Terrains des Soeurs de la Charité: l'UPA lance un appel à la population

Les terrains des Soeurs de la Charité, qui... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche­­)

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Les terrains des Soeurs de la Charité, qui viennent d'être vendus au promoteur Michel Dallaire, ont une grande valeur agricole pour l'UPA, qui croit qu'un développement résidentiel et commercial contribuera à l'étalement urbain et à la perte de terres agricoles cultivables.

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(Québec) Il serait temps que la Ville de Québec considère son territoire agricole comme un bien patrimonial et non pas comme une opportunité de développement à tout prix, lance l'Union des producteurs agricoles (UPA). L'organisation s'en remet maintenant aux citoyens de la capitale pour défendre ses rares terres cultivables.

Selon Jacynthe Gagnon, présidente régionale de l'UPA pour la Capitale-Nationale, la Ville de Québec, le maire en tête, n'a de toute évidence «pas pensé» à la vocation de base d'une terre agricole en manifestant la volonté de développer les terrains des Soeurs de la Charité. «Tout citoyen a besoin de se nourrir. [...] Quand on développe une terre agricole comme celle-là, on ne peut plus revenir en arrière», a-t-elle prévenu en entrevue au Soleil. «Il va falloir qu'on se pose les bonnes questions avant de faire quoi que ce soit.»

Mme Gagnon voit la présence de terres agricoles sur le territoire de la capitale comme une signature comparable aux bâtiments patrimoniaux. «Il va falloir que la Ville s'aperçoive qu'il y a un patrimoine important là-dedans. Ça a déjà nourri du monde! [...] Ce n'est pas parce qu'il n'y a rien dessus que ce n'est pas patrimonial.»

Jeudi, le promoteur Michel Dallaire, flanqué du maire, a annoncé l'achat de près de 200 hectares appartenant aux Soeurs de la Charité de Québec pour y construire 6500 unités d'habitation et des espaces commerciaux. L'homme d'affaires veut ni plus ni moins y ériger une «miniville» de 20 000 habitants.

Interrogé sur l'utilisation actuelle des terres, le maire avait minimisé les conséquences d'une perte de territoire cultivable en déclarant qu'il s'y produisait «du foin, pas des tomates».

Toujours zonées agricoles, les terres ciblées par l'imposant projet immobilier devront forcément passer sous la loupe de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Des arguments de moins

Comme le prévoit le processus, l'UPA aura à fournir un avis à la commission. Selon Jacynthe Gagnon, il sera difficile de contester l'aspect philanthropique du projet de Michel Dallaire. Tous les profits provenant de la vente d'unités iront en effet à des oeuvres de charité. «On ne peut pas être contre la vertu. Le fait d'avoir des intérêts philanthropiques, c'est sûr que c'est une bonne chose», a-t-elle concédé.

L'UPA, attachée «émotivement» à chaque parcelle de terre agricole en bon état, aura, entre autres, à déterminer si le développement prévu peut se faire ailleurs. Vu l'ampleur du projet, il sera difficile de dénicher d'autres terrains vagues. «C'est peu probable [qu'on trouve]. C'est un argument de moins».» L'UPA applaudit chaque initiative qui ne contribue pas à l'étalement urbain. Étant enclavé, le territoire des Soeurs ne peut être considéré comme de l'étalement, a souligné Mme Gagnon.

Si la tâche s'annonce ardue pour l'UPA, la présidente régionale soutient que son organisation analysera le dossier de façon rigoureuse. Elle croit cependant que la population aura un rôle à jouer si elle veut défendre ses terres agricoles en milieu urbain. «Il est grand temps que les consommateurs, que les citoyens, le disent haut et fort, que c'est une richesse. On ne défendra pas le bien fondé si le citoyen n'est pas impliqué avec nous autres.»

À noter que le directeur général de la CPTAQ, Serge Cardinal, a confirmé au Soleil n'avoir reçu aucune demande de changement de zonage pour le moment.

À la défense des irréductibles

Jacynthe Gagnon promet que l'UPA sera là pour épauler et défendre les agriculteurs toujours présents dans la région de Québec. Le Soleil rappelait vendredi que les propriétaires de quelques fermes situées à proximité des terres des Soeurs de la Charité étaient inquiets de voir leur compte de taxes augmenter dramatiquement à la suite de cette transaction de 39 millions $.

Si le projet va de l'avant et si l'effet de la spéculation atteint les 85 producteurs de la ville, l'UPA militera auprès de la mairie et du ministère de l'Agriculture afin que les impacts soient minimes sur les agriculteurs toujours actifs.

****

«Pas besoin d'empiéter»

Il y a suffisamment d'endroits à développer ou à réaménager pour éviter de construire des habitations sur les terres des Soeurs de la Charité, croit le Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale. «On n'a pas besoin d'empiéter. On a trop de terrains à développer, à requalifier. Dans le cas de Québec, [le projet de Michel Dallaire] vient nuire aux efforts de densification», plaide Alexandre Turgeon, directeur général du conseil. Le conseil régional entend s'opposer au projet de développement devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec, bien «qu'on ne peut pas être contre le modèle d'affaires qui est présenté», soit à vocation philanthropique. L'organisation entend notamment démontrer que les terres convoitées sont de très haute qualité. M. Turgeon espère finalement que l'Union des producteurs agricoles «sera forte» et s'opposera à ses côtés. «S'il faut épauler l'UPA pour leur montrer qu'il y a la capacité ailleurs de bâtir [autant d'unités d'habitation], on va le faire.»

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