Quartier Nodélo: des citoyens de Charlesbourg forcent la tenue d'un référendum

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Le futur quartier Nodélo

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(Québec) La Ville de Québec décidera «ces prochains jours» si elle ira jusqu'à la tenue d'un référendum sur le futur quartier Nodélo, au nord de Charlesbourg. Vendredi, 111 résidants du secteur, soit trois fois le minimum nécessaire, ont signé le registre pour forcer la tenue d'un tel scrutin ou l'abandon du projet.

Après avoir pris acte de l'opposition citoyenne, l'administration Labeaume réfléchit présentement à savoir si elle «suivra le processus», a commenté le vice-président du comité exécutif, François Picard.

«Pour l'Îlot Irving, on a décidé de poursuivre le processus. C'est ce qui sera regardé avec nos collègues de l'arrondissement ces prochains jours», a-t-il dit.

Divers scénarios sont sur la table, et il n'est pas impossible que la Ville renvoie le promoteur Sébastien Leboeuf à sa table à dessin, dit-il.

«On dit souvent qu'on bafoue la démocratie à la Ville de Québec. Dans ce cas, on statuera si on poursuit le processus», a martelé M. Picard en marge du conseil municipal mardi soir.

Les registres étaient ouverts vendredi pour sonder les citoyens du secteur George-Muir-Laurentienne sur le projet immobilier de 500 millions $, qui doit servir de modèle aux deux écoquartiers planifiés par la Ville. Le promoteur Sébastien Leboeuf pilote les trois projets.

Deux changements de zonage faisaient l'objet de cette consultation, un autorisant l'implantation de commerces et l'autre une augmentation de la densité résidentielle. Pour le premier, qui concernait les environs de la rue George-Muir, il fallait 20 signatures pour aller en référendum ou bloquer le projet et il y en a eu 19. Pour le second, qui indispose davantage les résidants du Carré Aristote, il fallait 39 signatures et il y en a eu 111.

La question de la densité résidentielle doit donc être soumise au vote des propriétaires des deux zones visées par les changements. S'il n'y a pas de référendum, ou s'il est perdu, la modification doit être abandonnée ou un nouveau texte doit être soumis.

Le conseil d'arrondissement doit faire part de sa stratégie lors de sa prochaine séance, le 28 mai, ou la suivante. Le référendum, lui, doit être tenu au plus tard le 28 août, soit 120 jours après l'adoption du règlement contesté.

La Ville de Québec a établi que 278 personnes sont habiles à voter s'il y a référendum. Ce nombre est établi en croisant la liste électorale et le rôle d'évaluation des deux zones concernées. L'une est à développer et donc pratiquement inhabitée. L'autre inclut le quartier résidentiel autour du Carré Aristote.

«C'est un terrain, un vote», résume Marie-Christine Magnan, porte-parole de la Ville de Québec. Il n'y a pas de taux de participation minimal à atteindre. Seuls les votes des personnes qui se déplacent sont comptabilisés.

Denis Béland, l'un des citoyens contestataires, était satisfait, mardi, d'avoir «réussi à mobiliser autant de gens du secteur» pour la signature du registre. Il a bon espoir maintenant d'obtenir une majorité de Non s'il y a référendum. «Les citoyens semblent vraiment décidés à bloquer ce projet», dit-il. L'ampleur du développement - 3000 à 4000 nouveaux résidants en quelques années - et l'impact sur la circulation posent problème aux voisins.

Le promoteur immobilier Sébastien Leboeuf, qui possède une vingtaine de grands terrains dans le secteur, espère rencontrer l'administration municipale cette semaine. L'homme d'affaires n'avait pas caché, la semaine dernière, qu'il souhaitait éviter le référendum et lancer le plus rapidement possible la première phase de son développement qui comprendra à terme 1600 logements disposés autour d'un immense parc.

M. Leboeuf entend aussi rencontrer les contestataires dans l'espoir de trouver un terrain d'entente.

Denis Béland déplore justement que les citoyens se retrouvent dans une position de négociation avec le promoteur. Il croit que c'est à la Ville d'agir en «arbitre», de proposer sa vision du développement du secteur au lieu de laisser les promoteurs décider, puis leur demander de convaincre la population. «Cette approche de la Ville, elle est fautive», déplore-t-il.

Du côté de l'opposition, le chef de Démocratie Québec, David Lemelin, a dit mardi soir craindre que se reproduise le scénario de 2011 alors que des citoyens de Charlesbourg ont tenté de faire avorter la construction de 172 condos dans le secteur de Maria-Goretti.

«À Maria-Goretti, les gens ont tout fait pour avoir un référendum. La Ville a toujours dit qu'elle respectait le processus et dès que ç'a été possible, elle l'a flushé», a-t-il illustré.

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