Complexe Place Jacques-Cartier: la CSQ exige des excuses de Labeaume

La Ville et la CSQ sont en froid... (Image fournie par la Ville de Québec)

Agrandir

La Ville et la CSQ sont en froid depuis l'échec du projet de tour commerciale et résidentielle planifiée à l'angle des rues Saint-Joseph et de la Couronne. Le maire Régis Labeaume en a remis, jeudi, en affirmant que les dirigeants de la CSQ, copropriétaire du Complexe Place Jacques-Cartier, étaient «dans le capitalisme jusqu'aux oreilles».

Image fournie par la Ville de Québec

Partager

(Québec) Le maire Régis Labeaume recevra dans les prochaines heures une mise en demeure de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui en a ras le bol de voir ses dirigeants présentés comme des «capitalistes» voulant profiter des contribuables de Québec. Des excuses publiques sont réclamées.

Les relations déjà tendues entre les partenaires d'affaires se sont encore dégradées cette semaine. Mardi, le conseil municipal a adopté une résolution lançant le processus d'expropriation de la centrale syndicale, qui possède le Complexe Place Jacques-Cartier conjointement avec la Ville de Québec. Le maire en a profité pour dire que ses vis-à-vis étaient «dans le capitalisme jusqu'aux oreilles».

Les deux organisations sont en froid depuis l'échec du projet de tour commerciale et résidentielle planifiée à l'angle des rues Saint-Joseph et de la Couronne. La CSQ, qui possède un droit de premier refus, a proposé de la construire. Mais Québec estime que le dossier prend trop de temps à se concrétiser et lui coûterait trop cher. La Ville veut donc reprendre possession des lieux pour procéder au plus vite à l'agrandissement de la bibliothèque Gabrielle-Roy.

Mercredi, la CSQ a réagi dans un communiqué de presse. «Pour des raisons qui nous échappent, le maire confond sciemment le projet immobilier privé qui nécessite l'accord de la CSQ et le projet public d'agrandissement de la bibliothèque, qui peut être mis de l'avant en tout temps, sans qu'il y ait nécessité d'une expropriation de plusieurs millions de dollars pour les contribuables de Québec», a dénoncé sa présidente, Louise Chabot.

Jeudi matin, le maire Labeaume en a remis. «Ces gens-là sont pas corrects. Les gens de la CSQ, ce sont de mauvais citoyens corporatifs. Ils savent fort bien qu'ils mentent quand ils disent ça. [Le projet] est un tout, c'est un montage financier total. [...] Ils tentent de faire une passe d'argent sur le dos des citoyens parce qu'ils ont un droit de premier refus, quelque part ils veulent monnayer pour des millions de dollars. Je trouve ça épouvantable. Ils se comportent très mal, et je ne comprends pas que leurs membres les laissent faire», s'est-il emporté.

Malgré cette envolée, M. Labeaume a donné l'impression de se censurer. «Eux autres, j'espère qu'ils vont régler parce que ça ne sera pas beau quand on va expliquer tout ce qui s'est passé là. C'est vraiment pas chic. Ils ont l'air des anges parce que ce sont des syndicalistes, mais ils se comportent comme les pires des capitalistes», a-t-il ajouté.

En entrevue au Soleil en après-midi, Louise Chabot a qualifié d'«intolérable» cette escalade verbale. «Ça a assez duré. On ne laissera pas la CSQ faire ternir sa réputation», a-t-elle déclaré d'un ton ferme.

Une première

L'envoi d'une mise en demeure a été confirmé dans un communiqué. «La Centrale somme donc le maire Labeaume de se rétracter dans les plus brefs délais et d'exprimer publiquement ses excuses à l'endroit de la CSQ, de ses membres et de son personnel, dont plusieurs sont citoyens de Québec», peut-on y lire.

C'est la première fois que la centrale syndicale agit ainsi contre un élu, tous paliers gouvernementaux confondus. «Il faut que je me pince», a lancé Mme Chabot. «On a déjà vécu des négociations complexes et difficiles. De la mauvaise foi, on a vu ça. Mais là, c'est la guerre ouverte et c'est intolérable», a-t-elle renchéri.

Informé de la mise en demeure imminente de la CSQ, l'attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, a simplement déclaré: «On l'attend.»

Au cours des derniers mois, Régis Labeaume a reçu des mises en demeure de l'Association des pompiers professionnels de Québec, du président du syndicat des cols blancs, Jean Gagnon, et de la directrice du Squat Basse-Ville, Louise Fortin, à la suite de déclarations publiques.

Avec Valérie Gaudreau

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer