Nouvelle offensive pour ajouter les Plaines au patrimoine de l'UNESCO

«Les Plaines et les tours Martello devraient faire... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

«Les Plaines et les tours Martello devraient faire partie du site patrimonial» de l'UNESCO, croit fermement Michel Bonnette.

Le Soleil, Yan Doublet

Partager

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) L'inscription des plaines d'Abraham au patrimoine mondial de l'UNESCO a déjà fait l'objet de discussions auprès des autorités concernées il y a quelques années. À l'occasion du 50e anniversaire de l'arrondissement historique du Vieux-Québec, en 2013, l'idée de redéfinir ses limites afin d'y inclure le parc des Champs-de-Bataille pour qu'il jouisse d'une plus grande protection refait surface.

«Les Plaines et les tours Martello devraient faire partie du site patrimonial, puisqu'un des deux motifs pour lesquels le Vieux-Québec a été inscrit à l'UNESCO [en 1985], c'est la présence de sa fortification et de tout son système défensif», plaide Michel Bonnette, qui a été directeur de la division Vieux-Québec et patrimoine au service d'urbanisme de la Ville de Québec entre 1978 et 1993.

M. Bonnette, qui a par la suite été directeur scientifique de l'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM), n'est pas le seul à croire que le parc historique devrait être reconnu auprès de l'organisme onusien. Celui qui a été à la tête de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) pendant près de 15 ans, André Juneau, l'a consulté en 2006 pour savoir comment entreprendre les démarches nécessaires auprès de l'UNESCO.

«On a un des plus beaux parcs urbains dans le monde. On s'est dit que ce serait peut-être intéressant de l'inscrire», confirme M. Juneau, qui dit avoir rencontré à ce sujet celui qui était à l'époque directeur adjoint de la Ville, Serge Viau. «On nous a fait une liste de ce qu'il fallait faire, c'est un processus assez lourd», explique André Juneau, qui souligne que des craintes ont été soulevées selon lesquelles l'élargissement du périmètre deviendrait restrictif pour la délivrance de permis dans le secteur.

Le projet a cependant été mis sur la glace en raison des Fêtes du 400e, qui ont monopolisé l'attention des autorités. «On a mis ça de côté et on s'est dit qu'on y reviendrait quand on aurait le temps», affirme M. Juneau, qui a quitté la Commission des champs de bataille nationaux en 2009 sans reprendre le dossier. En raison du congé des Fêtes, à la Ville de Québec comme à la CCBN, il a été impossible de nous dire la semaine dernière si celui-ci a depuis été dépoussiéré.

Même s'il n'est plus employé du gouvernement fédéral, André Juneau juge qu'il serait toujours pertinent de reprendre les démarches auprès de l'UNESCO. Il ne croit pas que cela nuirait à la vocation des Plaines, qui viennent tout juste de se doter d'une nouvelle politique d'utilisation pour encadrer les événements à grand déploiement. «Les concerts n'empêchent pas la conservation du site. [...] Dans le Vieux-Québec, il y a le Crashed Ice», fait-il valoir.

Redécoupage et zone tampon

Michel Bonnette va encore plus loin et juge que c'est tout le tracé du Vieux-Québec qui devrait être refait pour y inclure non seulement les plaines d'Abraham et les tours Martello, mais aussi une partie du Vieux-Port et du Cap-Blanc.

L'urbaniste estime également que des aires de protection, incluant les secteurs jouxtant l'arrondissement historique comme la Grande Allée, le quartier Saint-Jean-Baptiste, la colline parlementaire et Saint-Roch, doivent être mises en place pour que ceux-ci ne soient pas dénaturés par de nouveaux ensembles résidentiels qui ne cadrent pas dans le décor historique.

«Il faut établir un mode de gestion qui ferait en sorte que le Vieux-Québec soit davantage lié aux parties externes pour éviter que le quartier devienne un îlot perdu au sein d'une ville moderne», avance-t-il. Pour M. Bonnette, cela est primordial, alors que le nombre de touristes venant à Québec ne cesse de croître.

«Il faut utiliser le Vieux-Québec comme une attraction, mais il ne faut pas qu'il étouffe [...]. Il faut permettre au flux touristique de sortir du centre historique», fait-il valoir, jugeant que le 50e anniversaire de l'arrondissement représente une belle occasion de jeter un regard sur ce qui a été fait et, surtout, de se projeter dans l'avenir.

Les propositions d'établir des aires de protection et... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

Agrandir

Les propositions d'établir des aires de protection et d'effectuer un redécoupage du Vieux-Québec ont déjà été soulevées dans les dernières décennies.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Des discussions qui ont déjà eu lieu

L'idée d'un redécoupage du Vieux-Québec avait déjà été soulevée au début des années 80, lorsque les autorités préparaient la candidature de l'arrondissement historique à l'UNESCO. Mis de côté en raison de l'empressement à faire reconnaître le site comme patrimoine mondial, le dossier a finalement été présenté à Paris en fonction des limites fixées pour le Vieux-Québec en 1963 par le ministère de la Culture. Celles-ci ont été entérinées telles quelles par l'organisation internationale en 1985.

La proposition d'établir des aires de protection a aussi déjà été discutée lorsque le projet d'un cinéma IMAX dans le Vieux-Port dans les années 90 avait provoqué une levée de boucliers et que l'UNESCO s'était penchée sur le dossier. Un comité de concertation réunissant des représentants du gouvernement du Québec, du ministère du Patrimoine canadien et du Secrétariat aux villes du patrimoine mondial avait été mis sur pied. Celui-ci notait entre autres que les limites du site patrimonial n'étaient «ni parfaitement logiques, ni tout à fait cohérentes», et proposait un cadre de gestion et une zone tampon pour les quartiers avoisinant l'arrondissement historique. Cela n'a jamais été adopté.

À savoir

Périmètre

Le périmètre du site patrimonial du Vieux-Québec, qui couvre environ 135 hectares, est approximativement délimité par le fleuve Saint-Laurent, les rues Saint-André et Saint-Paul, les secteurs du palais de l'Intendant et de l'îlot Fleurie, la rue Saint-Vallier Est, la côte d'Abraham, et par une ligne imaginaire passant entre l'hôtel du Parlement et les remparts qui se poursuit jusqu'à la falaise et le fleuve. Il englobe la ville fortifiée située dans le quartier Vieux-Québec-Haute-Ville, ainsi que certaines portions des quartiers Vieux-Québec-Basse-Ville, Cap-Blanc (à l'ouest) et Saint-Roch (au nord).

Source : ministère de la Culture et des Communications du Québec

Tours Martello

Les quatre tours Martello de Québec ont été construites entre 1808 et 1812 devant l'enceinte fortifiée de la ville pour servir de ligne défensive contre une éventuelle attaque américaine. La tour numéro 3, qui se trouvait à proximité du Grand Théâtre sur René-Lévesque, a été démolie en 1905.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer