Aréna Jacques-Côté: «Le maire gonfle les chiffres», estiment des citoyens

Le Comité pour la sauvegarde de l'aréna Jacques-Côté... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Comité pour la sauvegarde de l'aréna Jacques-Côté estime que les «investissements réalistes» pour rénover l'édifice seraient d'environ 1 million $ pour la dalle de béton et les bandes, de 200 000 $ d'ici 2020 pour le système de réfrigération et d'un autre million de dollars pour rénover le chalet et l'aréna.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Alors que la Ville de Québec estime qu'il en coûterait 11,7 millions $ pour mettre à jour les installations de l'aréna Jacques-Côté, dans Sillery, un comité de citoyens avance plutôt que les travaux «nécessaires» seraient d'environ 2,2 millions $.

«Ce n'est pas compliqué, le maire gonfle les chiffres pour pouvoir justifier la démolition du bâtiment de bois massif qui n'a pas son pareil à Québec en termes d'histoire», affirme au Soleil Sébastien Thériault, porte-parole du Comité pour la sauvegarde de l'aréna Jacques-Côté. «C'est 3000 personnes qui veulent conserver l'aréna, mais le maire [Régis] Labeaume et un promoteur disent non...»

Rappelons qu'une pétition avec 3000 noms a été déposée au conseil municipal au début du mois de mai.

Pour M. Thériault, la Ville fait fausse route en autorisant la démolition de l'édifice construit en 1972. «Il y a des arénas qui se construisent neufs pour 5,5 millions $ à Québec», souligne-t-il, donnant comme exemple l'aréna à Boischatel [le complexe sportif Trane] qui a été construit en 2014 par le privé pour 5,5 millions $. «C'est surprenant qu'on parle de chiffre de rénovation à presque 12 millions $, alors que tu peux avoir un aréna neuf pour la moitié du prix...» s'interroge-t-il.

Selon le Comité pour la sauvegarde de l'aréna Jacques-Côté, qui a présenté ses chiffres samedi aux médias lors d'une conférence de presse, les «investissements réalistes» pour rénover l'édifice seraient d'environ 1 million $ pour la dalle de béton et les bandes, de 200 000 $ d'ici 2020 pour le système de réfrigération et finalement d'un autre million de dollars pour rénover le chalet et l'aréna. «On est loin du montant avancé par la Ville», relate M. Thériault.

«En bon état»

Pour le joueur de hockey, qui utilise toujours la patinoire, le calcul est simple pour la survie de l'édifice. «D'abord, il faut dire que l'aréna est encore en bon état. Plusieurs rénovations qui ont coûté des centaines de milliers de dollars ont été faites au cours des dernières années. Les entrées du chalet et de l'aréna ont été rénovées. Le restaurant a été rénové. Il y a une fournaise neuve au gaz naturel qui date de cinq ans. Les entrées d'eau sont neuves», énumère le porte-parole, qui espère toujours que la Ville revienne sur sa décision.

Maintenant pour les chiffres, «la Ville s'obstine à vouloir changer le système de réfrigération actuel pour un système à l'ammoniac. Ce sont des frais de 4 millions $. Ça n'a pas de bon sens. Aucune réglementation provinciale ou fédérale n'exige qu'un système de réfrigération dans un aréna soit à l'ammoniac. Environ 200 arénas au Québec ont le même système que celui de l'aréna Jacques-Côté. Ce qui peut être fait, c'est plutôt une mise à niveau du système actuel et ça coûterait 200 000 $. J'ai vérifié avec le manufacturier qui a installé lui-même le système en 2000», affirme M. Thériault

Pour la dalle de béton, «la Ville parle de 1,5 million $. C'est exagéré!» ajoute-t-il. «À l'aréna de Sainte-Foy, cela a coûté 1,2 million $ et il y avait un problème d'amiante. À l'aréna Patrick-Poulin [Vanier], ç'a coûté 900 000 $ pour la dalle et les bandes. Pour le chalet, la Ville avance des coûts de 3,6 millions. Elle souhaite le démolir pour en construire un nouveau. Les gens n'ont pas besoin de ça», conclut M. Thériault, avouant toutefois qu'il y a certains travaux à faire. «Un escalier doit être refait et des réparations sont aussi nécessaires pour certains murs. Ce qui représente environ 300 000 $. Pour l'aréna, les investissements réalistes sont d'environ 700 000 $.»

«Une job de beau-frère»

Joint par Le Soleil, le président de l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, Rémy Normand, a souligné ne pas vouloir s'embarquer dans une «guerre de chiffres». 

«On ne changera pas le plan de match», tranche M. Normand. «Je ne veux pas faire de comparaison, mais ç'a l'air du beau-frère qui s'offre pour faire des rénovations chez vous et qui vous dit que cela ne coûtera pas cher. Pour nos chiffres, nous nous appuyons sur les données que les spécialistes à la Ville nous ont faites.»

Questionné sur le pourquoi l'aréna de Boischatel a coûté 5,5 millions $ à construire et que la Ville parle de rénovations de 11,7 millions $ pour l'aréna Jacques-Côté, M. Normand n'avait pas de réponse claire à donner. «Je ne connais pas les chiffres de Boischatel. Je sais que des arénas ont été construits par le privé au cours des dernières années. Je ne veux pas débattre des chiffres. La démolition est prévue d'ici 2019 et c'est en fonction de ça qu'on travaille.»

Les libéraux se disent impuissants

Le gouvernement de Philippe Couillard affirme être impuissant par rapport à l'avenir de l'aréna Jacques-Côté, situé dans Sillery.

Le candidat du Parti libéral dans Jean-Talon, Sébastien Proulx, de passage au Marché public de Sainte-Foy hier en compagnie du premier ministre du Québec a répondu aux questions des médias concernant ses intentions par rapport à l'avenir de l'édifice qui a été condamné au pic des démolisseurs par la Ville de Québec.

«Dans le cas du domaine patrimonial de Sillery, c'est un enjeu qui est à la fois sous la responsabilité du gouvernement du Québec et du municipal. Dans l'autre dossier, qui est le cas de l'aréna, c'est un enjeu municipal», soutient l'avocat de formation. «Dans le cas des terrains patrimoniaux, ce qu'il faut se rappeler, c'est que ce sont de grands domaines qui doivent être protégés et préservés. [...] Aujourd'hui, il faut être capable d'accepter qu'il va y avoir, oui, des constructions, mais il faut que cela se fasse dans le respect.»

Pour l'aréna, «je suis un utilisateur. Mon garçon joue là quelques fois par année. J'aimerais ça être capable de continuer à y jouer. Toutefois, la réalité c'est que l'aréna n'est pas un bâtiment patrimonial. Le gouvernement du Québec n'a pas la responsabilité, ni même la juridiction pour pouvoir intervenir sur l'aréna et sa vocation. On ne peut pas prendre la décision à la place de la Ville. Là où le gouvernement pourrait intervenir, c'est, éventuellement, s'il n'y a plus d'aréna ou si on décide de construire à l'avant de l'aréna dans le stationnement ou dans le terrain vert qui se situe au nord», explique M. Proulx.

Écouter la population

Du côté de la candidate de Québec solidaire dans Jean-Talon, Amélie Boisvert, il faut écouter la population, qui souhaite conserver l'aréna Jacques-Côté. «Après avoir discuté avec des gens impliqués dans le comité pour sauver l'aréna, on se rend compte qu'on n'a pas besoin d'en faire un méga-aréna. On a juste besoin de le rendre aux normes. On dirait qu'on fait exprès pour gonfler les chiffres. Les citoyens sont très mécontents, car ils ont l'impression qu'on pourrait garder l'édifice, mais que la Ville ne le souhaite pas vraiment.»

Le programme particulier d'urbanisme prévoit la construction de 130 logements à la place de l'aréna Jacques-Côté.

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