Fort Numéro-Un de Lévis: une cure de jeunesse s'impose

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La semaine dernière, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que 5,5 millions $ seraient investis entre 2016 et 2018 pour réaliser d'importants travaux au fort Numéro-Un de Lévis.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le fort Numéro-Un de Lévis a besoin d'une sérieuse cure de jeunesse. Selon un rapport de Parcs Canada datant de 2011 sur l'état du lieu historique, 85 % de ses murs doivent subir des travaux d'entretien dont l'essentiel sont jugés prioritaires. À l'époque, la facture s'élevait à 47 millions $.

Quatre ans plus tard, Ottawa a investi moins de 13 % de cette somme.

De passage à Saint-Apollinaire la semaine dernière, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que son gouvernement injectait 5,5 millions $ pour des travaux qui devraient être réalisés au site du fort Numéro-Un de Lévis entre 2016 et 2018.

Ce montant s'ajoute aux 510000 $ qui ont été mis sur la structure depuis 2011, année de la dernière inspection des lieux réalisée par Charles Dubois, inspecteur stagiaire mandaté par Parcs Canada. Des 47 millions $ nécessaires «pour maintenir et remettre en état le lieu historique», environ 13 % des fonds ont été débloqués en date d'aujourd'hui.

Pourtant, M. Dubois indique clairement dans son évaluation obtenue par Le Soleil en vertu de la Loi sur l'accès à l'information qu'en «ne priorisant que les éléments de priorité 1», 39millions$ (83 % du total) sont nécessaires «pour en réaliser une partie significative». Selon les critères établis dans le document, la priorité 1 correspond à une intervention à court terme dont le délai doit être de 12 à 24mois.

«Est-ce assez? Si je répondais oui, je mentirais», admet le directeur de l'unité de gestion de Québec chez Parcs Canada, Hugues Michaud. Selon lui, le montant promis par le premier ministre le 27 mars dernier représente néanmoins une «excellente nouvelle» et pour une infrastructure historique de cette ampleur.

Joints et murs à refaire

L'inspection révèle que 37 % de la surface des murs du fort Numéro-Un de Lévis doit être rejointée, tandis que 47 % de celle-ci doit être démontée et remontée, pour un total de 85 %. «Suite à ce relevé, nous vous suggérons d'évaluer la situation en lien avec votre politique de gestion des risques afin de prendre, éventuellement, des mesures pour diminuer les risques de chute de pierres ainsi que des blessures associées à des mouvements importants ou éboulis des murs», écrit l'inspecteur dans son résumé exécutif.

Les sections les plus critiques des murs sont identifiées selon le pourcentage de dégradation des joints et la proportion de remontage nécessaire. Dans certains cas, jusqu'à 75 % des murs doivent être refaits, tandis qu'ailleurs, 60 % des joints sont dégradés.

Charles Dubois signale qu'en analysant les résultats de son inspection et celle réalisée en 2003, «on s'aperçoit que les murs ayant un grand besoin de rejointement doivent maintenant être démontés et remontés en grande partie. Cela met bien en évidence le fait que les murs doivent être rejointés dans des délais acceptables dès que la quantité de joints évidés compromet l'étanchéité du mur».

M. Michaud refuse catégoriquement de qualifier l'état du lieu historique de «critique». «Ce n'est pas un état critique, c'est un état qui nécessite d'importantes restaurations», précise le directeur régional qui fait remarquer que le fort Numéro-Un de Lévis «restauré à 100 % et en état A1» n'a pas d'égal au pays.

«Quatre-vingt-cinq pour cent des murs doivent avoir une intervention, est-ce que ça empêche les visiteurs d'en profiter? Pas du tout! Est-ce qu'il y a des éléments dangereux? Pas du tout!» renchérit le gestionnaire. Il assure également que lorsqu'un «enjeu» se présente, une clôture est installée bien que cela ne soit pas agréable pour le public.

Le 3 juillet 2011, le fort avait reçu... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le 3 juillet 2011, le fort avait reçu la visite du prince William et de Kate Middleton.

Photothèque Le Soleil

Forts peu utilisés

Construit entre 1865 et 1872, le fort Numéro-Un de Lévis, comme ses frères numéros Deux et Trois, n'a jamais servi.

Ou du moins, il n'a pas été utilisé militairement afin de protéger Québec contre une invasion américaine. Celle-ci n'a jamais eu lieu en raison d'un accord diplomatique survenu entre Londres et les États-Unis, le traité de Washington signé en 1871.

La même année, les troupes britanniques qui avaient construit le système défensif sur la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent quittent la région. Du coup, les fortifications deviennent un lieu d'entraînement pour l'école d'artillerie de l'armée canadienne.

Parcs Canada avance que pendant la Première Guerre mondiale, le fort Numéro-Un aurait même servi d'entrepôt de munitions et lieu de casernement pour les militaires s'apprêtant à traverser l'Atlantique pour prendre part au conflit. Par la suite, il aurait continué à servir d'entrepôt avant d'être désigné site historique par Ottawa.

Les autres forts ont connu un destin un peu moins heureux. Le fort Numéro-Deux a été remblayé en 1963 avant de réapparaître en 2012 lors de l'affaissement d'une partie du stationnement du siège social de Desjardins sous lequel reposent ses vestiges. S'il est impossible de les visiter à pied, les curieux peuvent néanmoins visionner ses images rendues publiques dans une vidéo YouTube publiée par la Ville de Lévis.

Le propriétaire du fort Numéro-Trois, ou du moins de ce qu'il en reste souhaite qu'il soit rasé. Le terrain sur lequel il est situé a hébergé une cimenterie qui est à l'abandon depuis longtemps. André Fortin, promoteur de l'entreprise Imafa, veut valoriser sa propriété et a même déposé une demande de démolition.

Le Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu croit que Lévis errait en permettant la destruction du lieu qui revêt, selon lui, une importance historique. Il plaide en faveur de la valorisation de l'endroit.

Les rénovations importantes au fort Numéro-Un de Lévis

  • 1988-1989 : le flanc gauche du fort est reconstruit
  • 2009 : la façade du fort ainsi que le mur sous les deux escaliers sont restaurés au complet
  • 2011 : réfection des casemates et nouvel accès par la route 132
Source : rapport d'inspection du fort Numéro-Un de Lévis de Parcs Canada (2011)

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