Rapport du vérificateur général: ça cloche chez les pompiers de Québec

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Le rapport du Vérificateur général paraît au moment où un nouveau chef des pompiers, Christian Paradis, est entré en poste l'automne dernier. Les observations ne le visent pas directement, mais M. Paradis devra tenir compte des critiques pour l'avenir, a dit François Gagnon.

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(Québec) Ça va mal dans les casernes. La communication est mauvaise, et la mobilisation des troupes est à son plus bas. Et les cadres occupent trop de leur temps à exercer des tâches qui ne devraient pas leur revenir, note le vérificateur général de la Ville de Québec.

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Le vérificateur général de la Ville de Québec, François Gagnon

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Cette réalité crée de la confusion et nuit au recrutement de la relève en plus d'exposer les directeurs à des risques de «fatigue et de la détresse psychologique», écrit François Gagnon dans son rapport annuel 2014 dévoilé mardi.

Pour la première fois depuis 2007, le vérificateur s'est penché sur l'ambiance et le fonctionnement du travail dans les casernes.

François Gagnon et son équipe ont constaté une surcharge de travail et des heures supplémentaires des patrons, de la démobilisation et de la mauvaise communication. «Le style de communication de la haute direction n'a pas créé de conditions favorables à une bonne collaboration», écrit M. Gagnon.

Le vérificateur ne nomme personne en particulier dans son rapport, mais il mentionne le poste d'adjoint aux affaires stratégiques et administratives. Ce poste est occupé par Robert Laperle, un homme dont le style de gestion a souvent été critiqué par le syndicat depuis son embauche en 2010.

M. Gagnon illustre aussi dans son rapport qu'en 2013, les chefs de peloton et les chefs aux opérations ont fait en moyenne 664heures supplémentaires.

«Les cadres ont dû assurer une présence au travail équivalente à près de 40 % supérieure à leur charge normale de travail et cette situation est vécue depuis plusieurs années», peut-on lire dans le rapport. Ces dirigeants s'exposent à de la «fatigue et de la détresse psychologique», ce qui résulte en un «risque accru de prise de mauvaise décision lors des interventions», écrit le vérificateur.

La direction du Service de protection contre l'incendie souffre aussi du manque de relève. Quelque 56 % des cadres prendront leur retraite d'ici six ans. Et ça ne se bouscule pas aux portillons pour les remplacer. Lors du dernier concours pour un poste, une seule candidature interne a été reçue sur un potentiel de 100 officiers syndiqués, s'inquiète M. Gagnon.

Nombreux litiges

Ce constat, négatif, est indissociable des litiges toujours en cours entre l'administration Labeaume et le syndicat, reconnaît le vérificateur général.

Même si François Gagnon refuse de cibler les litiges en cours, difficile d'ignorer la volonté de la Ville de «désyndicaliser» 76 employés pour transformer leur poste en cadres. Ce dossier est devant la Commission des relations du travail depuis 2010.

«C'est un des facteurs, mais ce n'est pas le seul», a commenté M. Gagnon, prudent.

Le fait que ces postes n'aient pas été pourvus peut toutefois avoir fait en sorte que les cadres en ont pris davantage sur leurs épaules.

Le rapport paraît au moment où un nouveau chef des pompiers, Christian Paradis, est entré en poste l'automne dernier.

Les observations ne le visent pas directement, mais M. Paradis devra tenir compte des critiques pour l'avenir, a dit François Gagnon.

Dans son rapport de 125 pages, le Vérificateur s'est aussi penché sur les contrats de 25 000 $ et moins et ceux attribués de gré à gré.

M. Gagnon note que la Ville n'a pas mis en place «des mesures pour contrôler l'application de la politique ni pour éviter les cas de conflit d'intérêts».

Par exemple, 19 employés de la Ville ont obtenu un contrat avec la Ville entre 2011 et 2013. Leur valeur a varié de 70 $ à 56 000 $.

Du nombre, 13 employés étaient des occasionnels, mais le règlement est le même. «Tu ne peux pas avoir de contrat si tu es sur le payroll de la Ville», a illustré M. Gagnon.

Certains cas se sont toutefois avérés sans grande conséquence. En conférence de presse alors qu'il réagissait au rapport, le directeur général de la Ville, André Legault, a donné l'exemple d'une brigadière scolaire à la Ville qui réside à la même adresse qu'une personne ayant obtenu un contrat de déneigement.

Dans trois cas, plus préoccupants, un contrat a par contre été accordé à une personne vivant sous le même toit qu'un employé du service de la Ville qui a donné le contrat.

La Ville promet de réagir

L'administration Labeaume promet de se doter d'un «plan d'action» pour combler les lacunes notées par le vérificateur général dans son rapport 2014 rendu public mardi, notamment quant à l'organisation du travail et au climat chez les pompiers, principal point du document de 125 pages.

«Oui, on observe une absence d'efficience sur le plan de la mobilisation, de communication, de gestion», a énuméré le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien. «Des mesures doivent être mises en place pour répondre à ces recommandations», a poursuivi l'élu qui a réagi au rapport au côté du directeur général de la Ville de Québec, André Legault.

Le syndicat des pompiers réagira pour sa part ce matin aux observations du vérificateur général.

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