Négociations sur la loi 3: guerre de chiffres sur la ligne de départ

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Le chef de l'opposition, Paul Shoiry, et le conseiller de l'opposition, Yvon Bussières, ont échangé quelques mots avec le maire Régis Labeaume avant la séance du conseil municipal, quand les élus ont rendu hommage à l'ex-député Michel Guimond, décédé hier matin.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les négociations qui dureront plus d'un an pour le partage des déficits s'amorceront sous peu sur fond de guerre de chiffres. Alors que le maire Régis Labeaume soutient que les employés et les retraités municipaux n'auront «pas un sou» à sortir de leur poche, le président des cols blancs réplique que voir les choses ainsi est «scandaleux».

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«Je sors 290 millions $ qui m'appartenait qui aujourd'hui ne nous appartient plus. Dire que ça nous coûte rien, je m'excuse, mais c'est scandaleux!» - Jean Gagnon, président du syndicat des cols blancs de la Ville de Québec

Le Soleil, Erick Labbé

La Ville et les syndicats arriveront-ils à s'entendre pour appliquer les principes de la loi 3 sur les déficits des caisses de retraite? La route s'annonce ardue. En plus de la contestation judiciaire de la loi qui plane, les positions restent diamétralement en vue des négociations d'un an à 18 mois qui doivent commencer le 1er février.

«Je sors 290 millions $ qui m'appartenait qui aujourd'hui ne nous appartient plus. Dire que ça nous coûte rien, je m'excuse, mais c'est scandaleux!» a réagi le bouillant président du syndicat des cols blancs, Jean Gagnon.

Il n'achète pas une minute la lecture du partage des déficits suivant les modalités de la loi 3 que l'administration Labeaume a présentée en conférence de presse lundi après-midi.

Selon le maire, les employés actuels autant que les retraités seront bien peu affectés par le règlement puisqu'ils n'auront à absorber que 28 % (163 millions $) du déficit total de 585 millions $. De ce déficit global doit en effet être retranchée la dette de l'ancienne Ville de Québec (259 millions $). Du326 millions $ restant, 128 millions $ seront à la charge des employés toujours au travail (partagés à 50 % avec la Ville) et 198 millions $ devront être épongés par ceux qui sont déjà à la retraite. Là encore, ce montant sera partagé à parts égales avec la Ville pour un total de 99 millions $.

Et cela se fera sans que les employés n'aient «à débourser un sou», selon le maire, qui évoque que le fait de suspendre l'indexation des rentes, une mesure prévue dans la loi, fera le travail pour combler le gouffre.

«Les employés n'ont aucun souci à se faire concernant leur rente accumulée avant 2014, elle ne sera pas affectée. Le seul élément qui sera touché pour eux est que l'indexation de la rente ne sera plus garantie», a-t-il expliqué. «À elle seule, la réduction de l'indexation permet de couvrir la totalité de la part du déficit revenant aux employés. C'est peu d'argent pour eux. Ils ne payent rien de leur poche pour payer leur dette.»

Le maire s'est exercé à diminuer l'impact de l'application de la loi sur les retraités. Il a donné l'exemple d'une pension à 36 000 $. Retrancher l'indexation, a-t-il soutenu, ne représentera que 15 $ par mois pour les deux prochaines années.

«Ce qu'on appelait l'apocalypse, ça n'arrive pas», a commenté M. Labeaume. «C'est pour ça qu'on est sorti dans la rue, c'est pour ça qu'on a saccagé l'hôtel de ville de Montréal», a-t-il laissé tomber dans une pointe aux manifestations syndicales anti-loi 3.

Il a aussi estimé que les retraités de la Ville de Québec «améliorent leur situation» par rapport à la première version de la loi car leur indexation ne sera suspendue qu'à partir de 2017 et que 47 % de leur indexation prévue leur sera garantie après cette date.

Les responsables de l'Association du personnel retraité de la Ville de Québec (APRVQ) n'ont pas commenté lundi. Ils le feront après leur assemblée générale lundi prochain.

Réserve

En plus de critiquer vertement l'interprétation mathématique de la Ville, Jean Gagnon a de nouveau martelé lundi qu'une «réserve» de 94 millions $ (qui est maintenant de 101 millions $) doit être utilisée pour réduire le déficit, ce que ne fait pas la Ville, dit-il. Il estime qu'agir ainsi ferait passer le déficit réel à répartir (50 % du 585 millions $) à 226 millions $ plutôt qu'aux 326 millions $ prévus par la Ville.

En fin de semaine, l'Alliance des professionnels était aussi sortie publiquement sur ce point.

«L'Alliance insiste pour que les excédents de trésorerie d'environ 100 millions $ soient appliqués aux régimes de retraite, comme prévu dans les résolutions officielles adoptées», a commenté la présidente de l'Alliance, Sylvie Dolbec, par courriel lundi soir.

Questionnée sur ce point, la trésorière de la Ville de Québec, Chantal Pineault, a expliqué qu'il s'agit d'une mesure comptable et non d'une somme mystère.

«On est en écart de trésorerie actuellement, mais d'ici 2020, ça risque d'être des déficits de trésorerie, donc à terme, c'est la même dette», a-t-elle dit.

«Carton rouge» à Corriveau?

Après le lancement de «l'Opération carton jaune», Régis Labeaume prédit un «carton rouge» au maire de Saint-Augustin Marcel Corriveau.

«Attention il peut avoir un carton rouge éventuellement», a lancé le maire de Québec en commentant l'initiative lancée en fin de semaine.

Samedi, le maire Corriveau, appuyé par des citoyens réunis dans la communauté Internet 25pourcent.com, a invité dans une vidéo la population à participer à «L'Opération carton jaune» devant l'hôtel de ville de Saint-Augustin le 25 janvier à 13h. Ils veulent envoyer un signal au ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, à l'effet que la hausse de la quote-part à payer pour l'agglomération est devenue intenable.

En 2015, Saint-Augustin devra verser 25 millions$, soit 55 % du budget de fonctionnement de la municipalité. Une hausse de 111% depuis 2008.

Premier questionnement

Sans préciser ce qu'il entendait par «carton rouge», M. Labeaume a invité les citoyens à se questionner d'abord sur la gestion de l'administration Corriveau.

«Je dis aux citoyens de bien examiner les budgets et les dépenses et de cette ville-là dans les dernières années. Qu'ils scrutent ça comme il faut. Je ferais ça comme premier exercice», a-t-il laisser tomber.

Craint-il qu'une telle initiative influence le ministre Moreau? «Ça m'étonnerait», a tranché M. Labeaume.

Questionné par le chef de l'opposition Paul Shoiry pendant la séance du conseil municipal, le maire de Québec a aussi réitéré que les rencontres de la semaine dernière entre les trois maires de l'agglomération et le ministre Moreau ne changeront rien à sa position. Les sommes à payer pour l'agglomération ont été déterminées dans une entente en 2009, elles sont vérifiables et connues, a-t-il martelé.

«Il n'y aura aucune suite de la part de la Ville de Québec. Eux, ils ont été devant les tribunaux, mais de notre part il n'y aura pas de suite.»

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