Saint-Augustin-de-Desmaures: le maire a rencontré la MRC de la Jacques-Cartier

Le maire Marcel Corriveau a avancé ces derniers... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le maire Marcel Corriveau a avancé ces derniers jours l'hypothèse que Saint-Augustin joigne une MRC voisine, sans donner de détails sur les démarches entreprises.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) La volonté de Saint-Augustin-de-Desmaures de quitter l'agglomération de Québec pour se joindre à la MRC de la Jacques-Cartier est sérieuse. Assez pour que le maire Marcel Corriveau ait récemment rencontré le conseil des maires de cette MRC. Saint-Augustin est aussi en train de mener une étude d'impact économique sur un tel scénario, a appris Le Soleil.

«On a rencontré Saint-Augustin. Dire que ce n'est pas vrai serait mentir», a confirmé le maire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Pierre Dolbec, lorsque questionné par Le Soleil. «M. Corriveau a demandé à nous rencontrer. On l'a fait», a-t-il dit à propos d'une rencontre qui a eu lieu il y a «environ un mois et demi».

Le maire Marcel Corriveau a avancé ces derniers jours cette hypothèse de joindre une MRC voisine, sans donner de détails sur les démarches entreprises.

M. Corriveau estime que la vie au sein de l'agglomération de Québec est devenue intenable. Lundi, il a mis son poste en jeu lors de la présentation du budget de sa ville. Un budget marqué par des hausses de taxes de 25 % en moyenne. Le maire se dit étouffé par la facture d'agglomération, qui a bondi de 111 % depuis 2008. En 2015, la ville défusionnée devra verser 25 millions$ à Québec, soit plus de la moitié du budget de la Ville, pour des services d'agglomération, dont les pompiers, la police, l'eau potable et les eaux usées, le transport en commun et le développement économique.

Or, malgré la complexité d'une telle démarche de se joindre à la MRC de la Jacques-Cartier, le scénario est assez sérieux pour que Saint-Augustin mène une étude pour voir si un divorce avec l'agglomération de Québec serait viable. 

Au conseil des maires de la MRC, qui compte aussi des municipalités comme Lac-Beauport, Sainte-

Brigitte-de-Laval, Lac Saint-Joseph, Lac-Delage et Stoneham, on ne cache pas que l'idée d'annexer Saint-Augustin et ses quelque 19 000 habitants pourrait être un bon coup.

Saint-Augustin a une valeur foncière «mautaditement intéressante», dit

M. Dolbec, qui cite aussi comme avantages potentiels pour la MRC le pouvoir politique «important» et la «population stable» de Saint-Augustin. «Ça ne peut pas être négatif», avance

M. Dolbec, qui demeure toutefois réaliste quant à la volonté du gouvernement du Québec de se lancer dans une telle aventure. «On s'entend que c'est strictement politique», dit-il. 

Au cabinet du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, on a refusé de commenter ce scénario précis mardi. Le conseiller politique Jean-Félix Lévesque a simplement réitéré la volonté du ministre de réunir le maire Marcel Corriveau ainsi que ceux de Québec, Régis Labeaume, et de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, après les Fêtes.

«Et la Ville de Québec, c'est assuré qu'ils ne laisseront pas aller le morceau en criant ciseaux», a poursuivi M. Dolbec. «C'est quand même pas mal d'argent qui vient de Saint-Augustin. Ça fait un méchant trou dans ton budget.»

Il y a deux semaines, Régis Labeaume a dit ne pas croire une seule seconde à la possibilité pour Saint-Augustin de quitter l'agglomération, peu importe la solution de rechange.

«Ça n'arrivera pas, ça se peut pas. La Loi est là», a tranché le maire de Québec le 9 décembre. 

Le Soleil n'a pu s'entretenir avec Marcel Corriveau sur cette question mardi.

Une «refusion» d'ici 5 à 10 ans?

Si rien ne change, Saint-Augustin fonce droit vers la fusion avec Québec d'ici «5 à 10 ans», selon l'avocat spécialisé en droit municipal François Marchand. Un point de vue partagé par Sylvie Asselin de SOS Saint-Augustin, selon qui la mobilisation citoyenne actuelle est celle «de la dernière chance».

«L'émotivité est là pour trois, quatre ans encore, mais dans un horizon de 5 à 10 ans, la logique, les chiffres et le côté comptable vont prendre le dessus», estime l'avocat François Marchand. Et à ce moment, avance-t-il, Saint-Augustin et L'Ancienne-Lorette seront contraintes de revenir dans le giron de Québec.

Il note aussi la possibilité d'un changement lorsque les maires Marcel Corriveau et Émile Loranger auront passé le flambeau.

«Ce sont des autonomistes fiers de leur ville, des personnalités assez fortes, respectées dans leur milieu, qui ont toujours été réélues sans difficulté», note-t-il. Mais un changement de garde ces prochaines années pourrait changer la donne, croit cet analyste du monde municipal. 

Du côté des contribuables de Saint-Augustin, Sylvie Asselin de SOS Saint-Augustin croit aussi que la «refusion» est inévitable si rien n'est fait. Ce regroupement citoyen, qui assure être indépendant de l'administration Corriveau, multiplie depuis quelques années les sorties et les pétitions sur la hausse des frais d'agglomération.

Mais loin de se résigner, Mme Asselin croit que la hausse de taxes de 25 % et le soutien affiché pour le maire lundi soir galvaniseront les citoyens ces prochaines semaines. Elle souhaite une mobilisation visible, avec des manifestations «qui vont déranger» pour convaincre le gouvernement du Québec de changer les règles de la facture d'agglomération.

Mais les gens de Saint-Augustin devront répondre présents, dit-elle. «Ça passe ou ça casse. Je suis convaincue que pour les citoyens, c'est la dernière chance de se mobiliser. Si les gens ne se lèvent pas, d'ici quelques années on va être étouffés et c'est sûr qu'on va retourner avec Québec.»

Quitter l'agglomération?

Quant à un autre scénario évoqué, celui de voir Saint-Augustin se joindre à la MRC de la Jacques-Cartier, François Marchand doute qu'il soit plausible. «Ça n'arrivera pas. [La Ville de] Québec va s'opposer de toutes ses forces», dit-il. «Et le gouvernement n'embarquera pas là-dedans. Déjà que les défusions avaient été pénibles.»

L'avocat considère toutefois davantage réaliste l'idée d'élargir la facture d'agglomération pour la faire payer aussi par les municipalités de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).

«Ça, je trouve ça intéressant. Est-ce que le gouvernement ne devrait pas agrandir l'assiette de ceux qui payent? Peut-être que ça hurlerait sur la côte de Beaupré et à Lac-Beauport, mais cette voie pourrait être explorée.»

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