Quelques points de vue d'architectes sur le Phare de Québec

L'édifice Le Phare de nuit... (Photo fournie par Groupe Dallaire)

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L'édifice Le Phare de nuit

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(Québec) Les architectes ne se bousculent pas au portillon pour commenter Le Phare de Québec. Désireux de savoir ce que pensent les architectes de la région de cette tour moderne de 65 étages, Le Soleil s'est buté au silence ou à des refus polis. Certains ont pourtant accepté de donner leur point de vue sur le mégaprojet de Groupe Dallaire présenté en grande pompe mercredi. Si tous reconnaissent que le secteur du boulevard Laurier est approprié pour rêver de hauteur, ils ont invariablement émis des doutes sur le gabarit et l'allure du bâtiment. Quelques réactions en vrac.

«Pour les bâtiments en hauteur, c'est correct que ce soit dans ce secteur-là. Mais je ne trouve pas ce projet si emballant au point de vue architectural. On parle d'audace, mais à part la hauteur, ce n'est pas si audacieux. Ça me semble une architecture d'une autre époque. C'est déjà dépassé, à mon avis. Il est comme parachuté là, il n'y a pas de lien. Pourquoi tout mettre à la même place? On pourrait faire plusieurs petits projets plus structurants.»

- Martin Dubois, architecte et consultant en patrimoine chez Patri-Arch

«La hauteur, je trouve ça audacieux et je respecte ça. Mais on dirait qu'on néglige un peu l'échelle humaine. Ça me fait peur. Ils disent aussi que c'est inspiré de l'historique maritime de Québec. Je trouve que c'est n'importe quoi. C'est pas parce qu'on ajoute une guirlande sur le dessus avec une courbe que ça va évoquer des voiles d'un bateau. Pour moi, ça a plus l'air d'un épi de maïs que d'un voilier. Ils ont manqué un peu de recherche et je trouve ça de valeur. Ce que je trouve positif, par contre, est qu'il cachera le Jules-Dallaire.»

- Olivier Bourgeois, architecte chez Bourgeois/Lechasseur

«Tout à fait d'accord avec la densification de ce secteur. Mais je m'inquiète un peu de la surdensification de tous ces espaces. Je n'ai pas d'objection pour créer un signal, mais on aurait pu le créer avec un peu moins de densité. C'est une sorte d'empilage de blocs qui ne fait pas élégant dans l'ensemble. Et méfions-nous de la maquette présentée. Elle nous fait voir le projet à vol d'oiseau. Quand on va circuler à l'intérieur de tout ça, ce sera extrêmement massif. Les espaces de dégagement entre les immeubles ne seront pas très grands.»

- Serge Viau, architecte, urbaniste et ancien directeur général et directeur adjoint au développement durable à la Ville de Québec

«Le bon point est que la communauté d'affaires veut investir et consolider la ville. On parle de croissance, d'une demande des bureaux et du logement. De façon générale, c'est une bonne nouvelle. Mais le projet qu'on nous a montré n'est pas un projet cher. C'est du mur rideau. C'est comme un veston, il faut regarder les coutures, la qualité du tissu, la coupe. Tout le détail fait la différence entre un veston à 60 $ et un autre à 800$. Cette finition fait partie de la qualité de l'architecture. Ce n'est pas nécessairement ce que vous voyez au premier coup d'oeil, mais c'est ce que vous vivez tous les jours. Cominar ne s'est pas fait reconnaître par cette qualité de finition dans l'édifice Jules-Dallaire. Ils peuvent nous surprendre, mais disons que ce n'est pas leur marque de commerce.»

- François Dufaux, architecte et professeur adjoint à l'École d'architecture de l'Université Laval

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