La Ville a payé 33 % plus cher pour l'installation de haut-parleurs au Centre de foires

La Ville a écarté la plus basse soumission... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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La Ville a écarté la plus basse soumission pour le contrat de fourniture de «système de son» au Centre de foires, jugeant le format des amplificateurs proposés non conforme au bon de commande de l'appel d'offres.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) La Ville de Québec a payé 33 % plus cher que le prix du plus bas soumissionnaire pour un contrat de fourniture de «système de son» au Centre de foires.

La plus basse soumission répondait aux exigences de performance recherchées, mais la Ville l'a écartée pour une considération technique.

Elle a jugé que le format des amplificateurs proposés n'était pas conforme au bon de commande de l'appel d'offres.

Le contrat a été octroyé au plus bas soumissionnaire conforme, Solotech, pour 133 550 $,

33 000 $ de plus que l'offre soumise par Siscom.

Le contrat visait l'installation de haut-parleurs permanents dans la nouvelle partie du Centre de foires. Ceux-ci servent à diffuser des informations générales ou relatives à la sécurité.

L'appel d'offres a été lancé le printemps dernier. ExpoCité y décrivait les équipements recherchés : haut-parleurs Bose et Tannoy, contrôles de son Atlas Sound, traitement de signal Biamp, etc.

Pour chaque élément, ExpoCité précisait si des équivalences pouvaient être acceptées. Elle n'a cependant rien précisé pour les amplificateurs.

Le texte parle simplement d'appareils de cinq et de deux canaux et indique la puissance recherchée.

Siscom a pris la liberté de proposer des amplis de quatre canaux en s'assurant d'obtenir au final la puissance demandée.

Nos vérifications auprès d'experts indépendants confirment que l'offre de Siscom répondait aux exigences de puissance sonore, bien que le format des amplis était différent.

Dans le milieu, on sait aussi que lorsque la marque Bose apparaît dans un appel d'offres de haut-parleurs, c'est que l'organisation a une préférence pour le produit Bose distribué par Solotech.

«Organisé d'avance»

Ce contrat était «organisé d'avance», croit le président de Siscom, Jean Giroux. «Les gens du Centre de foires ne voulaient pas que ce soit nous», a-t-il perçu.

«C'est à lui [Solotech] que le contrat était destiné de toute façon», écrit M. Giroux dans une note acerbe adressée le 3 juillet dernier au directeur des achats à la Ville, François Edmond.

M. Giroux croit que la Ville avait le droit d'écarter son offre.

«Nous n'avons rien à redire», écrit-il à M. Edmond, de la division des achats.

Mais «vous auriez tout aussi bien pu les [nos amplificateurs] accepter, et personne d'autre n'aurait rien eu à redire. Il fallait juste faire preuve de jugement», croit-il.

M. Giroux trouve «incroyable» que la Ville de Québec se prive d'une économie de 30 000 $ pour un «détail administratif».

La Ville conteste l'interprétation de Siscom voulant que sa soumission ait été écartée pour un détail.

«Ce genre de modifications au bordereau ne sont plus des équivalences légales pour nous», explique

M. Edmond dans une note à M. Giroux. «Cela entraîne un rejet automatique de la soumission», prévient-il.

La Ville affirme ainsi agir avec rigueur, légalité et équité pour tous les soumissionnaires.

Si Siscom avait des équivalences à proposer, il lui fallait le faire pendant le processus d'appel d'offres, explique M. Edmond. La Ville aurait alors avisé tous les soumissionnaires que des amplis à quatre canaux pouvaient aussi être acceptables.

La Ville aurait aussi pu reprendre l'appel d'offres en autorisant des équivalences de format d'ampli, ce qui lui aurait permis de payer moins cher. Elle ne l'a pas fait.

Insatisfait des explications de la Ville, M. Giroux a porté plainte au ministère des Affaires municipales le 30 juillet dernier.

Le Ministère a jugé cette plainte «non admissible», estimant qu'il n'est pas de son pouvoir d'intervenir, le processus d'appel d'offres ayant été suivi.

Gestion critiquée

Le Ministère n'a pas cherché à vérifier si les équipements de Siscom pouvaient répondre aux besoins d'ExpoCité à meilleur prix.

«Ce n'est pas en lien avec nos pouvoirs municipaux», a expliqué la porte-parole du Ministère, Caroline St-Pierre.

Dans son rapport 2011, le vérificateur général de la Ville de Québec, François Gagnon, critique la gestion de certains contrats à ExpoCité.

Il y note que des appels d'offres ont eu pour effet de favoriser un fournisseur.

Il y dénonce aussi la décision d'ExpoCité d'accorder en appel d'offres un contrat à un fournisseur qui avait participé à la confection du devis.

Qui plus est, ce fournisseur n'était pas le plus bas soumissionnaire, mais les autres offres ont été jugées non conformes parce qu'incompatibles avec des équipements. Un détail qui avait été omis dans le devis.

M. Gagnon refuse de rendre publics le nom de ce fournisseur et les détails de son enquête. Il confirme cependant qu'il ne visait pas le contrat de sonorisation au Centre de foires ni l'entreprise Solotech.

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