Le Phare: 325 jeunes architectes prient Québec de refaire ses devoirs

Alexandre Laprise et Guillaume Drouin-Chartier ont recueilli 325... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Alexandre Laprise et Guillaume Drouin-Chartier ont recueilli 325 signatures de jeunes collègues architectes pour une pétition dénonçant les répercussions de la tour Le Phare sur le tissu urbain, à l'entrée ouest de la ville.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Inquiets des répercussions du gratte-ciel Le Phare sur le tissu urbain, un projet «parachuté et non réfléchi», quelque 325 jeunes architectes, stagiaires et étudiants en architecture apposent leur nom au bas d'une pétition demandant à la Ville de Québec de retourner à sa table à dessin.

Les deux instigateurs du mouvement de protestation, Guillaume Drouin-Chartier et Alexandre Laprise, estiment que la tour de 600 millions $, «dans sa forme actuelle, fait violemment fi de son contexte urbain» et s'inscrit dans «une vision de la modernité datant des années 80, un modèle de développement révolu», peut-on lire dans cette lettre ouverte.

Fébrile à l'idée de découvrir le projet échafaudé par le Groupe Dallaire, à la demande de l'administration Labeaume, le duo a déchanté sur-le-champ, la semaine dernière, à la vue des maquettes montrant une tour de 65 étages, d'un gabarit qui ne correspond pas à la réalité urbaine du secteur. Un sentiment d'«étonnement, de stupéfaction et de déception», d'où l'idée d'une lettre mise en ligne d'abord en privé, sur la page Facebook du Regroupement des jeunes architectes du Québec pour une ville à l'échelle humaine, une association comptant 737 membres «dans la trentaine».

«C'est la goutte qui a fait déborder le vase», déplore Alexandre Laprise, évoquant l'abandon du projet de tramway et les écoquartiers qui tardent à remplir leurs promesses. «On a l'impression que ce projet n'a pas donné lieu à beaucoup de brassage d'idées», ajoute-t-il, en appelant à un «respect» par la Ville du programme particulier d'urbanisme (PPU) adopté en 2013.

En entrevue, les deux professionnels expliquent qu'il était de leur devoir, en tant que membres d'une génération qui continue «à payer pour de nouvelles erreurs d'un passé trop proche», d'apporter leurs idées sur la place publique afin de susciter une réflexion sur l'avenir de la capitale. Les personnes intéressées à appuyer le mouvement peuvent le faire à l'adresse rjaqappui@gmail.com.

Dévitalisation urbaine

Le projet Le Phare entraînera son lot de problèmes dans ce secteur de la ville, fait-on valoir, dont un trafic automobile accru. Qui plus est, ce projet de grande envergure risque d'avoir des conséquences négatives sur le développement ailleurs dans la capitale. «Il est facile de croire qu'une telle concentration d'offres de logement et d'espaces à bureaux va nécessairement entraîner la dévitalisation économique et urbaine d'autres secteurs de la ville», mettant en péril des projets plus novateurs.

En outre, si le «Phare de Québec» est annoncé comme un projet privé, tout n'est qu'illusion, plaide-t-on. Les jeunes architectes s'inquiètent de la facture que les contribuables devront assumer pour payer les infrastructures de transport, la reconfiguration des rues et du système d'aqueduc, entre autres, «des coûts rarement comptabilisés et difficiles à estimer».

Les deux instigateurs de la pétition se gardent de vouloir critiquer pour le simple plaisir de l'exercice. «Les architectes font rarement des sorties sur la place publique, mais nous voulions faire entendre l'opinion de plus de 300 personnes qui parlent d'une même voix. On ne critique pas le travail d'un collègue, mais un projet. Nous voulons être constructifs.»

Labeaume déplore que l'on «rabaisse» un collègue

Régis Labeaume trouve «un peu spécial» de voir des architectes «rabaisser» leur collègue qui a conçu Le Phare depuis la divulgation du projet de tour de 65 étages mardi dernier. 

«En tout respect pour les architectes, ce sont aussi des artistes. Je pense que tout le monde aurait voulu avoir le contrat, hein? Je trouve que de rabaisser un collègue architecte, je trouve ça un peu spécial», a-t-il lancé. 

Le maire de Québec était appelé à commenter les critiques formulées par des architectes et des urbanistes qui estiment l'immeuble trop massif. Certains croient aussi que ce projet majeur pour Québec aurait dû être soumis à un concours d'architecture. M. Labeaume a aussi dit hier être surpris de voir que le secteur du boulevard Laurier intéresse soudain autant. 

«Tout le monde, tout à coup, a des projets pour le boulevard Laurier, mais on n'était pas au courant. Mais où ils étaient ces gens-là?» a-t-il ironisé.  Valérie Gaudreau

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