Domaines de Sillery: Québec donne le feu vert à la vision de la Ville

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Le projet de plan particulier d'urbanisme qu'elle avait présenté en 2013 a recueilli l'aval du ministère de la Culture.

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Après l'avoir bloqué, le ministère de la Culture a finalement autorisé le projet résidentiel Sous les Bois derrière le Collège Jésus-Marie. Il a également donné le feu vert à la vision de la Ville de Québec pour le développement des terres patrimoniales de Sillery.

Les grands domaines religieux de Sillery pourront se développer selon la vision de la Ville de Québec. Le projet de plan particulier d'urbanisme qu'elle avait présenté en 2013 a recueilli l'aval du ministère de la Culture. La Ville avait soumis sa vision d'un développement immobilier qui amènerait 800 logements sur 8 % des terrains historiques de Sillery. Le Ministère endosse le futur PPU et l'intégrera donc à son plan de conservation déjà mis en place.

Par la même occasion, le Ministère a donné son approbation au projet Sous les Bois que le promoteur Marc Simard veut ériger derrière le Collège Jésus-Marie. À l'époque, M. Simard prévoyait construire 330 condos sur un terrain acheté au coût de 5 millions $. Mais le ministre d'alors, Maka Kotto, avait freiné ses ambitions en bloquant le projet. Récemment, les choses ont changé alors que le promoteur a obtenu l'autorisation mercredi pour un projet réduit (voir l'autre texte).

«Le promoteur est revenu avec des modifications au projet pour qu'il soit conforme au plan de conservation», a expliqué l'attaché de presse de la ministre Hélène David, Philip Proulx.

Il y a urgence de mettre en place un développement «en douceur» dans le secteur, car selon le maire, Régis Labeaume, «le patrimoine architectural et paysager est délaissé et se fane à vue d'oeil. Il est impératif que la Ville intervienne rapidement afin de redonner ce secteur à la population. Nous considérons que l'immobilisme dans ce dossier est en train de causer un tort irréparable et injustifiable au site patrimonial des propriétés conventuelles».

Ainsi, la Ville encouragera les promoteurs à acquérir des immeubles patrimoniaux qui accueillaient autrefois les communautés religieuses. Elle leur demandera de les restaurer. Pour les compenser pour les investissements importants qui seront nécessaires, dit la vice-présidente du comité exécutif Julie Lemieux, la Ville de Québec leur permettra de développer aussi autour.

Par exemple, le bâtiment qui abritait la congrégation des Soeurs de Sainte-Jeanne-d'Arc, un «bijou patrimonial», devra être conservé, a soutenu Julie Lemieux.

C'est une excellente nouvelle pour les communautés religieuses, a poursuivi Mme Lemieux. Celles-ci attendaient impatiemment cette autorisation. «Nous leur devons ce respect de leur permettre de pouvoir se départir de leurs propriétés pour assurer la suite des choses pour elles.» Les congrégations ont presque toutes quitté leurs édifices, a souligné le maire, sauf les Pères augustins de L'Assomption.

On présentera bientôt les détails du PPU à la population, a avisé le maire. «Nous lancerons ce printemps le processus de consultations publiques.»

Sentier de la falaise

Le projet de sentier de la falaise est toujours dans les cartons, a assuré le maire. La Ville demandera aux promoteurs de faire un effort supplémentaire. Au lieu de demander de céder 10 % de terrains aux fins de parcs, la Ville exigera environ 30 %, soit une bande qui longera la falaise et sur laquelle on aménagera un sentier ouvert au public. La Commission de la Capitale-Nationale pourrait être le maître d'oeuvre du projet.

L'opposition à l'hôtel de ville est très déçue de la décision du Ministère. Le chef Paul Shoiry a affirmé que «la ministre travaille à l'envers» en autorisant déjà un projet de développement sans que les citoyens aient eu la chance de se prononcer sur le PPU de la Ville. Pour lui, le Domaine Sous les Bois est contraire au plan de conservation du Ministère, car il va nuire au paysage et au cadre naturel. «Et pourquoi autoriser une nouvelle construction avant d'autoriser des recyclages» d'édifices existants? questionne le conseiller de Saint-Louis-Sillery.

Le PPU que souhaite implanter la Ville de Québec dans le secteur de Sillery prévoit aussi un développement résidentiel à la place de l'aréna Jacques-Côté.

La Ville a déjà annoncé sa démolition, mais le maire a glissé vendredi que quelque 130 logements seront érigés sur ce terrain par la suite. Le secteur qui s'adressera aux familles sera relié à la côte de Sillery par une nouvelle rue et sera aussi raccordé au chemin Saint-Louis. La desserte en transport en commun dans les environs sera également revue.

Le maire a d'ailleurs indiqué que le RTC travaille sur une «reconfiguration complète de tout le réseau» qui sera présentée lors du dévoilement de l'étude de faisabilité du tramway, le 2 mars prochain. Pour sa part, le chef de l'opposition, Paul Shoiry, n'en démord pas : démolir l'aréna Jacques-Côté serait une «erreur importante». L'aréna doit être rénové, soutient-il, car il est très utilisé et apprécié par la population.

«Je pense qu'on peut le préserver facilement 20 ou 25 ans encore avec un investissement qui est tout à fait raisonnable et qui serait beaucoup moins coûteux à long terme que d'investir dans un nouvel équipement.»

«Après 10 ans de travail avec différentes instances, on est contents d'en arriver à une solution», a lancé avec soulagement le promoteur Marc Simard, après avoir reçu l'aval du ministère de la Culture pour son projet résidentiel Sous les Bois.

Après maints retours à la table à dessin au fil des ans, M. Simard propose aujourd'hui un projet réduit, comprenant moins de 300 logements répartis dans cinq bâtiments de cinq à six étages. Dix maisons en rangée seront également construites, question d'harmoniser le projet dans le décor du quartier. Il s'agit d'une diminution de 15 % par rapport au projet de 2012, initialement accepté et plus tard rejeté par le ministre Maka Kotto.

Au tout début du projet, le promoteur devait construire sept à huit bâtiments sur 12 étages. «Ils nous ont négocié à l'os», estime M. Simard, ajoutant que «si on l'a accepté, c'est qu'on pense que ça vaut la peine.»

Si tout se déroule comme prévu, le processus de consultation publique se terminera à la fin juin, et les premiers condos du Domaine Sous les Bois seront livrés à l'été 2017. Camille B. Vincent

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