Six verdicts pour Québec

En se prêtant au jeu des comparaisons, on... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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En se prêtant au jeu des comparaisons, on découvre que Québec est une bonne ville de hockey - bien qu'elle offre moins d'endroits où patiner que sa voisine Lévis.

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(Québec) La ville de Québec traîne une réputation, bonne ou mauvaise, et a eu droit à bien des qualificatifs élogieux ou péjoratifs au fil des ans. Au-delà des rumeurs et des perceptions, Le Soleil a scruté à la loupe - chiffres à l'appui - six facettes identitaires de la capitale. Sans prétention exhaustive ou scientifique, le grand jeu des comparaisons réserve néanmoins quelques surprises.

Québec est-elle vraiment...

... une ville universitaire?

La ville est fière d'accueillir l'Université Laval sur son territoire depuis 1852. Avec raison. Selon le réputé palmarès britannique QS, l'Université Laval se classe deuxième meilleure université francophone en Amérique du Nord, derrière l'Université de Montréal. Les critères? Réputation académique, attrait des employeurs, nombre d'étudiants, présence à l'international, rayonnement de la recherche, etc. L'Université Laval a cependant du chemin à parcourir à l'échelle mondiale. Après le Massachusetts Institute of Technology (1er), l'University of Cambridge en Angleterre (2e), l'Université de Montréal (83e), l'Université Laval arrive au 298e rang. Une belle performance dans la province, la seule autre institution francophone se taillant une place dans le top 700 étant l'Université de Sherbrooke (441e).

Québec est-elle une ville universitaire pour autant? La ville de Sherbrooke a voulu répondre à la question. Selon la municipalité, Gatineau traîne de la patte avec seulement 1,33 étudiant par 100 habitants. Montréal, souvent qualifiée de cité universitaire, affiche un taux de 4,17, soit moins que Trois-Rivières (5,60). Québec? Elle bat Montréal et revendique un impressionnant 5,9 étudiants par 100 habitants. Mais Sherbrooke est dans une classe à part, avec pas moins de 10,3 étudiants par 100 habitants.

Verdict : Québec accueille beaucoup d'étudiants, mais pas autant que Sherbrooke.

... une ville de restos?

Une fringale? Les restaurants ne manquent pas. En tenant compte de la population, il y a plus de restaurants à Québec qu'à Montréal; et la capitale dépasse la moyenne provinciale. De plus, elle accueille davantage de restaurants par habitant que... New York! Une bonne chose? Peut-être pour le client. Forte de ses 1898 restos, la région de Québec trône en haut du palmarès des régions, derrière la Montérégie, selon l'Association des restaurateurs du Québec.

Sauf que des restaurateurs aiment moins ce titre de ville de restos. La fréquentation est en baisse. Les fermetures deviennent inévitables en raison de l'offre trop grande. À Montréal - où l'offre a bondi de 31 % entre 2005 et 2012 -, le retour à la réalité fait mal. Une chute des ventes de 4,2 % l'an passé. Québec a suivi une courbe similaire ces dernières années, le nombre de restaurants ayant augmenté plus vite que la population. Les prochaines années seront cruciales pour la survie de plusieurs établissements. Au Québec, environ 71 % des restaurants cessent leurs activités après cinq ans.

Verdict : Québec est une indéniable ville de restos... dont l'existence demeure fragile.

... une ville centrée sur l'auto?

La réputation de Québec en tant que ville dominée par l'auto ne cesse de refaire surface. Un mythe? Le Soleil a utilisé les données de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour évaluer l'ampleur de l'emprise de l'automobile. Premier constat : les citoyens de Québec savent - en théorie - conduire. Près de deux résidents sur trois (65 %) détiennent un permis de conduire. Les citoyens de la capitale supplantent ici ceux de la métropole. Seulement un Montréalais sur deux (51 %) a acquis son permis. On retrouve toutefois plus de conducteurs potentiels à Lévis (71 %). La ville voisine revendique ainsi plus de conducteurs que des régions plus éloignées, comme le Témiscouata (70 %) ou la Côte-de-Gaspé (70 %).

Le parc automobile réel réserve quelques surprises, selon nos calculs. Québec accueille en moyenne 56 véhicules par 100 habitants - exactement le même ratio que Laval et Longueil. Gatineau (57) et Sherbrooke (58) suivent de près. Montréal fait belle figure, avec seulement 38 véhicules par 100 habitants. La palme de la ville la plus centrée sur l'auto? Lévis. Avec 65 véhicules par 100 habitants, Lévis s'avère la ville de plus de 100 000 habitants la plus centrée sur l'automobile.

Verdict : Québec se compare à des villes de taille similaire, mais Lévis est la championne de l'auto.

... une ville antivélos?

Manque de pistes cyclables utilitaires, cohabitation auto-vélo parfois houleuse, la capitale n'est pas toujours bien perçue dans le milieu cycliste. Or, ce n'est pas faute de cyclistes! Selon l'étude «L'état du vélo au Québec» de Vélo Québec, pas moins de 58 % des adultes de la capitale font du vélo. La pratique du vélo à Québec est même supérieure à la moyenne québécoise (54 %). Non seulement les gens de Québec roulent à vélo, mais ils roulent beaucoup. Les cyclistes d'ici parcourent en moyenne 1000 km par année, bien plus que les 624 pédalés par le Québécois moyen.

D'où vient le problème? Les cyclistes de Québec enfourchent davantage leur vélo la fin de semaine, préférant massivement l'auto pour aller travailler. Selon le Plan de mobilité durable, à peine 1 % des déplacements s'effectuent à vélo - un taux «marginal», précise le plan. En fait, il s'agit d'une part modale médiocre à l'échelle nationale, selon les données du centre de recherche Cycling in Cities de l'Université de la Colombie-Britannique. Saskatoon et Toronto font deux fois mieux. Montréal et Vancouver sont sur ce plan trois et quatre fois supérieures à Québec. À l'autre bout du pays, la capitale britanno-colombienne, Victoria, frôle les 11 % de part modale - un taux 11 fois plus élevé qu'à Québec!

Verdict : Québec est une ville de cyclistes... surtout intéressés par le loisir.

... une ville verte?

Québec détient une réputation enviable pour son accès à plusieurs parcs et endroits pour pratiquer le plein air. Or, selon les données du ministère de l'Environnement, la capitale protège officiellement à peine 0,71 % de son territoire, soit moins que Trois-Rivières (0,88 %), Montréal (3,75 %), Gatineau (4,71 %), et beaucoup moins que Shawinigan (60 %!). Ces chiffres sont parfois trompeurs, cependant; Shawinigan détient un immense territoire, qui englobe le Parc national de la Mauricie et ses 536 km2. À l'inverse, Québec n'inclut pas le parc national de la Jacques-Cartier (à Stoneham), pourtant assez près de son centre-ville. 

La capitale doit par ailleurs s'attaquer prochainement à une tache noire dans son dossier vert : la gestion des déchets. La Communauté métropolitaine de Québec, Rive-Nord, récupère globalement 43 % de ses déchets. Selon Recyc-Québec, plusieurs villes font mieux, notamment en récupérant les matières organiques (déchets de table); ce que Québec ne permet toujours pas, reportant depuis plusieurs années son centre de biométhanisation. Pendant ce temps, Gatineau récupère depuis 2007 ses déchets de table et sauve ainsi du dépotoir le deux tiers de ses déchets organiques. Lévis fait la même chose depuis 2011, avec des résultats aussi concluants - tout comme Sherbrooke, depuis 2007. Pas de quoi impressionner les citoyens de Victoriaville. Ils récupèrent la presque totalité de leurs déchets de table (87 %), une pratique répandue depuis... 1998. À Québec, l'usine devant accueillir les restes de table avait été promise pour 2013, mais le projet est toujours à l'étude.

Verdict : La gestion des déchets nuit toujours au bilan vert de Québec

... une ville de hockey?

Question sensible dans la capitale, où les citoyens prétendent - avec raison - qu'ils aiment davantage le hockey que les habitants de la Floride ou de l'Arizona. Mais Québec est-elle une ville de hockey pour autant? Les chiffres démontrent que Québec est avant tout... une ville de soccer. On dénombre 14 000 joueurs de hockey mineur dans Québec et Chaudière-Appalaches, alors qu'on retrouve 26 000 joueurs de soccer uniquement dans la région de Québec. Ce phénomène se reproduit à l'échelle provinciale; 200 000 jeunes seraient inscrits au soccer, contre 90 000 au hockey, selon Soccer Québec. Le soccer sort gagnant, mais la question demeure. Le hockey est-il davantage dans l'ADN de Québec qu'ailleurs en province? Le Soleil a choisi de calculer le nombre de patinoires intérieures et extérieures par habitant sur les territoires de quelques grandes villes. Avec ses 14 arénas et 98 patinoires extérieures, la capitale fait belle figure et affiche 21 patinoires par 100 000 habitants. C'est mieux que Laval (20 patinoires par 100 000 habitants), dont la population est à peine inférieure. Sauf que Gatineau, elle, revendique un ratio de pas moins de 35 patinoires par 100 000 habitants. Et, surprise : de l'autre côté du fleuve, Lévis, avec ses trois arénas et 36 patinoires extérieures, décroche la coupe, avec 39 patinoires par 100 000 résidents - près de deux fois plus de surfaces glacées que dans la capitale.

Verdict : Québec s'en tire bien, mais Lévis offre plus d'endroits où patiner à ses citoyens.

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