Labeaume ne tolère aucune discussion, dénonce le conseiller Paquet

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(Québec) «Le maire Labeaume nous fait passer pour des plantes vertes.» Les conseillers Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie ont quitté Équipe Labeaume jeudi parce que le maire «ne tolère aucune discussion».

Décisions prises à l'avance, difficulté à avoir accès à l'information, «attitude irrespectueuse» envers «tous ceux qui osent s'opposer à lui»: les deux conseillers qui ont annoncé leur démission jeudi n'ont pas été tendres envers le maire de Québec.

Assurant malgré tout ne pas vouloir «faire le procès» de Régis Labeaume, Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie ont dit combien ils se sentaient marginalisés au sein du parti du maire.

M. Paquet a même évoqué jeudi avoir déjà été victime de menaces de la part de M. Labeaume. «Mais pas devant mes collègues», a-t-il pris soin de préciser. Seul à seul, alors? «Moi, ça m'est déjà arrivé. Mais il va le nier de toute façon», a ajouté M. Paquet, pressé de questions après la conférence de presse où il a confirmé sa démission comme l'annonçait Le Soleil mercredi matin.

Mme Picard-Lavoie a pour sa part affirmé que «l'auto-opposition» dans les rangs de sa propre équipe promise par Régis Labeaume lors des élections de 2009 est un «leurre».

Les deux élus, qui bénéficieront dorénavant d'un budget de recherche de 30 000$, n'ont pas fourni jeudi de «cas type» qui aurait causé des flammèches. Mais M. Paquet a raconté qu'un élément déclencheur a été une «prise de bec» entre M. Labeaume et une collègue dont il a été témoin. «Moi, c'est la goutte qui a fait déborder le vase», a-t-il dit à propos de l'incident qui se serait déroulé il y a quelques mois.

Pourquoi avoir attendu avant de quitter le navire? «Ça prend du courage. Quand Régis Labeaume est à 80 % dans les intentions de vote, c'est dans nos districts aussi. Pensez-vous que ça ne prend pas du courage pour être ici aujourd'hui?» a répondu M. Paquet.

Louis Côté, l'homme qui travaille dans l'ombre

Au moment d'annoncer leur départ jeudi, Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie ont dénoncé à quel point l'influent chef de cabinet du maire Régis Labeaume, Louis Côté, en mène large à la Ville de Québec.

En conférence de presse jeudi, une journaliste a demandé à M. Paquet s'il avait «peur» de l'attitude du maire à son égard maintenant qu'il est dans l'opposition. «Moi, si j'ai peur de la droite de M. Labeaume, je peux vous dire que j'ai encore plus peur de la gauche de M. Côté», a illustré M. Paquet en usant d'une analogie tirée du monde de la boxe.

Issu du monde de la publicité, ancien de Cossette, Louis Côté est résolument l'homme de l'ombre du maire. En juin dernier, le public avait fait davantage sa connaissance lors de la bousculade à l'hôtel de ville. C'est lui, «l'homme à la chemise blanche», comme l'avait surnommé le citoyen David Gagnon.

Réputé compétent, exigeant, Louis Côté est aussi parfois décrit comme impitoyable. Et très présent.

«Des fois, je me demande c'est qui le maire», a lancé M. Paquet.

Même son de cloche du côté de Ginette Picard-Lavoie. «M. Côté est très fort», a-t-elle dit.

Jeudi, le maire a défendu son homme de confiance. «Il fait sa job», a-t-il résumé.

QUI SONT-ILS?

Patrick Paquet

Jeune homme d'affaires propriétaire de plusieurs commerces et constructions immobilières, Patrick Paquet a été élu pour la première fois dans Neufchâtel en 2005 sous la bannière du Renouveau municipal de Québec (RMQ). Il a quitté ce parti en juin 2008, en même temps que Gérald Poirier, pour siéger comme indépendant avant de se joindre à Équipe Labeaume aux élections de 2009. Ironiquement, Patrick Paquet avait évoqué le désir de «retrouver son droit de parole» comme raison de quitter le RMQ. Il aimait aussi «l'homme d'action» Régis Labeaume. Au fil des années, le conseiller municipal a fini par s'opposer à son chef à quelques reprises, notamment sur la hausse des tarifs pour les hockeyeurs adultes et l'abandon de la deuxième phase de l'Éco-promenade des Rivières, un de ses projets fétiches. Il avait aussi réclamé avec véhémence que les citoyens soient entendus, en juin, avant l'adoption du règlement plus sévère sur les manifestations. Le conseiller Patrick Paquet siège au conseil d'administration du RTC et au comité regroupant le Port de Québec et la Ville.

Ginette Picard-Lavoie

Ginette Picard-Lavoie a fait carrière en relations publiques et comme journaliste au Journal économique avant d'être élue pour une première fois en 2005 dans le district Maizerets-Lairet de Limoilou, elle aussi au sein du Renouveau municipal de Québec. Elle a déserté le parti qui formait l'opposition à l'hôtel de ville en septembre 2008, trois mois après Patrick Paquet, pour siéger avec le maire Régis Labeaume. Elle disait alors avoir été «séduite par le dynamisme de l'Équipe Labeaume». Le maire affirmait avoir toujours eu Ginette Picard-Lavoie dans sa mire et l'avoir presque «harcelée» pour la convaincre de gagner ses rangs. Lors de la campagne qui a mené à sa réélection en 2009, Ginette Picard-Lavoie avait commis un impair en affirmant qu'elle ferait démolir le Centre Mgr-Marcoux pour vendre le terrain à des promoteurs immobiliers. Petit problème, le terrain n'appartenait pas à la Ville, mais à une paroisse. Elle figure parmi les quelques rares conseillers d'Équipe Labeaume qui ont voté contre des décisions de l'administration, notamment, dans le cas de la conseillère, contre l'ouverture d'une zone forestière de Saint-Émile pour la construction de maisons. Ginette Picard-Lavoie siège aussi au conseil d'administration du RTC ainsi qu'au comité consultatif d'urbanisme.

Avec Isabelle Mathieu

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