Débrayage des cols blancs de Lévis: la grève générale pas exclue

Lundi, à Lévis, une trentaine d'édifices municipaux n'ont... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Lundi, à Lévis, une trentaine d'édifices municipaux n'ont pu ouvrir leurs portes comme à l'habitude en raison de la grève des cols blancs.

Le Soleil, Yan Doublet

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Piscines, arénas, bibliothèques, centres de loisirs, incinérateur, écocentre, garages municipaux : la plupart des services de la Ville de Lévis ont été paralysés lundi par la grève des cols blancs. Et cela pourrait bien n'être que le début, car les fonctionnaires municipaux n'excluent pas le recours à la grève générale illimitée si les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective n'aboutissent pas.

L'automne pourrait bien être chaud à Lévis. Lundi, une trentaine d'édifices municipaux n'ont pu ouvrir leurs portes comme à l'habitude. La Ville a été forcée d'annuler toutes les activités de loisirs et les rencontres prévues à l'horaire entre 6h et minuit dans les piscines, les arénas, les gymnases scolaires, les chalets de services et les centres communautaires, et ce, en raison des moyens de pression exercés par ses cols blancs. 

Autre effet collatéral de la grève de 24 heures, les activités du centre de vaccination de Lévis ont dû être temporairement déplacées puisque l'accès au centre de plein air, où elles devaient se tenir, a été bloqué par les travailleurs en débrayage.

Les cols blancs étaient en effet à pied d'oeuvre tôt lundi matin, pour barrer l'accès aux édifices, dont celui de l'hôtel de ville. Une quinzaine de cadres et de professionnels ont dû être escortés par les policiers pour entrer au bureau sous les huées des manifestants. Le maire Gilles Lehouillier ne s'est pas présenté à l'hôtel de ville en matinée, ni en début d'après-midi.

Le conseiller du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) représentant les quelque 500 fonctionnaires municipaux de Lévis, Yanick Labrecque, a indiqué que 160 cols bleus et 90 professionnels ont choisi de ne pas franchir les piquets de grève et de ne pas se présenter au boulot lundi.

Sur le coup de midi, quelques centaines de travailleurs, dont certains venus de l'extérieur de la région, ont convergé vers la route du Fleuve, et ont manifesté bruyamment devant l'hôtel de ville, forçant la fermeture de la rue passante. En point de presse, Yanick Labrecque a déploré «les négociations qui traînent en longueur depuis des années». La Ville est dans une position où elle a de la difficulté à embaucher en raison de ses conditions salariales insuffisantes, dénonce-t-il.

Les cols blancs voudraient bien régler la question des régimes de retraite, mais le maire Lehouillier a martelé que les discussions à ce sujet devaient attendre l'adoption du projet de loi 3 par le gouvernement. «Je ne comprends pas pourquoi on se cache derrière un projet de loi alors qu'on pourrait régler les conditions de travail des employés», a pour sa part fait valoir la présidente du syndicat des cols blancs de Lévis, Hélène Saint-Pierre.

Le porte-parole de la Coalition pour la libre négociation, Marc Ranger, qui est aussi directeur adjoint du SCFP responsable du secteur municipal, était sur place une partie de la journée pour appuyer les syndiqués lévisiens, avant de se diriger vers Québec où une manifestation contre le projet de loi 3 a eu lieu devant l'hôtel de ville. «Le maire devrait s'asseoir. Pas s'asseoir sur le projet de loi 3. S'asseoir et négocier, ça c'est clair.»

«On espère que le maire va comprendre. [...] On tend la main au maire Lehouillier. S'il a intérêt à régler comme il le dit partout sur la place publique, qu'il vienne s'asseoir et qu'il vienne constater que nos demandes sont tout à fait raisonnables», a ajouté Yanick Labecque. Sinon, la grève générale est-elle envisagée? «Il n'y a rien d'exclu», s'est limité à répondre le conseiller syndical.

Le maire Gilles Lehouillier, n'a pas été ébranlé par cette journée de grève, qui était légale, souligne-t-il. Cela ne modifiera pas son plan de match. 

«Les moyens de pression ne changent rien à notre volonté d'en arriver à une entente négociée mais dans le respect des paramètres fixés pour les autres syndicats», a-t-il affirmé.

La convention collective des cols blancs de Lévis est échue depuis le 31 décembre 2008. Une lettre d'entente concernant les salaires a entre-temps été signée, mais elle n'est plus valide depuis le 31 décembre 2011. 

Avec Annie Morin

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