Avant Le Phare, le Price

L'édifice Price en construction en 1929. L'idée de... (ARCHIVES LE SOLEIL)

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L'édifice Price en construction en 1929. L'idée de bâtir une tour de 17 étages pour loger le siège social de la compagnie forestière Price Brothers & Company avait suscité son lot de controverses dans la capitale à l'époque.

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(Québec) Trop haut! Trop gros! Mal intégré! Ce n'est pas d'hier que les gratte-ciel soulèvent des débats à Québec. À la fin des années 20, la population a décrié la construction d'un immeuble en hauteur. Son nom? L'édifice Price.

Plus de 85 ans avant les 65 étages du Phare de Québec, il y a eu cet édifice Art déco en plein coeur du Vieux-Québec, devenu aujourd'hui un important symbole de la capitale.

Pourtant, en 1928, l'idée de construire une tour de 17 étages pour loger le siège social de la compagnie forestière Price Brothers & Company a suscité la controverse. Tellement que cette construction - au coût de 500 000 $ - a mené le conseil municipal de l'époque à voter un règlement limitant la hauteur des immeubles à 20 mètres.

«C'était le premier débat sur la construction en hauteur», relate en entrevue au Soleil l'historien Réjean Lemoine. «Il faut se placer dans le contexte. C'était les années folles où à New York on était dans la construction de gratte-ciel. Comme à Dubaï aujourd'hui», illustre-t-il.

Or, en parallèle des progrès techniques et des idées de grandeur naissaient aussi à Québec les premières préoccupations pour un Vieux-Québec au potentiel touristique, beau, cohérent, où l'idée de mettre en valeur nos «vieilleries» germait, dit M. Lemoine. Dans ce contexte, penser construire du haut et du moderne dérange.

Dans un article qu'il a consacré au sujet dans la revue Cap-aux-Diamants en 1986, Réjean Lemoine relate que la controverse autour de l'édifice Price a eu un écho au Soleil, dans les pages duquel la question du moment, celle de l'octroi du permis par la toute récente Commission d'urbanisme, fait débat. On se demande comment une telle construction a pu avoir le feu vert.

Critiques durables

Et les critiques dureront des années après l'inauguration de l'édifice Price en 1930. «En 1942, l'Association des architectes de la province de Québec déplore encore, dans une résolution de congrès, la construction de l'édifice Price à l'intérieur des vieux murs», peut-on lire. Les critiques portaient en effet sur la localisation de l'immeuble et non sur son architecture, généralement bien reçue.

«Le Vieux-Québec a été classé historique en 1963. Mais déjà à cette époque on disait : "Il ne faut pas trop y toucher"», relate M. Lemoine.

Pendant un quart de siècle, l'édifice Price restera le seul gratte-ciel à l'intérieur des fortifications, jusqu'à la construction de la tour de 14 étages de L'Hôtel-Dieu en 1954. «Quand on l'a construit, on s'est excusé parce qu'on s'est rendu compte qu'on a fait une erreur», dit l'historien à propos de la tour encore mal aimée de nos jours.

Hors des murs, la construction du Complexe G a aussi suscité bien des critiques au début des années 70.  

Deux visions

Aujourd'hui, bien peu de personnes oseraient remettre en question le symbole qu'est devenu l'édifice Price, dont les étages supérieurs abritent les appartements de fonction du premier ministre depuis 2001. L'immeuble a aussi été mis en lumière en 2008, ce qui a révélé la richesse de son architecture.

À écouter Réjean Lemoine, on comprend que les enjeux soulevés par l'édifice Price et ceux liés au Phare, malgré les huit décennies qui les séparent, restent les mêmes.

«À Québec, on a toujours eu deux attitudes dans ce débat. L'une est qu'en tant que capitale, on a un patrimoine et on n'a pas besoin de se valoriser par cette course à la hauteur. L'autre pulsion, au contraire, est de dire qu'on n'est pas nés pour un petit pain et qu'il faut aller en hauteur parce que c'est la marque des grandes villes nord-américaines et occidentales», conclut-il. «Constamment depuis les années 20, il y a toujours eu ce questionnement.»

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