'hémorragie», martèle Jean-François Dufresne.

Les citoyens d'abord

Bien sûr, la majoration de la facture de taxes a fait mal aux entrepreneurs, mais pas autant qu'aux citoyens de Saint-Augustin dont plusieurs gagnent leur vie dans les entreprises du parc industriel François-Leclerc, suggère Louis Garneau.

«Y a-t-il quelqu'un qui pense aux contribuables?» demande Denis Leclerc dont l'entreprise paie 1,1 million $ par année en taxes municipales.

«Avec de la bonne volonté, il y a moyen de trouver une solution ou d'en venir en entente négociée, mais il faut que ça soit réglé pour le mois de novembre afin que tout le monde sache à quoi s'en tenir pour la prochaine année en matière de taxation municipale et éviter des majorations aussi inacceptables que celles que nous avons encaissées en 2014. Les parents doivent savoir s'ils auront encore les moyens d'envoyer leurs jeunes jouer au hockey ou faire du ballet.»

Tirer des cailloux

Ces dernières semaines, les entrepreneurs ont rencontré le ministre responsable de la région de Québec, Sam Hamad, celui des Affaires municipales, Pierre Moreau, le maire de Québec, Régis Labaume, ainsi que les autorités de la Ville de Saint-Augustin - «des gens qui ont démontré une grande ouverture d'esprit», signale Denis Leclerc - pour sonner la clochette d'alarme.

«Je suis sûr qu'il y a moyen d'en arriver à une entente négociée qui pourrait être intéressante pour tout le monde», insiste-t-il en refusant de jeter le blâme sur qui que ce soit pour expliquer les malheurs de Saint-Augustin. «Ça va prendre des compromis. Il va falloir arrêter de regarder en arrière. Il va falloir arrêter de se tirer des cailloux et trouver une solution pour le mois de novembre.»

Les dernières hausses de taxes ne mettent pas en péril la survie de Biscuits Leclerc, de Louis Garneau ou de Preverco. Par contre, les plus petites y goûtent. Le Groupe EFC, par exemple, a mis sur la glace des projets d'expansion. «Trop d'incertitude et trop d'instabilité», constate Mario Guérin.

«En payant plus de taxes, il nous reste moins d'argent pour développer de nouveaux produits ou pour recruter de nouveaux employés», conviennent Louis Garneau et Jean-François Dufresne.

Maintenant que leur message est passé, les quatre entrepreneurs retournent à leurs affaires en espérant que les politiciens saisiront la balle au bond.

Défusion: Louis Garneau constate que «ça n'a pas marché»

Adepte du small is beautiful, Louis Garneau était un partisan, en 2004, de la défusion de Saint-Augustin de Québec. Une dizaine d'années plus tard, il reconnaît que la reconstitution de la municipalité de 18000 habitants, «ça n'a pas marché».

«En affaires, il n'y a rien de pire qu'un dirigeant qui s'entête à poursuivre un projet qui, de toute évidence, ne marche pas», affirme l'ancien champion cycliste devenu homme d'affaires. «Et quand ça ne marche pas, il faut s'arrêter et corriger le tir rapidement.»

Louis Garneau estime que Saint-Augustin a vécu au-dessus de ses moyens ces dernières années. «Nous sommes trop endettés. Nous avons trop dépensé.»

Il signale, entre autres, l'aménagement du parc industriel, la construction d'une piscine olympique, de deux arénas et d'un auditorium. «Nous sommes peut-être allés trop loin et je pense que l'entente d'agglomération n'était pas parfaite. Tout ça a produit un cocktail explosif et des augmentations de taxes de 25% qui, avons-nous appris à travers les branches, auraient pu être plus élevées encore. Il est à espérer, maintenant, que des gens raisonnables vont trouver rapidement une solution.»

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