Saint-Augustin-de-Desmaures: des lobbyistes pour veiller au grain

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Marcel Corriveau

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(Québec) Dans l'ombre de Québec, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmauresa choisi d'innover pour que ses demandes de financement cheminent jusqu'au gouvernement provincial. Depuis quelques années, des lobbyistes sont mandatés pour mousser les gros dossiers municipaux. Le maire Marcel Corriveau justifie cette dépense par le contexte politique et le manque de ressources internes.

L'Ancienne-Lorette annonçait récemment l'embauche de l'ex-ministre Nathalie Normandeau afin qu'elle négocie une sortie de crise avec l'agglomération de Québec. Celle-ci s'est désistée quelques jours plus tard, ayant accepté de devenir animatrice radio au FM93.

À Saint-Augustin, le recours à des lobbyistes est désormais une habitude. Tout a commencé en 2012, quand le dossier de construction du centre sportif multifonctionnel et celui de l'agrandissement du parc industriel François-Leclerc piétinaient. Le conseil municipal a alors donné un contrat à la firme Hill+Knowlton Stratégies pour «débloquer» des subventions.

Dans les deux cas, l'objectif a été atteint, raconte le maire Corriveau. Si bien qu'en 2013, au moins quatre mandats se sont ajoutés pour un montant global dépassant les 25 000 $.

Les lobbyistes devaient boucler le financement de l'agrandissement du gymnase de l'école des Pionniers ainsi que du terrain de soccer et de football synthétique au campus Notre-Dame-de-Foy. Ils devaient réclamer des subventions pour faciliter la venue de l'entreprise Solutex dans le parc industriel et permettre la réfection de rues et d'infrastructures d'eau potable dans le contexte du programme d'infrastructures Québec-municipalités.

Les résultats ont été moins concluants, admet M. Corriveau. Seules deux rues ont pu être refaites avec les sommes obtenues. «Ce n'est pas un résultat de 100 %. Il y a des victoires et des défaites. Mais je suis convaincu que le travail a été fait correctement», dit-il.

Cet été, un nouveau mandat de «moins de 10 000 $» a été confié à la firme de relations publiques et gouvernementales National pour des «représentations auprès des décideurs publics afin de discuter des avenues permettant à la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures de disposer de nouveaux revenus, notamment un potentiel règlement d'emprunt, dans le but de stabiliser sa situation financière».

Selon le maire, le recours à des lobbyistes, «c'est une façon de nous aider à contacter les bonnes personnes aux bons endroits» dans un contexte de restrictions budgétaires et de «premier arrivé, premier servi». Faut-il des «contacts» pour progresser dans l'appareil gouvernemental? «Je suis obligé de vous dire que c'est important», répond M. Corriveau.

Difficile proximité avec Québec

Après les défusions et la formation du conseil d'agglomération de Québec, les dirigeants de Saint-Augustin ont d'ailleurs senti qu'il était plus ardu de joindre les hauts fonctionnaires et les ministres. «Notre situation est plus difficile. On vit avec une ville comme Québec qui est un éléphant. Il y a deux souris à côté et pour faire valoir notre point de vue, je vous dirais que c'est plus compliqué», explique le maire. C'est pareil pour toutes les petites villes du Québec, selon lui.

La taille est aussi un handicap dans le sens où le nombre de fonctionnaires municipaux pouvant entreprendre des démarches auprès du provincial est restreint, ajoute M. Corriveau. Lui-même n'a pas d'attaché politique. Saint-Augustin a un cadre pour superviser les travaux publics et un autre aux services juridiques. Plusieurs tâches sont effectuées en sous-traitance. «Ça coûte moins cher que d'embaucher quelqu'un à temps plein», est convaincu le maire, heureux de compter sur cet «accompagnement». 

Quelques municipalités québécoises ont recours à des lobbyistes pour faire avancer leurs dossiers. Le Soleil en a identifié une bonne vingtaine dans le registre des lobbyistes. Saint-Augustin est la seule dans la région de Québec, géographiquement proche du pouvoir provincial.

Selon les principes de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, les titulaires de charge publique, élus ou fonctionnaires, ne sont pas considérés comme des lobbyistes. Théoriquement, ils peuvent donc avoir accès aux décideurs sans intermédiaire et sans limites. Ils ne sont pas tenus de dévoiler la nature de leurs échanges comme doivent le faire les lobbyistes.

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