Palmarès des municipalités: pourquoi se comparer, au fait?

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Se comparer, dit le responsable du Palmarès des municipalités, Robert Gagné, permet aux villes de s'améliorer en instaurant une forme de saine émulation.

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(Québec) À l'heure où les municipalités québécoises prônent l'efficacité et la transparence, elles devraient se comparer encore plus entre elles, croit le responsable du Palmarès des municipalités, Robert Gagné.

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Score total au classement général

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Le chercheur des HEC estime aussi que Québec devrait suivre l'exemple de Montréal et joindre l'OMBI (Ontario Municipal Bench-marking Initiative) dans le but de comparer sa performance avec une trentaine de municipalités ontariennes et des villes canadiennes, dont Toronto, Calgary, Winnipeg et Ottawa.

Après la sortie du premier palmarès et l'élection de Denis Coderre en novembre 2013, Montréal s'est jointe à cette association dont les premiers résultats devraient sortir cet automne, explique M. Gagné.

«S'il y avait une autre belle retombée de notre palmarès en 2015, ce serait que Québec dise : "Nous aussi on embarque là-dedans"», lance M. Gagné. «Il n'y a rien qui empêcherait Québec d'être là. Les citoyens de Québec y gagneraient.»

200 indicateurs

Les rapports de l'OMBI se distinguent parce qu'ils analysent plus de 200 indicateurs. Au-delà des grands sujets comme les finances publiques, on y touche aussi le temps de traitement des plaintes, le coût d'émission d'un compte de taxes, le nombre d'espaces de stationnement au centre-ville, illustre M. Gagné. «On entre dans le détail.»

Se comparer, dit-il, permet aux villes de s'améliorer en instaurant une forme de saine émulation. 

Se soumettre à des recherches de ce type apparaît aussi d'autant plus cohérent à l'heure où les municipalités gagnent en importance, revendiquent plus d'autonomie et prônent la transparence et la diffusion de données ouvertes.

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Dépenses municipales totales par habitant (villes de 100 000 et plus)

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Comptabilité différente à Saint-Augustin et L'Ancienne-Lorette

Ça va mal pour Saint-Augustin-de-Desmaures qui enregistre le plus haut coût de dépenses d'administration par habitant de l'agglomération de Québec. La municipalité de 18 400 âmes se classe au 50e rang sur 52 des municipalités de même taille dans la province. Et au rang 749 sur 761 analysées au total. Croissance des dépenses : 222 %.

L'Ancienne-Lorette enregistre pour sa part une croissance des dépenses de 152 %, la reléguant au 49e rang sur 52.

Par le passé, ces deux municipalités défusionnées ont blâmé la quote-part à payer à Québec pour l'agglomération. 

Mais attention, précisent les chercheurs du Centre sur la productivité et la prospérité des HEC qui ont observé que ces statistiques cachent une dimension particulière des deux municipalités défusionnées de la région de Québec. Contrairement à leurs homologues des autres agglomérations, Saint-Augustin et L'Ancienne-Lorette comptabilisent leur quote-part dans la catégorie Administration générale, et non sous les activités correspondantes, par exemple les services de police. Cette spécificité, selon les chercheurs des HEC, fait en sorte que le score de ces deux villes devient beaucoup plus important qu'il ne le serait en réalité.

Le Groupe de recherche a d'ailleurs déjà fait part de cette façon de faire qui peut changer la donne, a précisé au Soleil le directeur adjoint du Centre sur la productivité et la prospérité, Jonathan Deslauriers.

«La réalité est que tu ne peux pas utiliser le score général dans le palmarès, car ils n'ont pas les mêmes standards. Si tout le monde mettait ses quotes-parts dans l'administration générale, tout le monde aurait des quotes-parts à 60 % du budget de la Ville, explique-t-il. Rendu là, toutes les municipalités reconstituées seraient dans le bas du classement», note l'économiste.

2891 $: endettement de Québec par tranche de 100 000$ de richesse foncière uniformisée (RFU)

La Ville de Québec est plus endettée que Montréal et Lévis avec 2891 $ contre respectivement 2354 $ et 2251$ d'endettement par tranche de 100 000 $ de richesse foncière uniformisée (RFU). De quoi? Oui, le calcul des HEC est complexe car il tient compte de la valeur des immeubles sur le territoire de la municipalité pour dresser le Palmarès des municipalités. Et au total, Robert Gagné dresse un constat sévère de l'endettement des municipalités qui se disent souvent prises à la gorge puisque leur principale, voire unique source de revenu est la taxation. «Contrôlez vos dépenses et vous ne serez pas toujours à courir après des revenus additionnels», lance le chercheur aux municipalités. «Elles ne contrôlent pas leurs dépenses!» En regardant les dépenses par habitant, il note qu'elles augmentent de 4,3 % par an alors que l'inflation «est à 1,8 %, le gouvernement du Québec est en bas de 4 %. «Leurs dépenses augmentent plus vite que tout le monde. Ça n'a pas de sens», conclut le chercheur.  Valérie Gaudreau

1er rang occupé par Durham-Sud dans le Palmarès des municipalités

Dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, les deux municipalités en tête du nouveau palmarès dressé par le Centre sur la productivité et la prospérité, HEC Montréal sont respectivement Saint-Gilbert et Val-Alain. Saint-Gilbert, une petite municipalité de 300 âmes, impressionne avec un score de - 35,1 %, ce qui lui permet de se classer 33e sur 761 au chapitre de la gestion. Dans la Chaudière-Appalaches, Val-Alain (959habitants) fait encore mieux en occupant rien de moins que le deuxième rang sur les 761municipalités analysées avec un score général de - 55,7 %. Dans toute la province, seule la municipalité de Durham-Sud, en Estrie, la devance avec un score de - 56,2 %, ce qui signifie que le coût de ses services est largement plus bas que la grande majorité des villes de même taille, dans ce cas-ci les petites municipalités de 1000habitants et moins.  

Méthodologie

Les données utilisées par le Centre sur la productivité et la prospérité de l'École des HEC pour dresser son palmarès annuel proviennent des rapports financiers de 2009 à 2013 fournis par les municipalités québécoises au ministère des Affaires municipales. Sur 1110 municipalités québécoises, 761 ont fourni des données suffisamment complètes pour être soumises à l'analyse. Ces villes touchent plus de 90 % de la population du Québec.

Les chercheurs de HEC ont analysé 12 indicateurs obtenus par le rapport entre le coût du service municipal et le coût moyen de ce même service dans les municipalités de même taille. Les indicateurs touchent par exemple le coût d'entretien du réseau d'aqueduc par kilomètre, le coût du déneigement par kilomètre de route ou encore le coût du service de collecte des matières recyclables par habitant. Un score positif indique que le coût du service municipal est plus élevé qu'en moyenne dans les villes de même taille. Un score négatif indique que le coût du service est plus faible qu'en moyenne dans le groupe de référence. La performance globale de la municipalité est établie à partir d'une moyenne pondérée des scores de chaque indicateur. 

  • Indicateurs de gestion retenus pour établir le score des municipalités
  • Coût de l'administration : dépenses totales de la Ville pour la gestion administrative par habitant
  • Voirie : coût d'entretien d'un kilomètre de voie routière
  • Déneigement : coût de déneigement d'un kilomètre de voie routière
  • Couverture policière : coût du service de police par habitant
  • Protection incendie : coût du service de protection incendie par tranche de 100 000 $ de richesse foncière uniformisée
  • Eaux usées : coût de traitement d'un mètre cube d'eaux usées
  • Égout : coût d'entretien du réseau d'égout par kilomètre
  • Eau potable : coût de traitement d'un mètre cube d'eau potable
  • Aqueduc : coût d'entretien du réseau d'aqueduc par kilomètre
  • Déchets : coût du service de collecte des déchets par habitant
  • Recyclage : coût du service de collecte des matières recyclables par habitant
  • Loisir et culture : coût du service de loisir et culture par habitant

Source : Centre sur la productivité et la prospérité HEC

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