Stationnement de surface de l'avenue Maguire: une «cicatrice» à cacher

Le conseiller municipal Paul Shoiry affirme que depuis... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le conseiller municipal Paul Shoiry affirme que depuis l'installation des parcomètres, il y a bientôt un an, les commerces de l'avenue Maguire ont perdu plusieurs clients. Il croit qu'enfouir le stationnement ne ferait qu'aggraver la désaffection.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Après quelques tentatives avortées, la Ville de Québec profite de l'inclusion de l'avenue Maguire dans le programme particulier d'urbanisme (PPU) de Sillery pour ajuster le zonage du stationnement de surface situé dans sa partie sud. La construction d'un immeuble de quatre étages sera permise à condition d'y greffer un stationnement souterrain et de prévoir de la verdure en devanture.

Le conseiller municipal Rémy Normand a été chargé du dossier par le maire Régis Labeaume. Il a formé un comité consultatif composé de deux membres de la société de développement commercial (SDC) locale, de deux membres du conseil de quartier, de trois citoyens ainsi que du conseiller municipal du quartier, Paul Shoiry.

Ce dernier n'a finalement pas participé aux discussions, car il n'était pas d'accord avec la prémisse voulant qu'il faille ériger un immeuble en lieu et place du stationnement, toujours très fréquenté.

«On ne peut pas garder une cicatrice comme ça en plein milieu de la rue Maguire. On peut s'assurer d'avoir des espaces de stationnement publics, mais d'une autre façon, tout en développant le site en question», plaide pour sa part Rémy Normand.

Si le projet de PPU est accepté, l'édifice envisagé fera place à des commerces au rez-de-chaussée - mais pas de restaurants, déjà nombreux dans le secteur - et à des condos aux étages. La vocation résidentielle est importante pour «animer l'artère commerciale», dit l'élu d'Équipe Labeaume.

La vente du terrain municipal sera assortie de deux obligations. La première, c'est d'aménager le même nombre de cases de stationnement à usage public que maintenant, soit 96. Malgré une gestion privée, la tarification devra être celle des parcomètres sur rue, assure M. Normand. La seconde obligation, c'est de conserver 7 % de la superficie en espaces verts, dont au moins 40 % devront être situés en façade.

La hauteur maximale de 15 mètres, ou 4 étages, a été établie en comparaison avec les bâtiments du secteur. La proposition de maisons en rangée a été rejetée, car l'administration Labeaume tient à la mixité des usages.

«C'est important que ça s'intègre bien dans la trame de Maguire», prévient Bernhardt Beaudry, directeur général de la SDC Maguire, rassuré par l'existence d'un plan d'implantation et d'intégration architectural. L'organisme appuie le projet à condition qu'il soit écrit noir sur blanc qu'il y aura autant de cases de stationnement que maintenant.

À l'été 2013, citoyens et commerçants s'étaient opposés au changement de zonage du stationnement coincé entre la caserne de pompiers et le complexe Le Beaubourg parce qu'ils considéraient que les problèmes de stationnement du secteur ne seraient pas réglés, voire seraient amplifiés.

Le projet, mis de côté, a été rapidement ressuscité par le candidat local d'Équipe Labeaume, Robert Dinan, aux élections de novembre. Ce dernier se disait persuadé de pouvoir inclure au moins 125 cases de stationnement, peut-être même 200, au lieu des 96 actuelles. Mais l'avocat s'est incliné devant Paul Shoiry, ex-maire de Sillery, qui effectuait un retour à la politique.

La résistance s'amenuise

Qu'est-ce qui justifierait l'adhésion maintenant? «Ça s'appelle des parcomètres», répond du tac au tac Rémy Normand. À son avis, la principale crainte de l'époque était de voir apparaître des parcomètres. Maintenant que c'est fait, la résistance s'amenuise.

Pour Paul Shoiry, rencontré sur les lieux, c'est plutôt là le coeur du problème. Depuis l'installation des parcomètres, il y a bientôt un an, il affirme que les commerces ont perdu plusieurs clients. Enfouir le stationnement ne ferait qu'aggraver la désaffection, selon lui. «C'est pas que les gens ont pas les moyens de mettre un dollar ou deux dans le parcomètre, mais ça les tanne», constate celui qui est aussi résident du secteur.

M. Shoiry croit que les citoyens de Sillery ne sont pas ennuyés par le stationnement et qu'au contraire, ils le trouvent fort pratique. Il accuse la Ville de ne penser qu'aux revenus de taxes. «Je suis encore surpris de la façon dont l'administration Labeaume essaie de solutionner des problèmes qui n'existent pas», dit-il.

Enfin, l'élu de Démocratie Québec accuse le parti au pouvoir d'utiliser le PPU comme «moyen détourné pour éviter que les citoyens aillent s'exprimer». Il est convaincu qu'un référendum sur le sujet, impossible quand une modification de zonage fait partie d'un PPU, aurait entraîné le rejet du projet cher au maire Labeaume.

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