Finances de Saint-Augustin: duel et guerre de chiffres

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Labeaume a donné sa version des faits en sortant ses panneaux et en s'appliquant à déconstruire les états financiers de la Ville de Saint-Augustin.

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(Québec) «Mononcle Régis répond à matin.» Irrité de se faire blâmer pour les problèmes financiers de Saint-Augustin-de-Desmaures, le maire de Québec a sorti ses tableaux, son style professoral et a exposé sa version des finances de l'administration Corriveau.

Saint-Augustin, a-t-il soutenu, présente à ses citoyens des chiffres «tronqués». Le budget annuel, qui tient sur «sept pages», ne dit pas toute la vérité, a tranché le maire de Québec, qui a ironiquement repris à son compte l'expression de «Mononcle Régis» utilisée par le maire Marcel Corriveau à son endroit.

La réplique n'a pas tardé à venir. En après-midi, la mairesse suppléante de Saint-Augustin, France Hamel, qui remplace le maire Corriveau pendant sa convalescence, a convoqué la presse pour qualifier la démonstration de M. Labeaume de «mascarade».

La facture d'agglomération, 25 millions $ en 2015, soit 55 % du budget de la Ville demeure la principale raison qui plombe les finances de Saint-Augustin. La raison, a-t-elle martelé, pour laquelle la municipalité a récemment dû augmenter les taxes de 25 %. Résumé de ce nouvel épisode de la guerre de chiffres qui s'envenime.

La dette de Saint-Augustin a explosé, dit Labeaume

Dans son exposé, Régis Labeaume a soutenu que les dépenses de proximité de Saint-Augustin ont augmenté de 69 % entre 2011 et 2015. La facture d'agglomération pendant ce temps a grimpé de 48 %. Loin, estime M. Labeaume, des 111 % dénoncés depuis 2008 par Saint-Augustin.

La dette de Saint-Augustin a explosé depuis 2011, a dit Régis Labeaume. L'endettement par habitant est passé de 3980 $ en 2011 à 6304 $ en 2013, contre 3307 $ pour Québec. «C'est comme si la dette de Québec avait doublé», a-t-il dit. Il estime même qu'il est «trop tard» pour redresser les finances par des coupes comme l'a annoncé la mairesse suppléante France Hamel hier. «La question est qu'est-ce qu'ils ont fait pour se rendre à 90 millions $ de dette. Les gens de Saint-Augustin, il faut qu'ils sachent ça», a ajouté M. Labeaume dans sa tirade.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pourra-t-il faire quelque chose pour dénouer l'impasse? Régis Labeaume croit que non. «Si j'étais le ministre, je n'aurais pas le goût de défendre Saint-Augustin à matin, je peux vous dire ça», a affirmé le maire de Québec après sa démonstration basée sur les budgets de Saint-Augustin et les données du Ministère. Avec les contestations judiciaires en cours, M. Moreau n'aura pas beaucoup de marge de manoeuvre, même s'il a rencontré les trois maires de l'agglomération en janvier, a-t-il dit.

«On a fait des investissements importants. Ce sont... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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«On a fait des investissements importants. Ce sont des choses qui s'ajoutent à la dette, mais sur lesquelles on va avoir des retours», a dit France Hamel. 

Le Soleil, Patrice Laroche

Une mascarade, selon France Hamel

Mauvaise façon de voir les choses, a répliqué la mairesse suppléante de Saint-Augustin-de-Desmaures, France Hamel, selon qui Régis Labeaume joue avec les chiffres en ne présentant que les 2011 à 2015. «Il calcule sur deux ans. Il ne faut pas regarder juste les deux dernières années. Extraire une année ou deux d'un historique fausse la donne», a-t-elle dit.

Oui, la dette a bondi, reconnaît France Hamel. La dette nette de Saint-Augustin est de 113 millions $. Mais elle est «saine», car, soutient la mairesse suppléante, la municipalité s'est endettée en partie pour des constructions, pour son parc industriel et d'autres dépenses de proximité qui, à terme, finiront par renflouer les coffres de la Ville. «On a fait des investissements importants. Ce sont des choses qui s'ajoutent à la dette, mais sur lesquelles on va avoir des retours», a-t-elle dit. Mme Hamel a aussi assuré que d'autres coupes sont à venir dans l'administration municipale.

France Hamel croit au contraire que le ministre Pierre Moreau arrivera avec une solution. «On s'attend à ce que le gouvernement règle le problème», a-t-elle dit. «Les gens qui sont en place au gouvernement ont voté cette loi dont l'esprit était l'équité. Mais là, c'est vraiment pas équitable», a-t-elle dit à propos des élus libéraux. Elle estime que M. Moreau sera sensible aux arguments de Saint-Augustin qui veut un changement de calcul de la quote-part ou un divorce pur et simple.

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