Saint-Augustin en grande partie responsable de son malheur, tranche Moreau

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Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau a annoncé que Saint-Augustin- de-Desmaures recevra très rapidement l'aide du Ministère pour gérer ses dépenses. Mais il n'est «pas du tout» question de tutelle, a-t-il souligné.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Saint-Augustin-de-Desmaures est la principale responsable de la hausse vertigineuse des taxes foncières de ses citoyens, a tranché le ministre des Affaires municipales. Ce sont ses dépenses locales, et non la facture d'agglomération, qui sont à critiquer. La Ville obtiendra maintenant l'aide du Ministère pour gérer ses dépenses afin d'éviter que les taxes ne subissent un autre bond en 2016.

«Quand on analyse les chiffres, on dit à Saint-Augustin : "Regardez. La croissance des dépenses locales fait en sorte que c'est là que se situe la partie la plus importante qui justifie l'augmentation globale de vos taxes à Saint-Augustin."»

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a été clair au terme d'une journée de rencontres avec les maires de l'agglomération, Régis Labeaume, Marcel Corriveau, sorti de sa convalescence spécialement pour l'occasion, et Émile Loranger. Saint-Augustin ne peut pas blâmer l'agglomération pour justifier la hausse de 25 % des taxes qu'elle a imposée aux citoyens. Le poids des dépenses d'agglomération dans le budget de la municipalité, soit 47 %, est même légèrement inférieur à la moyenne québécoise des autres agglomérations, a expliqué M. Moreau.

Saint-Augustin a dépensé sans tenir compte de la hausse prévue de la facture d'agglomération, a soutenu le ministre. Celle-ci dresse les coûts des services et équipements qui sont partagés entre les trois villes comme les pompiers, la police et le transport en commun. «Ce n'est pas une question de laxisme. Ma compréhension, c'est que la croissance des dépenses locales a été faite à Saint-Augustin en prenant des décisions alors qu'ils ne voyaient pas qu'il y aurait une croissance des dépenses d'agglomération. Alors la combinaison des deux fait en sorte qu'il y a un impact important.»

Aide du Ministère

La Ville recevra très rapidement l'aide du Ministère pour gérer ses dépenses. «On ne veut pas qu'il y ait un impact sur le prochain compte de taxes.» Le Ministère passera au peigne fin les dépenses pour voir ce qui a justifié l'augmentation des taxes et si on peut en faire un meilleur contrôle. Il étudiera la possibilité d'étaler dans le temps certaines obligations de la Ville. Mais il n'est «pas du tout» question de tutelle, a souligné Pierre Moreau.

Quant au rôle de Québec dans l'agglomération, il sera légèrement revu, pour que la ville centre «ne soit plus juge et partie» dans l'établissement du budget et de la quote-part d'agglomération. «Si c'est Québec qui dresse la facture, il faut qu'il y ait un mécanisme impartial et transparent qui permette aux autres villes de voir comment la facture est composée.»

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a plus tôt dans la journée montré une ouverture à revoir les règles qui régissent l'agglomération, mais pas avant que Saint-Augustin n'ait fait le ménage dans ses finances. 

«J'ai dit au ministre qu'on est prêt à collaborer. Sauf que la barrière à l'entrée actuellement, c'est l'état très, très problématique des finances de Saint-Augustin. Il y a un tunnel et on n'est pas capable de voir la lumière au bout du tunnel.»

M. Labeaume s'est dit inquiet pour les contribuables de la municipalité voisine. «La question qu'il faut se poser c'est : quel est l'avenir des payeurs de taxes de Saint-Augustin. Ils s'en vont où avec cette dette-là et avec cette administration-là?» La dette de la municipalité a bondi au cours des dernières années pour se chiffrer à 113 millions $ sur un budget de 54 millions $. 

Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, a paru plus optimiste, à sa sortie de sa rencontre avec M. Moreau. Il a applaudi la volonté de revoir le rôle des villes. «Il faut trouver une façon de faire en sorte qu'on puisse avoir une certaine indépendance.»

Avec une redéfinition des rôles et une plus grande transparence dans l'élaboration du budget de l'agglomération, M. Loranger espère que la quote-part de sa ville diminuera. «C'est l'objectif que je vise. Étant donné que la facture actuelle est trop élevée, tout ce qui viserait à ne pas baisser ça, ça ne m'intéresse pas. Le but, c'est ça.»

Des élections réclamées

«Je suis crinquée ce soir, je n'en reviens pas!» De toute évidence choquée de voir Saint-Augustin demander l'aide au gouvernement provincial pour assainir ses finances, Sylvie Asselin, à la tête du mouvement citoyen SOS St-Augustin, réclame ni plus ni moins que des élections.

Selon elle, les élus de Saint-Augustin, le maire en tête, ont menti conseil municipal après conseil municipal, refusant de dévoiler le réel état des finances publiques de la municipalité. «Ça fait depuis le 18 janvier qu'on réclame une séance d'information sur nos finances. Là on vient de nous dire qu'on est presque en faillite!? [...] Je me sens manipulée, comme combien de gens de Saint-Augustin», a-t-elle vociféré. Mme Asselin, qui est ouvertement intéressée par un poste au conseil municipal, a perdu toute confiance envers les élus en place. Selon elle, tout ce qui a été dit en séances publiques ces derniers mois «ne vaut plus rien» au regard des déclarations du ministre Moreau, jeudi.  David Rémillard

La quote-part, martèle Saint-Augustin

Même si le ministre Pierre Moreau a attribué la récente hausse de taxes de 25 % des Augustinois aux dépenses locales de la municipalité, l'administration du maire Marcel Corriveau continue de marteler l'argument de la quote-part pour se justifier. «Il faut regarder l'historique, pas seulement la dernière année» a soutenu France Hamel, mairesse suppléante de Saint-Augustin, jointe par Le Soleil en soirée.

«La quote-part a augmenté de 111 % depuis 2008, a-t-elle répété. On a essayé de ne pas refiler la facture aux citoyens. On l'a toujours dit qu'on finirait par frapper un mur.» Elle a qualifié «d'abusive» la quote-part «fixée arbitrairement par la Ville de Québec». Quant à M. Corriveau, qui est sorti de son congé de maladie pour assister à la rencontre avec le ministre, il a parlé «d'un pas dans la bonne direction». «Le ministre reconnaît qu'il y a bel et bien un problème au sein de l'agglomération de Québec et que la Ville de Québec se trouve à être juge et partie dans l'établissement des montants de ces quotes-parts», peut-on lire dans un communiqué diffusé par la Ville.  David Rémillard

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