Église Saint-Jean-Baptiste: la Ville refuse de jeter l'éponge

L'église Saint-Jean-Baptiste a été construite en 1882.... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'église Saint-Jean-Baptiste a été construite en 1882.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Au lendemain de l'annonce de la fermeture de l'église Saint-Jean-Baptiste, la Ville de Québec refuse de jeter l'éponge et demande aux parties en présence de se réunir afin de s'entendre sur un projet porteur qui assurerait la survie de ce lieu de culte patrimonial.

«Je comprends que la situation financière n'est peut-être pas si facile, mais c'est un bijou patrimonial. Je pense que toutes les parties concernées doivent s'asseoir ensemble et essayer de trouver comment on va faire pour sauver l'église», affirme d'emblée Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif à la Ville de Québec.

La Ville aurait d'ailleurs récemment proposé une vocation alternative à l'église, proposition qui aurait été rejetée par le ministère de la Culture, selon Mme Lemieux. L'idée était de transformer l'espace en énorme salle de réception, sur le modèle de la chapelle du Musée de l'Amérique francophone, comme le décrit le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, Pierre Gingras.

Mais effectuer des travaux de construction majeurs dans un bâtiment patrimonial, c'est coûteux et complexe, rappelle Pierre Gingras. Et puisque la Ville souhaitait financer le projet grâce à son entente avec le ministère de la Culture, ce dernier s'y serait opposé.

Julie Lemieux dit toutefois avoir senti cette semaine «une volonté du Ministère de nous aider». Une ouverture vue d'un bon oeil par le maire Régis Labeaume, qui rappelle la responsabilité du gouvernement envers ses monuments classés historiques. «Nous, on va être aidants, mais quand un gouvernement décide de classer un édifice patrimonial, il y a une responsabilité gouvernementale qui vient avec. On veut aider, mais il n'est pas question qu'on en prenne la responsabilité.»

«Il y a 24 églises patrimoniales sur le territoire de la ville de Québec. Ce n'est pas vrai que la Ville va toutes les acheter et les reconvertir», ajoute Julie Lemieux.

Pour sa part, le curé Pierre Gingras dit ne pas avoir reçu d'échos positifs de la part du gouvernement en ce qui a trait au projet de transformation du bâtiment, construit en 1882.

Il affirme également que l'église Saint-Jean-Baptiste nécessite des travaux d'entretient majeur d'environ 10 millions $. Et même si le gouvernement s'engage à payer 80 % de la facture, les 20 % restant - soit 2 millions $ - demeurent impossibles à assumer par la fabrique, dit Pierre Gingras, rappelant que 170 000 $ par année doivent être déboursés pour maintenir en état l'église.

«Cri d'alarme»

Aux yeux de l'évêque auxiliaire de Québec, Mgr Gaétan Proulx, cette annonce de fermeture est un «cri d'alarme» lancé par la paroisse pour «réveiller les alentours». Ce à quoi Pierre Gingras, plutôt défaitiste, répond : «ça fait longtemps qu'on crie.»

«Mais dès que c'est religieux, tout le monde devient frileux», ajoute-t-il. «Nous, on ferme parce qu'on n'est plus capables.»

Bien qu'elle ait été «fouettée» par cette annonce, la conseillère municipale Anne Guérette n'y voit pas une fin en soi. «La fermeture ne change rien au potentiel patrimonial de l'église. [...] Ça ne change pas les plans.» Mais les différents acteurs devront agir rapidement s'ils veulent donner une nouvelle vocation à l'église. «On ne peut pas l'abandonner!»

L'église Saint-Jean-Baptiste fermera officiellement ses portes le 24 mai.

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