L'art public prend son envol dans la capitale

L'oeuvre L'envolée de Helga Schlitter a été installée... (Photo Ville de Québec)

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L'oeuvre L'envolée de Helga Schlitter a été installée mardi sur le belvédère du parc de Saint-Sacrement. La sculpture composée de sept tiges courbées d'environ 4 m de long vise à souligner le 50e anniversaire du Centre des loisirs Saint-Sacrement. Sa réalisation a coûté 40 000 $, dont la moitié vient du ministère de la Culture et de la Ville de Québec, et 20 000 $ du Centre des loisirs Saint-Sacrement et de divers investisseurs et citoyens.

Photo Ville de Québec

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(Québec) L'art public a explosé à Québec. Alors que l'administration Labeaume souhaitait ajouter d'ici 2020 quelque 35 oeuvres financées en tout ou en partie par des fonds municipaux, voilà que l'objectif est déjà atteint... en deux ans.

«On a atteint notre objectif. Mais je pense qu'on avait aussi un peu de rattrapage à faire», a commenté l'élue responsable du dossier à la Ville de Québec, Julie Lemieux.

«Ça ne veut pas dire que les investissements seront au même rythme jusqu'en 2020», a avancé en entrevue celle qui a lancé la Vision de l'art public en mai 2013. 

Elle souhaitait alors faire passer de 125 à 160 le nombre d'oeuvres d'art de propriété municipale un peu partout dans les arrondissements, une hausse de 28 %.

Or, une compilation obtenue par Le Soleil montre que depuis, 22 oeuvres ont été ou seront installées en 2015 alors que quatre concours aux artistes seront lancés sous peu. Huit autres oeuvres sont prévues pour 2016 et 2017. Total : 34 sculptures, murales, oeuvres numériques ou installations «amènent du beau» devant les immeubles, dans les parcs ou les places publiques. 

Et ce, pas seulement dans le Vieux-Québec, se réjouit particulièrement Mme Lemieux.

«On avait déjà beaucoup d'oeuvres d'art, mais beaucoup étaient concentrées au centre-ville. Là, on éclate vraiment l'art public partout, sur tout le territoire», a-t-elle souligné. «Les gens des banlieues méritent aussi qu'on embellisse leur décor et leur quotidien avec des oeuvres d'art.»

Moins de «tollés»

Ce décloisonnement des oeuvres vers les arrondissements, croit la conseillère, contribue aussi à rendre les investissements de deniers publics dans l'art mieux acceptés par la population. Un sujet parfois «délicat» et critiqué.  

«Avant, chaque fois qu'on annonçait une oeuvre d'art, ça soulevait un tollé. Mais là, en général, je pense que les gens voient l'intérêt et commencent à trouver ça normal. On sent une adhésion», a poursuivi l'élue. Elle rappelle que l'art public est souvent ce qui nous marque lors de voyages à l'étranger. Barcelone, Chicago ou Calgary se distinguent par leurs investissements dans des oeuvres souvent étonnantes.

Les oeuvres installées à Québec sont aussi diversifiées, note Mme Lemieux. Certaines, dit-elle, sont plus conventionnelles ou consensuelles alors que d'autres, comme L'eau sur le feu... de l'audacieux duo d'artiste Cooke-Sasseville qui sera installée cet automne à Beauport, promettent d'être plus surprenantes.

D'autres, encore inconnues, suscitent déjà la curiosité. Au premier chef, celle qui sera éventuellement installée sur la place publique devant l'amphithéâtre, lieu névralgique s'il en est un (voir encadré).

Avec toutes ces nouvelles oeuvres installées ou à venir, la Ville publiera bientôt, vraisemblablement en juin, une mise à jour du document gratuit L'art public à Québec qui compile et présente les oeuvres dans la capitale.

L'administration Labeaume finance aussi l'art plus éphémère avec le retour annoncé des Passages insolites dans le Vieux-Port. Les élus ont entériné en février une subvention de 325 000 $ à l'organisme EXMURO arts publics pour l'organisation de cette exposition à ciel ouvert présentée du 2 juillet au 2 novembre. 

«On a livré», se félicite Julie Lemieux. «Non seulement en termes de nombre, mais aussi en termes de qualité et de promotion de l'art public.»

Le privé traîne de la patte

Si les oeuvres d'art financées par des fonds publics se multiplient, l'appel lancé en 2013 par le maire Régis Labeaume aux promoteurs privés a peiné à être entendu.

L'un des objectifs de la Vision de l'art public était en effet de convaincre les propriétaires d'immeubles d'inclure des oeuvres d'art autour de leurs constructions. Or, sauf des exceptions notables, comme Michel Dallaire, la réponse déçoit, admet la conseillère responsable de la culture, Julie Lemieux.

«La fondation Dallaire a fait un grand pas avec l'oeuvre des Soeurs de la Charité qui sera installée sur le terre-plein de l'autoroute Dufferin-Montmorency. Il a été l'un des premiers à le faire», a dit Mme Lemieux à propos d'un bronze de l'artiste Jules LaSalle dans lequel l'entreprise Groupe Dallaire a investi 300 000 $. Un concours a aussi été lancé pour l'édifice Jules-Dallaire. «D'autres le font aussi et ils ne sont pas nécessairement tous annoncés», nuance toutefois la conseillère. «Mais il reste encore du travail à faire. On aimerait une réponse plus forte», a-t-elle admis. «Si on avait à mettre plus d'efforts sur un des aspects élaborés dans la Vision, ce serait celui-là.» 

Investissement en oeuvres d'art (2013-2017) 

Ville de Québec : 489 225$

Ville de Québec et Ministère de la culture (en vertu de l'Entente sur le développement culturel): 1 397 950$

Gouvernement du Québec (en vertu de la politique du 1% d'intégration des arts à l'architecture): 647 635$ * 

Total: 2 534 810$

* N'inclut pas le 1,2 million$ pour l'oeuvre d'art extérieure pour l'amphithéâtre.

Source: Ville de Québec

Cinq oeuvres à signaler

La mêlée de Florent Cousineau au Centre communautaire Lebourgneuf... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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La mêlée de Florent Cousineau au Centre communautaire Lebourgneuf

Photothèque Le Soleil

La ludique

La mêlée de Florent Cousineau au Centre communautaire Lebourgneuf a tout pour faire honneur au mouvement, au jeu et à la vie qui règnent dans un centre communautaire. Installés sur le bâtiment récemment agrandi, ces tubes lumineux en acier inoxydable rappellent le jeu Mikado, d'où l'artiste a puisé son inspiration. La mêlée est située sur la façade sud-ouest du complexe du 1650, boulevard La Morille. Coût : 69 000 $

De l'eau sur le feu... de Cooke-Sasseville promet... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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De l'eau sur le feu... de Cooke-Sasseville promet de susciter la curiosité lors de son installation à la place Saint-Thomas-de-Villeneuve de Beauport. 

Photothèque Le Soleil

L'audacieuse

De l'eau sur le feu... de Cooke-Sasseville promet de susciter la curiosité lors de son installation à la place Saint-Thomas-de-Villeneuve de Beauport. On a bien hâte de voir ce travail où Jean-François Cooke et Pierre Sasseville, un duo qui a conçu une dizaine d'oeuvres d'art public au Québec, proposent leur interprétation colorée de deux sculptures légendaires : Le penseur de Rodin et Le discobole. Installation à l'automne. Coût : 40 000 $

 

Le grand bleu du Nord de Jonathan Villeneuve... (Photothèque Le Soleil) - image 6.0

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Le grand bleu du Nord de Jonathan Villeneuve promet d'attirer l'attention dans le hall de l'amphithéâtre qui ouvre en septembre.

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La très attendue

Le grand bleu du Nord de Jonathan Villeneuve promet d'attirer l'attention dans le hall de l'amphithéâtre qui ouvre en septembre. Présentée sur maquette à la presse en octobre, la gigantesque murale numérique inspirée par l'hiver québécois sera composée de 5120 capsules à éclairage DEL réparties sur 372 mètres carrés. Le tout formera un énorme écran évoquant la neige et la glace en constant mouvement. Coût : 398 635 $

Le roi du fleuve de Luce Pelletier... (Photothèque Le Soleil) - image 7.0

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Le roi du fleuve de Luce Pelletier

Photothèque Le Soleil

La préférée de Julie Lemieux

Le roi du fleuve de Luce Pelletier. La conseillère responsable de la culture, Julie Lemieux, aime toutes les oeuvres d'art public, mais lorsque questionnée par Le Soleil, elle a admis avoir un penchant pour cette pièce installée en juin dernier dans le parc John-Munn de Saint-Roch. L'élue apprécie avant tout la fonction de cette oeuvre qui vise à faire découvrir ce parc méconnu au coin des rues Saint-Dominique, Prince-Édouard et de la Reine. «C'est un bel exemple d'intégration dans un parc à côté duquel on passait sans le remarquer. L'oeuvre d'art lui donne une présence dans la ville. Ça donne envie d'aller dans ce parc.» Coût : 70 000 $

Quelle oeuvre d'art sera installée sur la place... (Photo Shutterstock, Nobelus) - image 8.0

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Quelle oeuvre d'art sera installée sur la place publique devant l'amphithéâtre? Chose certaine, on ne risque pas de manquer cette pièce que l'on souhaite déjà «monumentale», tel que noté dans le rapport Gélinas sur l'avenir d'ExpoCité. 

Photo Shutterstock, Nobelus

La mystérieuse

Quelle oeuvre d'art sera installée sur la place publique devant l'amphithéâtre? Chose certaine, on ne risque pas de manquer cette pièce que l'on souhaite déjà «monumentale», tel que noté dans le rapport Gélinas sur l'avenir d'ExpoCité rendu public le 20 avril. Le groupe de travail recommande que la pièce devienne un véritable symbole, un peu comme Cloud Gate, la fameuse bean en miroir dans le Millenium Park à Chicago. Le concours pour cette oeuvre au budget jamais vu à Québec - 1,2 million $ - sera lancé à l'automne par le ministère de la Culture. Un comité composé d'architectes, de représentants du gouvernement et de la Ville travaille déjà depuis des mois à préparer l'appel de projets aux artistes. Coût : 1,2 million $ 

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