Quartier des Constellations: après les sols affaissés, au tour du dynamitage

Depuis quelques semaines, le dynamitage a commencé dans... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Depuis quelques semaines, le dynamitage a commencé dans le quartier des Constellations et des citoyens sont inquiets de l'impact des secousses dans leur secteur au sol déjà fragile.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Nouvelle tuile pour des résidents du quartier des Constellations à Lévis. Déjà qu'ils sont depuis des années éprouvés par l'affaissement des sols, voilà que des épisodes de dynamitage dans une carrière située tout près viennent raviver bien des inquiétudes.

La carrière de la compagnie BML est dans le décor depuis 40 ans. Bien avant le développement de ce quartier de Saint-Jean-Chrysostome tristement célèbre depuis que ces dernières années, 300 maisons ont été touchées ou jugées à risque d'affaissement sous un sol argileux.

Mais depuis quelques semaines, voilà que le dynamitage a commencé et des citoyens sont inquiets de l'impact des secousses dans leur quartier au sol déjà fragile.

Quatre résidents ont porté plainte à la Ville de Lévis qui dit prendre les inquiétudes «très au sérieux» tout en collaborant avec BML.

«La BML est là depuis des années. Mais c'est une carrière qui faisait surtout de l'entreposage de matériaux. Mais là, c'est la première fois en 10 ans que ça dynamite», a relaté au Soleil Jean-François Labbé, résident de la rue de la Licorne, l'une des plus proches de la carrière avec les rues d'Orion et Cassiopée. Les habitants du secteur ont été avisés par BML de l'usage de dynamite.  «Ce ne sont que les plus proches et non pas tout le quartier», a toutefois tenu à nuancer M. Labbé dont la maison a été lourdement affectée par l'affaissement des sols. Il était d'ailleurs et est toujours le porte-parole de ceux qui ont entamé un recours collectif contre la Ville de Lévis en 2011 (voir autre texte). 

Il ne cache pas qu'il pensait avoir l'esprit un peu plus tranquille avant que n'arrivent les tracas du dynamitage à la mi-avril. «J'ai fait pieuter ma maison l'an passé. J'avais mis ça un peu derrière psychologiquement», a-t-il dit au Soleil

Sismographes

Mais il reprend en somme du service pour lui et ses concitoyens, dont Lucie qui a reçu des éclats de pierre à quelques mètres de sa clôture.

«Mon mari était dans le cabanon qui se trouve à quatre ou cinq pieds de la clôture. La roche est entrée dans la terre environ de 12 pouces. On se sent en danger», a-t-elle témoigné. Un représentant de BML s'est déplacé et a assuré à Lucie qu'ils «prendront davantage de précautions».

Pour l'instant, rien n'indique que le dynamitage de BML fragilise les sols ou fait la vie dure aux pieux installés ces derniers temps sous plusieurs maisons.

Reste que les impacts sont suivis de près. La compagnie a même placé des sismographes, dont un chez M. Labbé. «Ils l'ont mis sur mon balcon. Ils ont porté une attention particulière au chialeux», a-t-il lancé dans une pointe d'autodérision en allusion à sa prise de parole publique.

Ville «préoccupée»

À la Ville de Lévis, on se dit «préoccupés» et on promet qu'on «ne restera pas les bras croisés», a dit le directeur des communications à la Ville de Lévis, Christian Tanguay.

«Même si on pense qu'il n'y a pas de danger, on prend vraiment le dossier au sérieux. On partage l'inquiétude des citoyens. On va tout faire dans ce dossier-là, incluant l'embauche de nos propres experts», a-t-il indiqué. 

La Ville a rencontré des responsables de BML et devrait les revoir vendredi. «Il n'y a pas nécessairement de danger. Il faut rassurer la population là-dessus. Mais on est vraiment proactif, on le suit, le dossier», a martelé M. Tanguay.

Même son de cloche du côté du cabinet de Gilles Lehouillier où l'attaché de presse du maire, Florent Tanlet assure que M. Lehouillier et le conseiller du secteur touché, Jean-Pierre Bazinet, prennent le dossier au sérieux. «Le maire et le conseiller comprennent l'inquiétude des gens, on essaye d'être le plus proactifs», a-t-il dit.

Les dirigeants de BML n'ont pas rappelé Le Soleil jeudi.

Le recours collectif toujours vivant

Quatre ans après l'autorisation d'un recours collectif contre la Ville de Lévis, les citoyens du quartier des Constellations pourraient en avoir pour des années encore. «L'horizon n'est pas très réjouissant. Il faut être conscient que ça peut aller au moins jusqu'en 2017 ou 2018», a dit Jean-François Labbé, porte-parole des citoyens en litige avec la Ville de Lévis. Le recours collectif se base sur l'argumentaire que la municipalité n'aurait pas dû permettre de construction alors qu'elle savait, soutiennent les citoyens, que les sols étaient instables. Ce que réfute l'administration municipale.

Les deux parties auront une nouvelle rencontre le 2 juin pour discuter d'un éventuel règlement à l'amiable. Ce recours collectif n'a toutefois pas de lien avec les programmes de compensations de 1,4 million$ mis sur pieds par l'administration de Gilles Lehouillier. Ce programme, dont une deuxième phase est prévue, permettait le remboursement par la Ville et la Société d'habitation du Québec (SHQ) des deux tiers des travaux effectués pour solidifier les maisons touchées.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer