Le Phare n'allume pas les étudiants en architecture

La maquette de la nouvelle tour Le Phare,... (Photo fournie par le Groupe Dallaire)

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La maquette de la nouvelle tour Le Phare, du Groupe Dallaire, qui comptera 65 étages et deviendra le plus haut gratte-ciel canadien à l'est de Toronto.

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(Québec) Le projet du Phare n'en finit plus de susciter la désapprobation dans les milieux architecturaux. Au tour de 218 étudiants en architecture et en design urbain de l'Université Laval de monter aux barricades, qualifiant de «délire» ce «bunker surmonté d'une tour démesurée». À leur avis, «une consolidation horizontale» du boulevard Laurier serait «plus bénéfique» pour le caractère urbain de ce secteur de la capitale.

Porte-parole de ses collègues - tous les étudiants au baccalauréat et à la maîtrise dont l'ambitieux projet de gratte-ciel est «le» sujet de discussion depuis quelques jours -, Vincent Morissette explique en entrevue que l'initiative d'une lettre ouverte se veut une façon de rappeler que le développement d'une ville n'est pas seulement l'affaire des promoteurs, mais aussi de ses citoyens.

Si l'administration Labeaume envisage de faire du Phare un signal identitaire fort pour Québec, il en va autrement pour les étudiants en architecture. «Ce rêve ne coïncide pas avec la vision dont nous rêvons pour notre ville et encore moins avec celle des citoyens et des professionnels dans le cadre du PPU [programme particulier d'urbanisme].»

«Nous sommes conscients du caractère privé du projet, c'est délicat de le critiquer, mais nous croyons qu'on aurait pu faire beaucoup mieux», explique l'étudiant. À son avis, un concours d'architecture aurait permis à plusieurs spécialistes de faire valoir leur créativité et leur originalité. «Ça existe dans plusieurs villes. Dès qu'un immeuble dépasse 30 étages, un concours est lancé.»

Si, règle générale, un gratte-ciel est une réponse à un manque d'espace dans une ville, ce n'est pas le cas à Québec, explique-t-on. Dans les circonstances, les étudiants croient qu'il serait plus approprié de construire à l'horizontale, sur le boulevard Laurier, afin de favoriser «la vie piétonne et un milieu de vie recherché».

Rêve ou délire?

Les signataires en ont aussi contre les dimensions du gratte-ciel de 65 étages, la hauteur devenant ici «une fin en soi». Pour Vincent Morissette, le Groupe Dallaire aurait pu faire briller le projet autrement que sous cet aspect.

«Où se situe la limite entre le rêve d'une ville dynamique et effervescente réfléchie collectivement, et le délire de rayonner et d'être vu "à tout prix"?» indique-t-on. Québec a «beaucoup plus à offrir qu'une tour de verre comme tellement de villes anonymes».

Cette sortie s'ajoute à la sortie de 325 jeunes architectes qui, la semaine dernière dans Le Soleil, publiaient une pétition contre le projet de 600 millions $, un «modèle de développement révolu» qui s'inscrit dans «une vision de la modernité datant des années 80».

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