Saint-Augustin: le maire Marcel Corriveau remet sa démission

«J'ai mis mes tripes sur la table, j'ai... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

«J'ai mis mes tripes sur la table, j'ai donné le meilleur de moi-même.» Des sanglots dans la voix, le maire Marcel Corriveau a annoncé qu'il remettait sa démission, puisqu'il n'a plus l'énergie et la force de continuer.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Les yeux rougis, le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau, a annoncé mercredi qu'il se retirait de la vie politique.

«J'ai mis mes tripes sur la table, j'ai donné le meilleur de moi-même.» Des sanglots dans la voix, le maire Marcel Corriveau a annoncé qu'il remettait sa démission, puisqu'il n'a plus l'énergie et la force de continuer. «Je quitte épuisé parce que mon corps ne suit plus.» Les turbulences des dernières semaines avec l'agglomération n'y sont pour rien dans sa décision, a-t-il soutenu.

«J'ai porté le dossier de l'agglomération à bout de bras. J'aurais voulu participer à l'écriture du dernier chapitre, mais la vie en aura voulu autrement.»

Au repos depuis un malaise subi pendant le temps des Fêtes, l'homme politique de 65 ans, entouré des conseillers municipaux de Saint-Augustin, a livré son testament politique dans une longue déclaration, dans laquelle on sentait une certaine amertume, et à la suite de laquelle il n'a répondu à aucune question des journalistes. 

Avocat de formation, M. Corriveau a été maire de Saint-Augustin de 1997 à 2001, et de 2006 à mercredi. Il avait été réélu sans opposition aux élections municipales de novembre 2013.

Le maire a continué de marteler que l'agglomération est la principale responsable des problèmes financiers de Saint-Augustin. Il demande aux citoyens fâchés par la hausse de 25 % des taxes municipales de «canaliser leur énergie au bon endroit». 

M. Corriveau est en effet revenu sur la fameuse rencontre qui a eu lieu avec le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, la semaine dernière et au terme de laquelle le ministre avait annoncé que son ministère viendrait en aide à la municipalité défusionnée pour gérer ses dépenses de proximité qui ont crû considérablement au cours des dernières années. Il avait aussi décrété que ce sont les dépenses locales qui sont principalement responsables de la hausse fulgurante de 25 % de la taxe foncière annoncée en décembre. 

Marcel Corriveau a blâmé les médias pour avoir mal rapporté la teneur des discussions avec le ministre. Celle-ci a porté non pas sur les problèmes de Saint-Augustin, mais sur ceux de l'agglomération, a-t-il soutenu. «Ce sont les dépenses d'agglomération, pas celles de Saint-Augustin, qui seront passées au peigne fin.»

La bataille judiciaire pour faire réduire la quote-part payée par Saint-Augustin et L'Ancienne-Lorette doit donc se poursuivre, selon lui. «Un jour, justice sera rendue.» Et si le ministre refuse pour le moment que Saint-Augustin quitte l'agglomération et se joigne à la MRC de Portneuf, M. Corriveau est convaincu qu'«il arrivera à la même conclusion que nous».

Le maire a énoncé un regret : celui d'avoir accepté que ses citoyens ne reçoivent qu'un seul compte de taxes.

Il a décoché quelques flèches à la Ville de Québec, qu'il accuse de «mépriser» les villes défusionnées et de faire «diversion» dans le dossier pour masquer sa gestion déficiente. Mais à Régis Labeaume, il a adressé ces quelques mots : «Je n'alimente aucune rancoeur à votre égard. Vous veillez aux intérêts de votre ville, comme je veille aux intérêts de la mienne.»

Il a salué le ministre Sam Hamad, les employés de la Ville, les conseillers et les citoyens de Saint-Augustin. Mais surtout sa femme, Josée, ses deux filles, et sa famille. «Je rentre à la maison m'occuper de vous et un peu de moi», a-t-il lancé avant de quitter la salle.

Il y aura élection partielle dans les prochaines semaines, puisque la démission de M. Corriveau survient plus de 12 mois avant la date du prochain scrutin.

De New York où il se trouvait en mission mercredi, le maire de Québec a préféré ne pas réagir pour l'instant au départ de Marcel Corriveau, a indiqué par courriel au Soleil l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin.  Avec Valérie Gaudreau

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer