Crise à Sainte-Brigitte-de-Laval: la mairesse se vide le coeur

La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele, dénonce «l'inaction»... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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La mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval, Wanita Daniele, dénonce «l'inaction» des élus provinciaux alors que sa municipalité est en pleine crise après les révélations de l'existence d'une carte montrant que 300 maisons ont été construites dans une zone jugée à risque d'érosion.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Exaspérée d'être la cible «d'attaques» et déçue par le gouvernement, la mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval se vide le coeur. Wanita Daniele dénonce «l'inaction» des élus provinciaux alors que sa municipalité est en pleine crise après les révélations de l'existence d'une carte montrant que 300 maisons ont été construites dans une zone jugée à risque d'érosion.

«On a frappé aux portes, mais on n'a pas eu le soutien qu'on méritait», lance sans détour la mairesse en entrevue exclusive au Soleil. «On dirait qu'on a la lèpre et qu'on ne veut pas nous toucher», a illustré Mme Daniele dans la tourmente après la révélation d'une telle carte par Le Journal de Québec le 30 avril.

Même si elle martèle être convaincue que les citoyens de Sainte-Brigitte ne courent aucun danger, Mme Daniele aimerait pouvoir compter sur Québec pour aider sa municipalité à mener des analyses géotechniques et mettre à jour la carte qu'elle juge désuète. Elle est convaincue, par exemple, qu'on aurait pu lui offrir les services des experts des ministères des Ressources naturelles ou des Affaires municipales pour ces analyses visant à «rassurer les citoyens».

Or, selon la mairesse, c'est silence radio chez les élus provinciaux qui la laissent seule «réparer les pots cassés» de l'administration précédente.

«On dit qu'on veut nous aider, mais l'aide ne vient pas.» Elle fait notamment allusion aux propos du ministre responsable de la capitale, Sam Hamad. 

Or, Mme Daniele qualifie de «décevante» une rencontre cette semaine avec M. Hamad. «J'aurais aimé avoir une meilleure collaboration. Je trouve ça triste», dit celle qui estime que les échanges avec les députés sont teintés de «reproches», notamment quant au fait de ne pas avoir informé les citoyens avant la médiatisation de l'affaire (voir encadré).

Même chose pour le ministre des Affaires municipales. Mercredi, Pierre Moreau a estimé que la ville a «erré» en octroyant des permis sur des zones à risque. Il a aussi dit que le Commissaire aux plaintes examinait les liens entre

Mme Daniele et des promoteurs immobiliers qui ont obtenu des permis pour construire dans ces zones. La mairesse a répliqué en rendant publique sa déclaration d'intérêts pécuniaires montrant qu'elle a avisé la municipalité de ces liens à son arrivée en poste en novembre 2013.

Mais jeudi, elle ne digérait toujours pas les propos de M. Moreau. «Je le comprends, il fait sa job. Mais je déplore que quand on a eu besoin, on ne nous a pas tendu la main. Mais pour une plainte comme ça, là, on fait la une des médias.»

«On veut me faire craquer»

La grogne de la mairesse Wanita Daniele ne s'arrête pas aux élus du gouvernement. En entrevue, elle se dit «écoeurée pour les citoyens» d'être la cible d'attaques «politiques» des partisans de l'ancien directeur général, Gaétan Bussières. M. Bussières a été congédié dans un climat houleux en janvier et conteste son renvoi devant la Commission des relations du travail dont la dernière audience a eu lieu le

27 avril. Elle assure que la plupart des permis sur les constructions dans les zones à risque ont été signés avec l'ancienne administration. Avant qu'elle soit mairesse, mais aussi, assure-t-elle, avant qu'elle occupe le poste de directrice de l'aménagement d'août 2011 à avril 2012. «Des adversaires semblent vouloir ma peau, mais je rassure les citoyens, ils ne l'auront pas.»

«On a peut-être été mal conseillés»

«On a peut-être été mal conseillés.» Wanita Daniele estime que des messages contradictoires sur la stratégie à adopter l'ont peut-être fait prendre la mauvaise décision de ne pas informer la population de l'existence d'une carte de zone à risque d'érosion dans laquelle ont été bâties 300 maisons. 

«Peut-être qu'il aurait fallu qu'on le dise avant», a admis hier la mairesse de Sainte-Brigitte-de-Laval. L'administration a pris connaissance le 19 mars de cette carte jamais considérée depuis 2004. 

Or, la tourmente dans laquelle se retrouve la mairesse provient de la révélation de la situation par Le Journal de Québec le 30 avril. Certains lui proposaient d'attendre alors que d'autres, comme le député Raymond Bernier, ont conseillé d'opter pour la transparence. 

Avec le recul, Wanita Daniele croit qu'elle aurait pu prendre les devants et aviser les citoyens. D'un autre côté, elle dit encore aujourd'hui qu'elle aurait peut-être risqué de les inquiéter pour rien. 

«On ne voulait pas le sortir sans être sûrs qu'il n'y avait pas de danger pour les gens», a-t-elle justifié. Or, la municipalité n'aura pas eu le temps de mener les analyses nécessaires avant que la crise éclate. 

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